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Saint-Jean-Baptiste de l’intérieur

Samedi 22 mai était célébrée la réouverture de l’église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux. Plusieurs manifestations se sont déroulées, des plus profanes aux plus religieuses : concerts, visites guidées du monuments, messes, etc.  J’ai profité de l’occasion pour découvrir ce monument que je connaissais peu. Voici en quelques phrases ce que j’ai retenu de ma visite.

Le point de rencontre était fixé à 15h30 à l’entrée de l’église et la cohorte de curieux s’est peu à peu grossie jusqu’à atteindre un nombre respectable. Combien de personnes, je ne les ai pas comptées, mais le guide nous a signalé que c’était le plus important groupe qu’il ait eu à cornaquer depuis le début des visites.

Il était très sympathique, très didactique, ce guide. Il a souligné à plusieurs reprises qu’il n’était pas scéen mais de Bagneux. Nous lui avons pardonné ce léger défaut, sauf quand il a malheureusement et malencontreusement attribué à Louis XV la paternité du duc du Maine. Là, le groupe scéen a corrigé d’une seule voix, en chœur ou presque : « Louis quatooorze !! » On en connait un rayon sur la biographie du roi Soleil à Sceaux, si l’on me permet ce jeu de mots.

Un chevet sans abside

Bref, nous avons commencé sans tarder la visite par la façade, datant du XVIIIe siècle et modifiée au siècle suivant, lequel féru de gothique a, par exemple, ajouté des pinacles ajourés à ses deux extrémités. Nous nous sommes ensuite transporté au chevet du monument, en l’examinant depuis le jardin des Félibres – en saluant au passage l’ombre de Florian. Ici, le guide a fait remarquer qu’à l’instar de nombreuses églises paroissiales d’Ile-de France, le chevet présente une façade bien plate. Pas d’abside comme on en trouve dans les églises romanes. Je me remémorai alors le magnifique chevet de la basilique romane de Saint-Sernin à Toulouse, découpé en absidioles bourgeonnantes. Mais à Sceaux, le chevet est plat, il faut s’y faire.

Nous sommes ensuite entrés dans l’église toute refaite, flambant neuf ou quasi. Flambant, le terme est mal choisi, car l’ancienne église datant du XIIe ou du XIIIe siècle a brûlé en 1530. Une église toute restaurée donc où les mobiliers contemporains (comme l’autel, sobre et élégant) et anciens cohabitent avec bonheur. Nous avons scruté les voûtes en ogive de la partie construite au XVIe siècle, toutes repeintes, et examiné avec attention les peintures qui décorent la partie entourant le chœur. Les plus érudits ont été intéressés par les deux colonnes rondes, situées au milieu de l’église, qui datent de l’ancienne église. Une église est en effet comme un millefeuille où les différentes étapes de sa construction se lisent dans ses éléments architecturaux. Proust le dit mieux que moi. Parlant de l’église de son enfance, à Combray, il la décrit comme : « un espace à quatre dimensions — la quatrième étant celle du Temps — déployant à travers les siècles son vaisseau qui, de travée en travée, de chapelle en chapelle, semblait vaincre et franchir, non pas seulement quelques mètres, mais des époques successives d’où il sortait victorieux ».

Cénotaphes en marbre

Photo LGdS

Revenons à Sceaux. Au fond du chœur se trouve une magnifique sculpture d’un élève du Bernin, Jean-Baptiste Tuby. Elle a été installée dans l’église juste après la Révolution française. Notez que quelques années plus tôt, au plus fort de la période révolutionnaire, l’église a été transformée en temple de la Raison. Mais ensuite, elle a vite retrouvé sa fonction première. Nous avons aussi admiré les cénotaphes en marbre dans les chapelles latérales, celle de Saint-Mamès (un saint, qui je l’avoue, m’était inconnu jusqu’à ce jour), et celle vouée à la Vierge, monuments classés tout comme la sculpture de Toby et la belle boiserie ouvragée située dans la chapelle du clocher. Et nous sommes passés à la belle plaque tombale qui rappelle les titres du duc du Maine, de sa petite femme (oui, elle n’était pas grande) et d’un de leurs fils qui furent enterrés dans l’église et délogés … pendant la Révolution.

Restent les vitraux, qui datent, à part quelques-uns, du XIXe siècle. Nombre de ces derniers sont l’œuvre d’Emile Hirsch, célèbre maître verrier dont on retrouve les traces dans nombre d’églises de la région.

Tel peut être un ressenti de cette très agréable visite. Les érudits penseront que j’ai oublié de signaler bien des choses qui font l’originalité et le charme de ce monument. Ceux-là et les simples curieux pourront compléter leurs connaissances en visitant l’église.

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