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Pour qui roule la Gazette ?

C’est la question que m’a posée (oralement) l’un des fidèles lecteurs de la Gazette. Il avait été surpris qu’elle parle de présidentielles, alors que son projet est de parler de Sceaux. Les fondateurs ont-ils un objectif caché, dissimulent-ils un soutien pour tel ou tel candidat ?

Question légitime après tout que peut se poser tout lecteur. La Gazette se présente comme un média indépendant, mais qu’en est-il vraiment ? Pourquoi les rédacteurs y consacrent-ils tant de temps ?

Ce que j’ai répondu en direct à ce lecteur, je le reprends ici en l’approfondissant avec le recul dont je dispose maintenant.

Je suis sûr qu’il n’y aurait pas eu de Gazette si ceux qui la font au quotidien ne prenaient pas plaisir à écrire. Et pour ce qui me concerne, à faire des analyses sur des sujets assez divers. J’ai écrit plus de mille articles sur un blog, j’en ai écrit aussi sur Linkedin. C’était une production personnelle, pour ne pas dire solitaire. L’un des gros avantages que je trouve à écrire pour La Gazette, c’est l’échange avant publication : mes articles sont toujours relus. Un gros avantage sur la forme (orthographe, ponctuation, clarté de l’écriture) et, sans doute moins systématiquement sur le fond : quand le relecteur dit qu’il ne comprend pas ou qu’il n’est pas tout à fait d’accord, cela oblige à clarifier sa pensée, à s’assurer que ce qu’on dit repose sur une recherche, une analyse ou une réflexion suffisante.

Il a fallu aussi le hasard des rencontres et des discussions, l’idée partagée qu’un média indépendant était utile dans l’espace démocratique. Nous avions une certaine idée de la qualité à produire. A l’heure des messages instantanés, il n’était pas évident de vouloir publier des articles faisant généralement plus d’une page. Nous avons pensé que c’était justement possible à Sceaux, ville où la culture est très présente et compte : la fréquentation de la bibliothèque montre à elle seule l’intérêt pour la lecture.

Nous avons aussi voulu parler des Scéens, mettre en valeur ce qu’ils font, dans leur travail ou leur association. Ce qui contribue à ce que la vie soit meilleure pour tous. Nous avons voulu aussi parler des évènements petits ou grands, qui impactent notre vie, en bien ou en moins.

Il nous a semblé important de ne pas se limiter aux évènements proprement scéens. Certes, chacun peut trouver ailleurs à s’informer sur le régional, le national, voire l’international. Mais ce qui se passe à ces niveaux nous concerne souvent tous, alors pourquoi s’interdire d’en parler ?

Par exemple, nous avons consacré depuis le début une bonne quarantaine d’articles au Covid. Si certains étaient directement scéens, la plupart étaient plus généraux. Comment aurions-nous pu ignorer une situation globale qui, depuis un an et demi, a tellement marqué nos vies et réglé les comportements urbains ?

L’élection présidentielle se rapproche. Elle nous concerne tous, il nous paraît donc naturel de l’évoquer. Nous ne comptons pas prendre parti. Nous avons commencé à aborder certaines questions (sondages, primaires), nous aurons probablement l’occasion de continuer. Nous pensons aussi évoquer certains dossiers qui nous paraissent importants ou qui viendront au centre de l’actualité. A chaque fois, en essayant de prendre du recul, de faire plus la place à l’analyse et à la réflexion qu’aux émotions.

Il est possible également que nous donnions la parole à tel ou tel pour exprimer un avis personnel, dans une logique de pluralisme et de débat, comme nous l’avons déjà fait. Nous pourrons également nous faire l’écho d’évènements de la campagne se déroulant à Sceaux ou à proximité.

Et bien sûr, les commentaires donnent la possibilité aux lecteurs de compléter un article, de souligner un point, d’exprimer un désaccord, la seule exigence étant de le faire dans le respect mutuel.

Être indépendant ne signifie pas être indifférent ; cela signifie ne pas se caler sur un parti ou une idéologie pour en décliner systématiquement les principes, ne pas suivre la logique ami/ennemi qui transforme une opinion non conforme en opinion à combattre. C’est pouvoir écouter, rechercher la part de vrai, et débattre sans vouloir se nuire.

  1. Jean-Claude Herrenschmidt Jean-Claude Herrenschmidt 5 octobre 2021

    Donc faire vivre un esprit démocratique. C’est déjà un parti pris, mais il me va bien. Merci.

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