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Géothermie demain à Fontenay, Sceaux et Bourg-la-Reine ?

Ce jeudi 13 octobre, l’association Fontenay Environnement et Transition (FET) organisait une Soirée économie d’énergie et géothermie, pour annoncer l’organisation de balades thermiques, avec la participation de l’association Z.E.N.2050 Maintenant. Grâce à une conversation impromptue entre les organisateurs et le maire, Laurent Vastel, quelques jours avant le 13, ce dernier a ouvert la réunion avec des informations sur un projet de géothermie à Fontenay-aux-Roses, Sceaux et une partie de Bourg-la-Reine.

Hausse des coûts à venir

En introduction, le maire explique que les dépenses de chauffage représentent environ 340K€ dans le budget municipal. Un bilan énergétique réalisé il y a trois ans a permis de construire un plan pour réduire la consommation de 40% d’ici 2030. Pour l’instant, les réalisations sont conformes au programme : des actions ont été menées et les actions à venir sont connues. La hausse des prix attendue pour 2023 vient percuter ce plan vertueux : la dépense risque de se situer entre 1 et 2 M€ en 2023.

Projet Géothermie

Une étude de faisabilité technique a été menée par SIPPEREC sur une zone comprenant Fontenay-aux-Roses, Sceaux et Bourg-la-Reine, dans le cadre du PCAET (Plan Climat Air Énergie du Territoire). Cette étude a montré d’abord qu’il existe une zone (« une capsule ») d’eau chaude disponible à la verticale de ces zones. C’est-à-dire une zone où l’on peut tirer de l’eau chaude à une bonne température (autour de 65°), sans empiéter sur les projets voisins (à Châtenay, Chevilly-Larue ou Bagneux par exemple), ce point étant en France de la responsabilité du BRGM. Elle a aussi montré qu’il y avait a priori suffisamment de consommateurs potentiels sur la zone. Elle a enfin montré qu’un projet sur 30 ans permettait de fournir une énergie à un prix inférieur de 30% à celui du gaz, avant son envolée récente.

Si le maire se montre très optimiste sur la réalisation de ce projet, il explique qu’il reste plusieurs étapes à franchir : la première consiste à trouver suffisamment de clients potentiels pour que le projet soit viable. Le seuil de viabilité a été estimé à l’équivalent de 7000 logements. L’investissement prévu est estimé à 60M€ et il serait pris en charge par un organisme spécialisé, lequel aurait une concession pour 30 ans, à l’issue desquels, les installations (qui devraient être encore en bon état) seraient reprises par la collectivité publique. Le maire explique par ailleurs que le projet est suivi pas VSGP.

François Brun, en charge de la géothermie à Z.E.N.2050, a ensuite projeté deux vidéos explicatives de ce qu’est la géothermie (l’une de l’émission « esprit sorcier », l’autre du BRGM) et comment elle peut fonctionner en Ile-de-France. Les questions ont été l’occasion d’expliquer ce que pourrait être un projet de géothermie sur le territoire.

Une installation de géothermie demande deux puits forés pour atteindre le « réservoir » du Dogger, l’un pour pomper de l’eau, l’autre pour la réinjecter quelques kilomètres plus loin. Un échangeur thermique principal permet de transférer la chaleur à une autre eau, celle qui circule dans le réseau urbain. A chaque point d’utilisation, un échangeur local permet un nouveau transfert de chaleur à l’eau qui circulera dans les radiateurs. L’eau extraite du sol, corrosive, ne circule donc pas dans le réseau urbain et reste confinée dans un réseau dédié.

A l’ouest de Fontenay-aux-Roses, le site du Panorama apparaît comme adapté à l’installation de l’échangeur principal et l’accès aux puits. Il faut une emprise de 5000m2 au moment des travaux et de 2000m2 en fonctionnement.

François Brun explique que son association plaide depuis deux ans pour l’étude puis le lancement de projets géothermiques. Ceux-ci sont devenus localement hyper-rentables avec la hausse des prix du gaz. La décision relève des collectivités locales et de VSGP comme maître d’ouvrage. Il est important de montrer aux élus que les citoyens sont intéressés. Et qu’il pourrait être utile que les pavillons puissent se brancher sur le futur réseau.

« Malakoff, explique-t-il, vient de lancer l’enquête publique sur son propre projet et prévoit une première mise en service fin 2025. Un projet sur Fontenay, Sceaux et Bourg-la-Reine pourrait être en service un an plus tard. »

Balades thermiques

Pour Pascal Nédélec, le but de l’association qu’il préside, ZEN 2050 Maintenant, est de contribuer localement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à des actions à fort impact en volume de CO2 économisés. Outre la promotion de la géothermie, l’association met en place des études de bilan carbone dans des établissements (EPF, lycée Marie Curie…) avec lycéens ou étudiants, enseignants et directions. Elle a aussi choisi de coopérer avec d’autres associations locales, comme FET.

 « L’association, dit Pascal Nédélec, a pu se procurer une caméra thermique (bientôt deux) grâce à l’aide de la région et organise des balades thermiques, l’hiver dernier à Sceaux, l’hiver prochain à Sceaux, Châtenay-Malabry, Fontenay-aux-Roses et Bourg-la-Reine, en lien avec des associations locales. »

La caméra thermique, à infrarouges, permet de voir les zones plus ou moins chaudes, et donc de repérer où se font les fuites de chaleur dans un logement. En rendant ainsi visible l’invisible, les balades sont l’occasion pour les participants de prendre conscience des pertes et de s’interroger sur l’intérêt de renforcer l’isolation de leur propre logement, de réfléchir à la température de chauffe de certaines pièces. C’est une première étape avant un éventuel diagnostic par un professionnel.

La balade se fait en trois temps. Le premier temps consiste en une explication en salle de ce que montre la caméra. C’est aussi le moment où s’organise le renvoi de l’image de la caméra sur les téléphones des participants. Puis a lieu la balade proprement dite, autour de deux logements repérés au préalable par l’association, avec l’accord leurs propriétaires. Enfin, un retour en salle permet de tirer les enseignements de la balade et de répondre aux questions des participants (voir des exemples ici, ici et ici).

Gabriela Reigada, première adjointe au maire, intervient pour signaler que VSGP met en place un service d’accompagnement de la rénovation thermique, VSGP Rénov. Celui-ci pourra accompagner les demandeurs, tant du point de vue conseil technique qu’obtention des aides à la rénovation. Elle souligne tout l’intérêt et le soutien de la ville de Fontenay pour de telles rencontres d’échanges sur le projet d’importance que constitue le déploiement d’un réseau de chaleur. Elle salue l’initiative que sont ces balades thermiques.

  1. Maud Bonté Maud Bonté 28 octobre 2022

    La géothermie est un sujet d’avenir, mais pas nouveau pour autant Fontenay, Bagneux, Chatenay ont utilisé cette technologie pour leurs programmes sociaux depuis des dizaines d’années. FNE île de France milite aussi en faveur des investissements pour le développement de la géothermie. Elle peut être mise en œuvre au préalable à une construction, mais également être installée dans des copropriétés existantes. Des subventions peuvent être obtenues auprès du Département et de la Région. Quant aux entreprises mettant en œuvre toute l’installation telles Engie, elles élaborent des contrats d’abonnement auprès des propriétaires sur le long terme afin d’alléger le poids de l’investissement. FNE IdF appuie les projets de son expertise.

  2. Jean-Claude Herrenschmidt Jean-Claude Herrenschmidt 2 novembre 2022

    La géothermie est un sujet d’avenir, certes. Mais c’est aussi une solution largement exploitée dans le passé. Même lointain. Les Romains l’utilisaient pour leurs thermes dès qu’ils le pouvaient (la chaîne des Apennins en Italie est très volcanique). Au Japon également. Et sans doute dans toutes les régions du globe où il y a des sources chaudes donc géothermiques. Homo sapiens est intelligent et malin depuis qu’il arpente notre planète et sait trouver dans la nature toutes les ressources qui lui facilitent la vie.
    Curieusement, depuis que la finance s’est imposée comme mesure unique de l’intérêt que l’on peut prêter aux cadeaux de la nature, cette intelligence de l’évidence est devenue la chose la moins partagée du monde.
    Dans ce grand chantier de la transition énergétique, on aura fait un grand pas en avant quand on aura accepté de considérer que ce qui est important, c’est d’abandonner les énergies dont l’utilisation est productrice de gaz à effet de serre. Le coût n’intervient que pour choisir les solutions les plus efficaces à un moment donné. Et le prix à payer n’est qu’une variable de circonstance comme le montre la période actuelle.

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