Press "Enter" to skip to content

Rencontre sur le populisme

Sceaux en Commun a organisé une rencontre le 17 février à l’ancienne mairie Sceaux avec M. Erwan Lecoeur, sociologue grenoblois et ancien directeur de la communication de la ville de Grenoble. Le thème, «Résister à la tentation populiste», fut de fait l’occasion de manifester un engagement contre l’extrême-droite (pour reprendre l’appellation en cours) sous les deux composantes qu’on lui connaît aujourd’hui. 
Si la Gazette ne souhaite pas commenter les idées de M. Lecoeur, il nous a semblé intéressant d’avoir le point de vue des organisateurs, Liliane Wietzerbin et Bernard Deljarrie, qui en rendent compte ici.

Sociologue, politologue renommé, chercheur associé au laboratoire universitaire UMR Pacte, auteur de « Face au FN », Erwan Lecoeur a conquis le public réunit à Sceaux. Plus d’une cinquantaine de personnes ont assisté au débat sous le thème, « Résister à la tentation populiste ». Une soirée qui s’est déroulé en trois parties, chaque fois entrecoupées par les nombreuses questions des auditeurs :

  1. Pourquoi les idées antirépublicaines de l’extrême-droite monopolisent-elles le débat public ?
  2. De quelle manière se propagent-elles et pour quelles raisons attirent-elles ?
  3. Comment éviter la défaite de la pensée progressiste porteuse de libertés, d’égalité et de fraternité ?

Les deux formes du terme « populisme »

La précision sur les deux formes du terme « populisme », explosé par Erwan Lecoeur, fut tout à fait pertinente. La première forme distingue les personnes selon leur identité, le populisme favorisant alors une certaine typologie de population, selon leur nationalité, leur religion, leur origine ethnique. La deuxième forme fait référence au concept de classe, le populisme désignant le fait de favoriser le « peuple », la classe populaire, plutôt que les élites et les nantis. C’est la focalisation des différences fondées sur l’identité que portent les discours actuels de l’extrême-droite.

La gauche, qui vise à réduire les inégalités, peut aussi se dire « populiste » dès lors qu’elle défend les classes populaires. Mais le terme est aujourd’hui largement dévoyé et négativement connoté. Les partis de gauche préfèrent de loin défendre les notions de solidarité et de justice sociale.

Populisme et régime autoritaire

Le populisme ethnique, a expliqué Erwan Lecoeur, est lié aux régimes autoritaires ou fascistes.

Car la défense des identités et des origines est utilisée pour privilégier une certaine catégorie de population (ex. les français de souche) et pour tenter de la fédérer contre les autres.

Si ce ne sont pas les qualités d’une personne, son mérite, son parcours, qui fondent sa place dans la société mais uniquement son identité, alors sont niées par essence les valeurs d’égalité (tous les hommes sont égaux) et donc de justice, de citoyenneté et de processus démocratique. Cela conduit inexorablement à l’autoritarisme et à la violence.

L’antifascisme de l’écologie politique

Erwan Lecoeur a aussi abordé le thème de l’écologie politique. Ce que l’on appelle l’écologie politique, ou l’écologisme, est née de l’écologie comme discipline scientifique. C’est en partant du constat scientifique que c’est élaboré un courant politique écologique. Et aujourd’hui ce mouvement prône une transformation globale du modèle économique et social pour construire une société plus durable.

Les écologistes sont avant tout antiproductivistes, ils opposent la production illimitée au progrès humain. En ce sens, toutes les logiques productiviste, capitalisme libéral ou étatique, sont condamnables à leurs yeux. A noter, comme l’a rappelé Erwan Lecoeur, les écologistes ne sont pas contre le progrès, contre la science, ils défendent la modernité (l’intérêt général, la raison, la recherche…) contre le conservatisme, le traditionalisme, l’ordre naturel.

Ceci conduit aussi les écologistes à être antifacistes dans le sens où ils pensent que la transition écologique ne pourra se faire que dans le cadre d’une démocratie renouvelée, plus proche des citoyens, plus participative.

Et ici, à Sceaux

Lors de cette soirée des débats ont aussi porté les politiques locales.  Notre territoire, Sceaux, le sud du département, mériteraient certainement des politiques publiques plus en adéquation avec la transition écologique qui s’impose à tous et particulièrement aux habitants de la métropole parisienne. On ne peut qu’espérer que nos élus locaux attachent une plus grande importance au social, à l’environnement, à la santé et à cette démocratie de proximité sans laquelle aucun changement ne sera possible. C’est là toute l’ambition de l’association Sceaux en commun :  rassembler tous les citoyens soucieux d’agir au niveau de notre ville pour une démocratie de proximité et une écologie du quotidien.

Des vidéos reprenant l’essentiel de ces débats sont accessibles sur sceauxencommun.org

  1. BRESSE Jeff BRESSE Jeff 9 mars 2022

    Réunion intéressante

  2. Verel Verel 9 mars 2022

    Les deux définitions du populisme proposées ont un trait commun : il s’agit de définir le peuple en en excluant une partie. Dans un cas, ce sont les étrangers, dans l’autre ceux qui ne sont pas de la bonne classe sociale. On a vu ce que cela a donné en URSS (contre les koulaks, 2 millions de paysans déportés entre 1930 et 1932 https://fr.wikipedia.org/wiki/Koulak ), en Chine (en particulier au moment de la révolution culturelle) et au Cambodge (être qualifié d’intellectuel suffisait à justifier la mise à mort).

  3. Verel Verel 9 mars 2022

    Souvenez-vous : qui a été élu il y a peu sur l’idée de reprendre le pouvoir confisqué par les élites ?
    Eh oui, Donald Trump !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *