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Halte à la passoire !

Le pavillon, en France, c’est environ 12 % des émissions de CO2. Si les plus récents sont les mieux isolés, le secteur reste encore une vraie passoire thermique. Il y a des améliorations grâce au renouvellement du parc (surtout) et aux travaux de rénovation (un peu) et les émissions issues du secteur résidentiel ont baissé d’un quart depuis 30 ans. Mais, malgré une dépense de l’Etat de 59 milliards entre 2013 et 2017 pour aider à la rénovation énergétique de 5 millions de logements, l’ADEME a montré que seulement 5 % des rénovations ont débouché sur un gain d’au moins deux classes énergétiques.

Dans ce contexte, on ne peut que saluer l’action de la mairie de Sceaux qui, tirant les leçons des expériences passées, a revu la démarche d’aide aux propriétaires de pavillons. Celle-ci inscrit l’amélioration de la performance énergique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans une gestion globale des moyens qui a déjà été présentée plusieurs fois ces dernières semaines en réunion virtuelle.

La démarche proposée par la mairie

Une première phase consiste à cerner les freins à une rénovation efficace. La responsable du projet s’appuie pour cela sur le diagnostic fait par l’ADEME en 2017 qui a dégagé des points clé:

  • complexité technique et administrative d’une rénovation;
  • difficulté de l’accès aux aides financières;
  • manque d’accompagnement;
  • manque de confiance et d’expertise des professionnels;
  • financement du reste à charge.

Le dispositif mis en place vise à lever ces freins en s’appuyant sur des interlocuteurs aux responsabilités bien identifiées avec un Référent, à la Mairie, qui porte le parcours et un Opérateur de proximité qui soit l’interlocuteur privilégié depuis le montage du dossier jusqu’à la fin des travaux.

Le principe est d’avoir un parcours d’aide clairement construit et de l’articuler autour de 4 étapes :
1) le Rendez-vous initial avec le propriétaire et l’ouverture du dossier;
2) le montage du dossier proprement dit avec l’état des lieux et l’évaluation des financements (Coûts -aides -CEE travaux = Reste à charge)
3) le pilotage avec l’accompagnement dans le choix des artisans et le suivi de la coordination technique;
4) la validation des performances à la fin des travaux.

Pour mener à bien son intervention, la mairie se fait aider globalement par un organisme spécialisé (Doremi). L’objectif affiché est d’accompagner la rénovation de 40 à 50 pavillons par an.

Plusieurs conférences téléphoniques ont été organisées pour expliquer la démarche aux personnes intéressées et répondre aux questions. La prochaine a lieu le 17 novembre. Il faut s’inscrire à l’adresse parlonsensemble@sceaux.fr

C’est une démarche à moyen terme dont on ne pourra évaluer les effets que dans quelques années. Il n’empêche que la Gazette se fait très volontiers l’écho d’une initiative tout à la fois utile et bien pensée.

  1. Bonté Bonté 22 novembre 2020

    Bonjour
    Le contenu de cet article fournit des informations très intéressantes. Néanmoins, si la communication de Sceaux est efficace, la pratique est moins enthousiasmante. Le nombre important de constructions nouvelles est générateur d’émissions de gaz à effet de serre. On compte pour la production , le transport et l’utilisation de 1 m3 de ciment créé, 1 m3 de CO2. L’élevation de la pollution est aggravée par les îlots de chaleur ainsi nouvellement créés oû les arbres ont disparu. Cette politique de densification contredit les annonces de réduction de gaz à effet de serre. L’effort demandé aux particuliers ne doit pas être annulé par les grands projets inadaptés aux exigences climatiques

  2. Jean-Claude Herrenschmidt Jean-Claude Herrenschmidt 22 janvier 2021

    Je lis dans le commentaire signé Bonté : « …1 m3 de ciment créé, 1 m3 de CO2 ». Je sursaute car, dans mon idée surtout s’il s’agit de CO2 sous forme gazeuse, ça fait beaucoup plus. Il aurait été écrit : … 1 tonne de ciment créé, 1 tonne de CO2…, l’ordre de grandeur ne m’aurait pas fait tiquer.
    Alors, je vais aux sources pour recalculer tout ça à partir du poids équivalent CO2/m3 de béton (BATIMAT) et de la masse volumique du CO2 gazeux. En simplifiant et en utilisant des valeurs moyennes j’arrive au résultat suivant :
    1m3 de béton « construit » (production du ciment et des agrégats, transport et utilisation donc incorporé dans un bâtiment), à conduit à la libération de 100 m3 de CO2. Un facteur 100 ! C’est une valeur approximative évidemment, mais cela fait quand même deux ordres de grandeur.
    Bonté aurait écrit avoir acheté sa baguette 100 € à la boulangerie Colbert ou bien y avoir couru à 100 km à l’heure, on peut espérer que de nombreux lecteurs auraient réagit, à commencer par l’éditeur de la Gazette.
    Construire une argumentation en l’étayant sur des données chiffrées est une pratique désormais généralisée. Mais quand ces données sont inexactes au point de devenir trompeuses, que reste-t-il de l’opinion défendue ?

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