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Sceaux dans l’illégalité ?

Par les temps qui courent et qui font des mobilités « douces » une louange constante, LGdS s’est demandé si les soutiens de la voiture n’avaient pas disparu. On ne pensait pas à la voiture zéro quelque chose ou la voiture partagée par 12 personnes, non à la classique, la tradi, la solide, la consommatrice. LGdS a dépêché un de ses fins limiers et l’a parachuté au-dessus du net. Il n’a pas été long à en trouver. Attention danger.

Des conducteurs qui n’en peuvent plus

La Ligue de Défense des Conducteurs est une association, présente nationalement, qui dit rassembler près de 1,1 million de conducteurs. Convaincue que la place de la voiture est amenée à se renforcer, convaincue aussi de la capacité de l’industrie automobile à s’adapter aux nouvelles normes et même à se « réinventer », elle s’insurge contre les accusations perpétuelles jetées contre elle.

Pourtant, jamais la voiture n’a été autant décriée en France. Gérard Landry, président de la Ligue, le dit sans détour : « Accusée de tous les maux par une caste hyper-urbanisée, qui n’en a ni l’usage ni le besoin, la voiture est peu à peu reléguée au rang d’objet « honteux », tout juste tolérée pour se déplacer entre les agglomérations, voire carrément bannie des centres-villes. »

Les membres de cette association sont des conducteurs, mais pas n’importe lesquels : ceux qui n’en peuvent plus. De quoi n’en peuvent-ils plus ? De la répression à outrance qu’ils subissent. Quels sont les sinistres instruments de cette répression ? Les radars et les limitations de vitesse.

Et cette répression s’accroît, selon le site, un peu plus chaque jour. « Surveillés en permanence par plus de 4428 radars fixes, mobiles, embarqués, tronçons… sanctionnés par des PV à la volée (dressés sans même que le conducteur ait été arrêté), le plus souvent privés de leur droit de contestation, lourdement taxés et ponctionnés par de nombreuses taxes et amendes, ils sont traités en permanence de délinquants routiers, pollueurs, irresponsables et égoïstes… »

Des pétitions en ligne

Figurez-vous que, sur décision de la Commission européenne, un bridage de vitesse va devenir obligatoire à partir de 2022 pour les nouveaux modèles et 2024 pour tous les véhicules neufs. Cette décision suppose l’insertion d’une électronique de contrôle de la vitesse. Qu’en pense la Ligue ? Qu’elle est « attentatoire à nos libertés et placent les citoyens sous une surveillance permanente inacceptable. » Surtout, elle repose sur « le dogme infondé liant mécaniquement vitesse et accidentalité. » Vu comme ça, c’est-à-dire en faisant fi des études statistiques conduites depuis des années, on comprend qu’ils appellent à signer une pétition contre une disposition aussi scélérate.

La contestation ne s’arrête pas là. Une autre ligne de mire est la ZFE, Zone Faible Emission, qui est un espace urbain dans lequel la circulation n’est pas autorisée pour les véhicules les plus polluants. Il existe actuellement 4 ZFE situées dans les grandes métropoles 7 sont en cours de mise en place. L’enjeu, la qualité de l’air ambiant via la diminution des particules fines, ne trouve pas grâce aux yeux de la LDC qui voit dans la démarche incohérence, injustice, flicage, vidéoverbalisation… On n’est pas loin de la dictature. Logiquement, elle réclame à un moratoire. Elle lance la pétition qui va avec.

Les bornes sont dépassées

PUMSD signifie Pour une mobilité sereine et durable. Le nom n’indique pas le ton assez vindicatif que prend l’association pour lutter, s’insurger contre les infrastructures routières illégales, j’ai nommé les ralentisseurs. Certes, elle se veut une « force de propositions et de combats aux côtés des usagers des routes et des élus pour que la Mobilité individuelle » mais pour c’est pour combattre avec la dernière énergie pour que le « droit fondamental et constitutionnel, ne soit plus une contrainte du quotidien mais redevienne un plaisir… »

Un Scéen interrogé sur cette argumentation m’a dit qu’elle lui rappelait celle de la NRA qui s’appuie sur le 2e amendement pour négliger les risques. Il était convaincant, il a voyagé.

Mais n’en restons pas à ces détails. La direction de l’asso a l’air de connaître son affaire. Son président est un ancien moniteur de pilotage, son trésorier est mécanicien et motard, sa secrétaire est kinésithérapeute (elle sait bien qu’avec trois massages, ça repart !). Toutes ces compétences techniques suffisent-elles à fonder la principale accusation que porte l’association ? Je ne sais pas, mais je me dois de la relater. PUMSD déclare illégales les entraves à la mobilité, à savoir les ralentisseurs, les terre-pleins centraux, les ronds-points.

S’ils ont des preuves, ou disons plus simplement du biscuit, à Sceaux, on est cuit. La place du Général de Gaulle, exit ; l’avenue Le Notre, on écrase tout, la rue des Cheneaux, idem. Ça va faire mal ! Mais nous ne serons pas les seuls à souffrir. Déjà « la Cour Administrative d’Appel de Lyon dans son verdict du 11 février 2021 dans l’affaire Christophe L contre le maire de Saint Jean Le Vieux (01), condamne définitivement le maire à la destruction du ralentisseur trapézoïdal en cause dans le sinistre de notre adhérent. »

Croisons les doigts : apparemment, « en 2018, la France comptait déjà plus de 65.000 ronds-points et à fin 2019 environ 400.000 ralentisseurs ». L’instruction de tous ces forfaits laisse le temps de concevoir une quatre-voies limitée à 130 en traversée du centre-ville.

Responsabilité

Passons sur les excès, essayons d’être justes et rendons à César ce qui est à César : les automobilistes sont la plus qu’écrasante majorité ; ils ont besoin (au sens basique) de leur véhicule, instrument de travail, instrument de vie. Ils sont outrageusement décriés par des gens qui le plus souvent ne s’adressent pas directement à eux et se gardent bien de contre-manifester quand ils manifestent. Citons, par souci d’équité, la charte que revendique la Ligue des conducteurs citée au début.

Art. 1 : J’adapte ma conduite à la densité du trafic, à l’état de la route, aux conditions météorologiques et à ma forme du moment.
Art. 2 : Je ne suis pas seul sur la route. Je garde mes distances et vérifie très régulièrement dans mes rétroviseurs que je ne gêne personne ; je me décale largement pour laisser passer ou doubler les deux-roues.
Art. 3 : Je ne conduis pas sous l’emprise de substances altérant sensiblement ma vigilance et mes réflexes.
Art. 4 : J’entretiens régulièrement mon véhicule pour garantir une sécurité maximale

Ça sonne bizarre, un peu cruchon ; mais ça tient du bon sens. Il faut le rappeler : les automobilistes arrivent même à penser et, pour la plupart, à être respectueux. Parmi tout ceux qui en parlent, le plus difficile est d’en faire le tri.

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