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Arnaque et repérage dans le Parc de Sceaux

Histoire vraie et toute récente : un couple de proches voisins retraités de l’Avenue Jean Racine, non inscrits sur Voisins Vigilants, et qui ont vu mon intérêt pour les questions de sécurité à l’occasion des dernières municipales, m’ont demandé de passer les voir pour avoir mon avis sur une mésaventure qu’ils venaient de vivre.

Ayant un chien depuis peu, Jérôme* rentrait de promenade avec son jeune chien lorsqu’il a été abordé par un homme, masqué Covid comme de juste, lui disant qu’il était le fils de son meilleur ami et lui a demandé de deviner qui est son parent.

Doué pour faire parler sans rien dire de précis, il a choisi une identité parmi les noms cités et a dit sa joie de revoir une vieille connaissance. Jérôme était d’autant plus convaincu de la réalité de l’allégation que son interlocuteur, dont il ne voyait que les yeux, avait des yeux d’une personne originaire d’Asie, précisément comme leur ami Martin* (coïncidence très favorable).

Dans ce climat de retrouvailles, il a indiqué vouloir faire un cadeau pour fêter cela à ce couple.

Cinq minutes plus tard, il sonnait au domicile de mes voisins et sans que Jérôme n’ait eu le temps d’expliquer le contexte à son épouse, l’individu d’une quarantaine d’années était dans la place avec son cadeau dans les bras, se présentant comme le fils de Martin.

La conversation a vite pris la tournure enjouée d’un échange de nouvelles familiales et amicales, le visiteur ayant le chic pour engranger des tas d’informations sans en avoir l’air et pour n’en donner aucune de précise.

Son présent était un magnifique manteau de cuir italien de 1600 euros aux Galeries Lafayette, partenaire du visiteur, soi-disant professionnel de l’import-export.

Il a tenu à étaler le manteau sur la table du salon dont la porte-fenêtre donne sur tout l’arrière de la maison, lui permettant ainsi de bien visualiser le contexte extérieur.

Pressé tout à coup de partir pour un rendez-vous, il a demandé à mes voisins de bien vouloir régler la TVA, le cadeau n’en étant pas tout à fait un, 295 euros arrondis à 300 de la main à la main sans bien entendu aucun écrit.

Ma voisine, qui durant la conversation a eu des doutes sur la réalité du lien familial avec Martin m’a indiqué qu’elle se serait à ce moment-là bien gardée de mettre en doute la sincérité de la démarche et de refuser le paiement, car elle n’était pas complètement rassurée sur ce qu’il se serait alors passé.

Mes voisins sont des gens prudents et attentifs et il a fallu un vrai savoir-faire pour les embarquer dans cette affaire.

Ils ont vite contacté leur ami Martin qui leur a indiqué que rien dans la description de ce fils masqué ne correspondait ni à un fils, ni à un petit-fils, ni à qui que ce soit de proche qui ferait dans l’import-export de vêtement.

Ma voisine a cherché le modèle du vêtement et en a trouvé un de ressemblant à une quarantaine d’euros.

Ayant vu le vêtement, il peut « faire cuir », de nuit, en courant vite et l’étiquette mentionne différents composants, mais, curieusement pas la noble matière.

J’ai conclu avec eux que l’arnaque semblait bien établie et ai craint que l’aptitude à faire venir les informations de tout ordre pouvait faire redouter un repérage.

Je leur ai conseillé une vigilance accrue dans les jours à venir, de porter plainte ou au moins de faire une main-courante.

Je leur ai proposé de faire pour leur compte un signalement de leur affaire sur Voisins Vigilants, ce que j’ai fait dimanche soir en sortant de chez eux en fin de journée.

Une demi-heure après, deux policiers municipaux sonnaient à ma porte pour que je leur explique plus précisément l’affaire qu’ils avaient lu sur Voisins Vigilants.

Ils ont bien noté tous les détails, ont partagé mon analyse sur le fait que l’opération comportait bien entendu un volet arnaque, mais avait bien aussi selon eux une dimension de repérage.

Ils m’ont demandé de proposer à mes voisins de bien vouloir appeler le Service de Tranquillité Urbaine dès lundi matin, et de leur conseiller de porter plainte ou, a minima, de déposer une main-courante.

J’ai vu mon voisin lundi après-midi : l’échange téléphonique a bien eu lieu le matin et le STU leur a conseillé de passer au commissariat de Châtenay-Malabry déposer une main-courante.

Je ne peux que relever avec satisfaction, la grande réactivité du Service de Tranquillité Urbaine, leur qualité d’écoute et l’utilité de leurs conseils.

Ils m’ont en particulier alerté sur le fait que le lotissement du Parc de Sceaux est l’objet, en ce début de l’époque des fêtes de fin d’année, d’une montée des attentions malveillantes et m’ont conseillé de répercuter la consigne de bon sens d’une vigilance accrue en cette période, autour de moi.

Ils ont enfin et surtout indiqué qu’ils seraient particulièrement attentifs à la maison de mes voisins, ce qui est rassurant.

Une anecdote qui a eu lieu pendant notre échange sur le trottoir devant ma maison : un jeune adolescent en scooter circulant tous feux éteints est arrivé vers nous à vive allure et le policier lui a fait clairement signe de s’arrêter. Le jeune a slalomé entre nous spontanément positionnés sur la chaussée, en refusant de s’arrêter avec un commentaire nettement irrespectueux. Le policier a eu la présence d’esprit de noter avec sa collègue le numéro d’immatriculation du scooter et a promis de s’en occuper, avec notamment un refus d’obtempérer.

Cette petite scène traduit bien que le respect de l’autorité publique est mis à mal et cela ne peut qu’interpeller pour notre fonctionnement en société, indépendamment de l’émotion actuelle à la suite d’actes répréhensibles des forces de l’ordre.

** les prénoms ont été changés

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