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Bilan carbone de Sceaux

Dans le cadre de sa réflexion sur les transitions, la ville de Sceaux a prévu de réaliser un bilan carbone de l’ensemble de son territoire. Elle a mis à disposition des membres du comité consultatif des transitions (CCT) celui déjà réalisé en 2008 (en fait le rapport de synthèse). Que nous indiquait cette étude, réalisée juste après le Grenelle de l’environnement ?

La méthode utilisée

L’étude s’est efforcée, domaine par domaine, d’estimer les émissions sur le territoire de la ville. Dans de nombreux cas, faute de plus d’informations, l’estimation se fait à partir des données moyennes pour les Français. L’objectif affiché est déjà d’avoir une idée des ordres de grandeur, ce qui ne parait pas anormal. Dans certains cas, l’approche est un peu plus fine. Par exemple, pour l’évaluation des émissions liées au logement, l’étude distingue les maisons et les appartements, leur ancienneté (avant et après 1975, date des premières normes d’isolation en France) et la source d’énergie (fuel, gaz ou électricité). L’étude s’appuie aussi sur une étude de la fréquentation des commerces de Sceaux faite peu auparavant. Une attention particulière a été accordée aux activités dépendant de la ville, où il était probablement possible d’obtenir plus d’informations.

Attention, l’étude compte les émissions en tonnes équivalent carbone, alors qu’aujourd’hui, on pratique plutôt en tonnes de CO2.

Installations dépendant de la ville

L’étude a distingué ce qu’elle appelle l’administration générale de la ville, l’enseignement, et les logements de l’OPH. Les émissions sont estimées à 2400 Tonnes équivalent carbone (réparties entre respectivement 450 T, 600 T et 1400t). Il est précisé que cette estimation a fait l’objet d’un rapport spécial qu’il serait bien utile de pouvoir consulter.  Il en est de même pour le tableau Excel joint au rapport qui détaille tous les calculs.

Même si l’équipe municipale ne peut se désintéresser de ce qui se passe sur son territoire, sa responsabilité porte avant tout sur ce qui dépend directement d’elle. Par exemple, si elle ne se préoccupe pas de l’isolation des bâtiments occupés par les services municipaux ou des écoles primaires, personne ne le fera à sa place. Il s’agit bien d’une action prioritaire. On ne peut qu’espérer en savoir plus avec la publication du rapport spécial.

Bilan du territoire

En synthèse, les près de 45 000 TEC générées par l’activité du territoire se répartissent de la manière suivante :

  • Transports de personnes en voiture :                                     10 000 Tec
  • Résidentiel :                                                                                   9 300 Tec
  • Transports de personne, transport collectif :                         7 800 Tec
  • Fret :                                                                                                6 200 Tec
  • Tertiaire :                                                                                        3 800 Tec
  • Fabrication des futurs déchets :                                                 2 100 TEC
  • Procédés industriels :                                                                   2 100 Tec
  • Construction et voirie :                                                                1 000 Tec
  • Fin de vie des déchets :                                                                   500 TEC

Parmi ces émissions, il y en a qui demandent des évaluations complexes, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie d’un produit. Pour aller jusqu’au bout d’une réflexion sur les moyens de réduire les émissions, il ne suffit pas de prendre en compte l’essence consommée par notre voiture, mais aussi l’énergie pour fabriquer l’acier qui a servi à la production de la voiture ou celle qui a permis de transporter cet acier jusqu’à l’atelier tôlerie du fabricant.

Bilan personnel

Ce que montre le bilan carbone ci-dessus, c’est qu’une part importante(plus de la moitié) des émissions qui dépendent des ménages est très facile à calculer. Avant même de se demander si on économisera du carbone en achetant tel produit plutôt qu’un autre ou en vidant sa boite mail, on peut regarder trois données qui ne dépendent de personne d’autre :

  • Combien j’ai consommé de carburant fossile pour mon (ou mes) véhicule
  • Combien j’ai consommé de carburant fossile pour mon logement
  • Combien j’ai fait de km en avion

La production d’électricité étant particulièrement peu carbonée en France, on ne prend pas ici en compte les consommations d’électricité.

Quelques données :

  • La combustion d’un litre d’essence produit 2,4 kg de CO2
  • La combustion d’un litre de diésel produit 2,6 kg de CO2
  • La combustion d’un litre de fuel/mazout produit 2,6 kg de CO2
  • La combustion d’un kWh PCI de gaz naturel produit 0,187 kg de CO2
  • C’est plus compliqué pour les voyages en avion : l’effet dépend en particulier du nombre de passagers et de la distance parcourue, et les études montrent que d’autres effets que l’émission du seul CO2 sont à prendre en compte. Une première approche peut consister à compter 0,2 kg de C02e par km passager (tableau plus complet ici)

A partir de cette première approche partielle, on peut se demander comment faire pour réduire de x% ces émissions, par les trois moyens classiques :

  • Substitution : remplacer les carburants fossiles par un moyen moins polluant, par exemple en prenant le TGV plutôt que l’avion ou en utilisant le vélo ou le métro plutôt que la voiture
  • Efficacité énergétique : améliorer la performance énergétique, par exemple en isolant son logement ou en utilisant un véhicule moins consommateur. Réguler son chauffage à une température plus basse la nuit. Remplacer un voyage en avion par une téléconférence est d’une efficacité énergétique assez radicale !
  • Sobriété : mettre un pull-over ou une couverture de plus et régler le chauffage un degré plus bas a une efficacité certaine. Dans quelques décennies, il est probable que l’on ne disposera plus d’assez de kérosène pour continuer à multiplier les voyages touristiques à longue distances (les avis sont très partagés sur le nombre de décennies de cette prévision)

A noter que d’après l’ADEME, en prenant en compte tout le cycle de vie du gaz naturel ((production, transport, distribution, combustion), on arrive à 0,227 Kg de CO2e

Attention, il ne s’agit que d’une approche partielle! Ceux qui veulent aller plus loin dans le calcul de leur empreinte carbone peuvent consulter ce site

Petite remarque sur le bilan en TEC ou en CO2 : la masse atomique du Carbone est de 12, celle de l’oxygène de 16. La masse atomique du CO2 est donc de 44 (12 + 16 + 16), soit 3,67 fois celle du carbone. C’est ce multiple qu’il faut utiliser pour transformer le bilan carbone de 2008 en bilan CO2

  1. HERRENSCHMIDT HERRENSCHMIDT 12 janvier 2021

    Que peut on déduire du rapprochement de la combustion d’un litre de carburant d’origine fossile, d’une part, de celle d’un kWh de gaz naturel ? Ce mélange d’unité ne risque t il pas de créer de la confusion ?

  2. Gérard Bardier Gérard Bardier Post author | 12 janvier 2021

    L’information disponible pour un particulier est en litres pour sa consommation de carburant automobile et en kWh pour sa consommation de gaz

  3. François Brun François Brun 24 février 2021

    Diminuer la température de consigne du chauffage du logement c’est de la sobriété ! Une téléconférence en lieu et place d’un déplacement, je mettrais cette action encore dans la sobriété.
    L’efficacité ce sont plutôt les évolutions technologiques qui améliorent le rendement des machines ou diminuent la quantité de matière première nécessaire à leur fabrication.
    Pour la substitution, je mettrais sous ce terme la substitution d’une énergie moins carbonée à une énergie carbonée. Par exemple la chaleur géothermale substituée à la chaleur de combustion du gaz ou du fioul.

  4. Jean-Claude Herrenschmidt Jean-Claude Herrenschmidt 25 février 2021

    Je reviens sur la question des unités d’énergies relatives aux combustibles fossiles : litres, kWh, gallons, baril, etc… ?
    Je sais bien que nos fournisseurs d’énergie ne font pas trop d’efforts pour clarifier la situation. Ce n’est pas leur intérêt qui se résume à satisfaire ceux de leurs actionnaires. Nous n’avons finalement à notre disposition que le résultat en bas à droite sur nos factures pour faire des comparaisons, et celui-ci est libellé en monnaie. Et ce système est généralisé.
    Mais pour rester sur les questions d’énergies fossiles, puisque nous sommes très concernés par celles-ci à cause du rôle qu’elle jouent dans le changement climatique, il me paraît tout à fait nécessaire de mettre de l’ordre dans tout ça.
    Peut-être que la Gazette pourrait y contribuer ?

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