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Le club des Dauphins

A l’entrée de la piscine de Sceaux Bourg-la-Reine, une plaque rappelle que la première directrice de la piscine, Colette Thomas, avait été une nageuse de compétition. Une page Wikipédia nous apprend que 4 fois championne de France en 400 mètres libre, elle a participé aux jeux Olympiques de 1948, 1952 et 1956, avant de devenir entraîneur au club des Dauphins à Sceaux. C’était donc auprès de ce club qu’il paraissait possible d’en savoir plus, et par la même occasion de découvrir cet important club scéen, ce que la Gazette a fait en rencontrant son président, Jean Paul Crisan.

En 1969, Colette Thomas(tout à droite sur une photo du club datant de 1977 ou 1978) fonde le club des Dauphins avec son père. La mère de Jean-Paul Crisan (qui habitait Sceaux) connaissait Colette dans son club précédent (les Mouettes) et se retrouve donc assez naturellement dans le bureau de l’association. Et Jean Paul fera de la compétition (pendant 15 ans !) avec Colette Thomas comme entraîneur.

Il se souvient d’une nageuse exceptionnelle, ayant de réelles qualités d’animation. Elle a su lancer un club qui fonctionne toujours très bien plus de 50 ans après sa création. Et s’il lui manquait des compétences pour diriger une piscine, elle a su déléguer à d’autres ce qu’elle ne savait pas faire. Elle était de la vieille école et ce sont ses successeurs qui ont su prendre le tournant des nouvelles méthodes d’entraînement plus scientifiques. Elle est décédée en 2001.

Le club des dauphins aujourd’hui

Dans les années 90, le club des Dauphins renonce à la compétition. Cela ne correspond plus à la demande majoritaire des parents, Scéens ravis que leur enfant sache bien nager, mais d’abord préoccupés par sa réussite scolaire. Et pas forcément prêts à consacrer la moitié de leur week-end pour l’accompagner dans ses déplacements. De plus, les méthodes d’entraînements modernes prévoient au moins 5 entraînements par semaine et le club des Dauphins n’a pas assez de créneaux à la piscine pour cela.

Avec 6 entraîneurs diplômés, le club a cependant les moyens de faire progresser ses nageurs, tant en technique de natation qu’en entraînement physique. Mais il ne pratique pas le type d’analyse individuelle très poussée que l’on fait maintenant pour les compétiteurs. Du coup, le club refuse de temps en temps deux ou trois nageurs voulant faire de la compétition et les adresse aux clubs de Massy ou du Plessis-Robinson. Il accueille en revanche régulièrement des nageurs qui ont arrêté la compétition (souvent à cause de leurs études) mais qui continuent à prendre plaisir à nager.

Jean Paul Crisan est président du club depuis plus de 20 ans. Cadre dans l’informatique, retraité depuis 4 ans, il est autant passionné par l’escalade que par la natation. Il regrette que la France n’ait jamais réussi à aller au bout de l’objectif, jadis annoncé dans un plan, d’apprendre à nager à tous les enfants. Certes, la piscine donne une nette priorité aux scolaires, mais il est difficile pour un professeur des écoles de prendre réellement en charge l’apprentissage de la natation, avec un groupe trop nombreux. D’autant plus que ce professeur n’est généralement pas formé pour cela. Il y a par ailleurs un déficit de piscine sur le territoire, déficit qui ne peut que s’aggraver avec des suppressions de piscine comme à Châtenay-Malabry ou des fermetures comme celle du club d’Antony.

 « En plus de 50 ans, près de 5000 personnes ont été adhérentes du club à un moment ou un autre. » Celui-ci compte environ 330 adhérents de manière stable : les départs sont souvent liés à la mobilité professionnelle ou aux exigences des études. Le club ne peut accepter plus de membres que ce que permettent ses créneaux de piscine et un fonctionnement raisonnable dans l’eau ! Il est donc en réalité en situation de refuser des inscriptions et, pour cette raison, n’est pas présent aux manifestations « Faites du sport ».

La section « initiation à la natation sportive », pour les 7 à 11 ans comme la section « jeunes et natation sportive », pour les 12 à 17 ans, s’adresse à des jeunes sachant déjà correctement nager un 50 mètres. Il existe deux autres groupes, l’un pour les adultes, l’autre pour les triathloniens (48 cette année).

Des passes difficiles surmontées

Le club a connu un moment difficile au moment de la rénovation complète de la piscine, laquelle a duré trois ans. Pendant cette période, seuls environ 60 nageurs ont pu continuer leur entraînement. Heureusement pour le club, la mairie de Sceaux a maintenu sa subvention malgré cette baisse (certes provisoire) du nombre de pratiquants.  

On n’en sera pas surpris : la Covid a aussi été une rude épreuve pour les nageurs, avec des exigences ministérielles que le président du club juge inadaptées. Il a fallu faire trois protocoles sanitaires successifs pour s’adapter aux diverses consignes. Le résultat est que pendant de longs mois, les nageurs n’ont pu exercer leur sport. Cela a aussi touché les finances du club qui ne faisait payer les cotisations qu’au prorata de la pratique réelle. Le club ayant eu la sagesse d’abonder ses fonds propres les années précédentes, il réussit à faire face, mais au prix d’une baisse substantielle des réserves.

Un club résilient

La gestion des finances, des paies et des déclarations URSSAF, est assurée par un cabinet comptable, ce qui permet de garantir la qualité administrative. Le budget annuel est d’environ 80.000 €, dont 9000 € de subvention par la mairie de Sceaux et 500 € par la mairie de Bourg-La-Reine (un peu plus de 70% des adhérents habitent Sceaux, environ 20% Bourg-la-Reine, le reste étant issu des villes avoisinantes). Les dépenses concernent en priorité les salariés (tous à temps partiel) : 6 entraîneurs et deux administratifs. L’adhésion annuelle se monte à 230 € (250 € pour les triathloniens), avec un tarif dégressif s’il y a plus d’un adhérent dans la famille.

Du temps de Colette Thomas, le club et la piscine se confondaient. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais les relations avec les équipes de la Piscine des Blagis sont excellentes.

Le club rassemble des pratiquants de divers âges et d’origines sociales différentes. Plusieurs temps forts permettent de se rassembler : lors de compétitions internes en décembre et avril, l’Assemblée Générale de mai et le barbecue de juin.

  1. Françoise Alptuna Françoise Alptuna 26 novembre 2021

    Je voudrais rappeler ici l’existence du club Beluga, dont faisait partie Pierre Taiclet, excellent nageur, inspecteur de police, décédé dans la Drôme voilà plusieurs années …
    Il connaissait bien Madame Thomas!
    Mes fils s »entrainèrent aussi au club des Dauphins dans les années 80 !

  2. Maud Bonté Maud Bonté 26 novembre 2021

    Colette notre championne a initié des milliers d’enfants à la natation avec enthousiasme.
    Jeune collégienne, je m’étais inscrite à son club. Comme moi, nombreux sont ceux qui sont émus par son évocation.
    Merci de lui rendre hommage
    Maud Bonté

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