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Indigeste mille-feuille

Le « documentaire » en question a comme caractéristique étonnante de rassembler toutes les thèses complotistes ou hétérodoxes existantes actuellement dans les médias. Avec cette conséquence qu’il dit tout et son contraire, par exemple qu’il y a très peu de morts de la Covid et que le but de nos élites est de tuer avec la Covid la moitié de l’humanité (dixit Monique Pinçon Charlot qui fut candidate à Sceaux[1] aux législatives de 2017).

L’une des caractéristiques de ce type de thèse, ici présentée sous forme de documentaire, est ce qu’on appelle « le mille-feuille argumentatif » qui consiste à appuyer sa thèse de mille détails et de considérer que sa thèse est juste tant que l’ensemble des mille détails n’a pas été démontré comme faux (sachant que celui qui avance le mille-feuille est beaucoup plus regardant sur les preuves de ses erreurs que sur la qualité de ses propres arguments).

Imaginez un jeune cadre venant présenter à son chef une étude contenant trois erreurs dans la première page. Au mieux, le chef l’enverra tout recommencer après avoir vu la première erreur, au pire il mettra immédiatement fin à la période d’essai du cadre.

Eh bien il y a quelques jours, j’ai pu lire sur twitter en réponse à un tweet qui mettait en avant 4 problèmes majeurs du documentaire en question, un intervenant demander « oui, mais sur les autres sujets, il y a certainement des choses vraies ». Non, à partir du moment où il y a plusieurs énormités, on est en présence d’une source non faible et le plus simple est de l’ignorer.

Le deuxième indice qui montre que le documentaire ne vaut rien, ce sont les intervenants.

Peut-être que certains seront surpris de voir l’auteur du documentaire Pierre Barnerias, invité par une association catholique intégriste comme intervenant en 2017 dans une soirée intitulée « Fatima face à la Franc-maçonnerie et au communisme ». Ou Silvano Trotta, qui affirme que la lune est à la fois artificielle et creuse. Le reste est bien sûr à l’avenant.

L’exemple de ce documentaire est aussi l’occasion de rappeler cette détestable habitude en France du documentaire /thèse. Ceux qui les réalisent font du cherry picking massif : plutôt que d’’essayer de comprendre un sujet dans toute sa complexité, ils vont à la recherche de tout ce qui conforte leur thèse en évitant soigneusement tout le reste.


[1] Elle a été candidate dans 13e circonscription des Hauts-de-Seine, dont dépend Sceaux.

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