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Sceaux, 1832 : la mort rôde…

Fin mars 1832, plusieurs cas mortels de choléra sont enregistrés dans les ruelles tortueuses du vieux Paris. En quelques jours, l’épidémie se répand dans toute la ville, affolant les Parisiens. Les plus riches d’entre eux quittent la capitale, rejoignant leur résidence de campagne ou leurs cousins de province. L’épidémie atteint son maximum à la fin du printemps pour disparaître à l’automne. Dès la fin mars, la terrible maladie touche la banlieue, sauf, dit-on, Fontenay, Le Plessis-Piquet (le nom donné alors au Plessis-Robinson) et Sceaux. Ce sont des villages cossus et bien aérés, réputés depuis longtemps pour leur salubrité. Selon le rapport rédigé en 1834 sur les effets du choléra à Paris et dans le département de la Seine, si on comptait 50 décès cholériques pour 1000 habitants à Puteaux, 28 à Gennevilliers, aucun ne fut à déplorer au Plessis ou à Fontenay. Sceaux ne fut pas tout à fait épargné avec 6 décès constatés.

La lecture du registre des sépultures de la ville de Sceaux donne une image quelque peu différente. Dans les années précédant 1832, le nombre annuel de décès tourne autour d’une trentaine : 37 en 1826, 30 en 1830, 26 en 1831. Le chiffre passe à 62 en 1832. Il s’élève à 8 en juillet et 10 en septembre, là où l’on recensait 2 à 3 décès mensuels les années précédentes. Le registre ne spécifie pas la cause de la mort, mais on peut penser que le choléra en est en bonne partie responsable. N’ont-ils pas été recensés comme des conséquences du choléra ? A cette époque, la statistique nationale en est encore à ses débuts. La question est ouverte… L’année suivante, en effet, on revient à un chiffre moyen de 35 sépultures.

Toutes les catégories sociales sont touchées par la surmortalité de 1832 et l’ensemble donne une idée de la société scéenne de cette période :  un « piéton à la poste aux lettres » (notre moderne facteur), un géographe, un graveur, un « conducteur de moutons » né en Suisse, un conservateur des hypothèques, un plombier, un conducteur de cabriolet, des femmes sans profession, une blanchisseuse, etc. Au total des gens plutôt âgés, mais les plus jeunes ne sont pas épargnés. En ces temps lointains, seul l’éloignement du foyer d’infection et un peu de chance permettait d’échapper à la maladie …

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