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Un an au cœur de la police

La sécurité s’annonce comme l’un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle. Il n’y a qu’à écouter les propositions récentes des principaux prétendants à la magistrature suprême.

C’est par ces mots que Mikael Corre, journaliste à La Croix introduit les 40 pages de récit publiées dans le numéro daté des 15 et 16 janvier. Le journaliste a passé une semaine par mois pendant un an dans le commissariat de Roubaix. Il explique.

Fatigué des discours sur la police qu’on devrait avoir, je voulais simplement raconter la police qu’on a. Et comprendre : que peut-on vraiment attendre d’elle ?

La Croix a publié cette enquête en 7 chapitres, dont on peut lire le début en ligne (le reste est réservé aux abonnés), du premier chapitre au septième.

Après avoir lu l’ensemble, je ne peux que dire à tous ceux que le sujet intéresse: courez vite chez votre point de presse préféré et achetez ce numéro. Empruntez-le à une personne de votre entourage si vous connaissez un abonné à La Croix, ou achetez le en ligne. À défaut, allez le lire à la bibliothèque, mais il risque d’y être très demandé.

La police que le journaliste raconte n’est pas celle des romans ou des séries. Elle n’est pas non plus celle des grands discours pour ou contre les policiers. Elle décrit des humains qui essaient pour la plupart de faire au mieux le travail qu’on leur demande. On ne va pas retranscrire ici l’ensemble du récit, mais au moins un des derniers paragraphes :

La police ne peut pas tout faire, c’est certain. Elle ne pourra jamais réparer la société, colmater les plaies ouvertes par la pauvreté. Peut-être faudrait-il collectivement, commencer par l’assumer. Cesser de lui demander de « reconquérir les terrains perdus de la République » de « regagner le terrain sur le trafic de drogue » d’engager une politique de « tolérance zéro » … Écrire que la police ne peut pas tout faire ne veut pas dire que son action est inutile.

La délinquance a de multiples causes. Dans un article paru en décembre dans la Gazette, j’avais noté que « 44% des personnes détenues n’ont aucun diplôme » et que « 80 % ont un niveau inférieur au baccalauréat ». L’article de La Croix souligne que les magistrats sont débordés. La liste des points à améliorer est presque sans fin. Pourtant, la délinquance est aujourd’hui très inférieure à celle connue dans notre pays il y a deux cents ans. On peut certainement progresser dans ce domaine. Mais ce que montre aussi le récit de Mikael Corre, c’est qu’il n’y a pas de solution magique : les progrès seront le résultat d’actions dans tous les domaines, à condition de les coordonner.

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