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Fontenay-aux-Roses : Le projet de géothermie suspendu

Le forage des puits de géothermie qui devraient alimenter les villes de Fontenay-aux-Roses, Sceaux et Bourg-la-Reine est en suspens. La nouvelle majorité élue en mars à Fontenay a en effet décidé de prendre le temps d’informer et associer les habitants de la ville.

Le problème du site du Panorama

Un réseau de géothermie, ce sont d’abord deux puits pour l’arrivée de l’eau chaude et sa réinjection. Puis une station de production comprenant essentiellement un échangeur de chaleur entre l’eau géothermale et l’eau du réseau de chaleur urbain, une ou plusieurs pompes à chaleur et deux chaudières à gaz. Et enfin le réseau urbain qui amène l’eau chaude au pied des endroits de consommation (résidences ou autres).

La station de production n’est pas très grande, mais il lui faut une place minimum. Et la place nécessaire est provisoirement plus importante au moment du forage des puits. Le site du Panorama est le seul que la municipalité précédente a trouvé pour installer la station. Mais cela conduit à mordre sur le quart du terrain de football de la ville (la moitié pendant les travaux). D’où des réactions négatives du club de football, qui compte 500 licenciés.

Par ailleurs, des riverains du site ont déposé un recours contre le permis de construire la station, au nom de la biodiversité. Le projet n’empiète pas sur la zone naturelle classée, mais il est tout à côté.

Équilibre financier

Le projet représente un montant d’investissement affiché de 70 M€. La société Géosud, qui a été créée en 2024 pour porter le projet avec un capital de 2,5 M€, a 4 actionnaires : le syndicat intercommunal SIPPEREC pour 52%, la ville de Fontenay-aux-Roses pour 27%, la ville de Sceaux pour 17% et la ville de Bourg-la-Reine pour 4%. Les participations des trois villes reflètent la répartition prévue des consommations. Tous les actionnaires de Géosud sont donc des acteurs publics. Géosud est une société publique locale qui est titulaire d’une délégation de service public pour une durée de 35 ans.

On sait depuis février 2026 que le projet bénéficiera d’une subvention de l’ADEME pour plus de 25M€ et d’une subvention de la métropole du Grand Paris pour 1,3M€. Au total, ces subventions représentent 39% du coût d’investissement attendu. Le reste sera couvert par deux emprunts, l’un auprès de la Caisse des Dépôts (banque des territoires) l’autre auprès de la Caisse d’épargne d’Île-de-France.

Le projet permettra de délivrer de la chaleur à différents consommateurs sur le territoire des trois villes. La facturation de la chaleur délivrer doit permettre de rembourser les emprunts et de financer les différentes dépenses de fonctionnement et d’entretien du futur réseau urbain. Les futurs consommateurs potentiels se répartissent pour 23% par des établissements publics), pour 28% par des établissements tertiaires, principalement publics (CEA, bâtiments administratifs et culturels, faculté Jean Monnet …), pour 25% par des bailleurs sociaux (dont 7% pour la ZAC Paradis) et pour 24% par des résidences privées.

Les incertitudes résident dans les évolutions des prix des énergies (plus le prix du gaz augmente, plus l’opération est rentable pour les consommateurs qui auront décidé de remplacer le gaz par le réseau de chaleur) et dans la part des clients potentiels qui décideront de choisir la géothermie.

La suspension du projet

C’est l’équipe municipale élue en mars qui a décidé de suspendre le projet. Elle s’en est expliqué dans un article sur Fontenay mag (pages 12 et 13). De son côté, Pauline Le Fur, maire de la ville, s’en est expliqué sur sa page Facebook. En résumé, la suspension (provisoire à ce stade) vise d’une part à mieux informer et écouter les habitants, et d’autre part à approfondir plusieurs sujets considérés comme en suspens : les risques financiers pour la ville, la question des équipements pour le club de foot, la question du site classé. Deux réunions publiques sont prévues les 20 et 26 mai. Un groupe de travail avec un expert extérieur examine la question du risque financier et des discussions sont en cours autour de la question du terrain de foot et celle de l’espace naturel.

La position des acteurs politiques

La liste qui a gagné les élections au deuxième tour à Fontenay est issue de la fusion de trois listes présentes au premier tour : celle menée par Pauline Le Fur a recueilli 23,87% des exprimés, celle menée par Gilles Mergy 22,02% et celle menée par Michel Faye 5,21% des suffrages. La liste fusionnée tenait compte de ces résultats dans sa composition.

Michel Faye était très critique sur le projet (voir cet article) et voulait l’arrêter. Il défendait une solution alternative basée sur une forte isolation thermique des bâtiments et l’utilisation de la géothermie de surface. Un article des nouvelles de Fontenay détaille cette position.

Gilles Mergy alertait sur le risque financier et défendait les intérêts du club de foot. Il défendait l’idée d’un grand plan d’isolation des bâtiments. Pauline Le Fur était favorable à l’idée d’utiliser la géothermie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sous réserve de traiter les questions posées par le club de foot.

Lors de la réunion de présentation de la liste fusionnée, Gilles Mergy a expliqué que la géothermie avait fait l’objet de discussions entre les listes et qu’un accord avait eu lieu pour informer les habitants d’abord.

La Gazette informera prochainement ses lecteurs sur les deux réunions des 20 et 26 mai.

A lire aussi

La Gazette a déjà plusieurs fois depuis 2022 évoqué ce projet qui concerne les trois villes de Fontenay-aux-Roses, Sceaux et Bourg-la-Reine :

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