Les listes qui ont eu plus de 10% des voix au premier tour n’ont pas été éliminées. Elles pouvaient également fusionner avec une ou plusieurs autres listes mais cette configuration ne s’observe qu’à Fontenay-aux-Roses. Nous en analyserons les raisons après avoir présenté les listes en présence et leur score du premier tour.
Bourg-la-Reine
Au premier tour : Inscrits : 13430 Votants : 8415 exprimés : 8320
- Liste Margaux Wentzler : 859 voix (10,32 %)
- Liste Patrick Donath : 3084 voix (37,07 %)
- Liste Christophe Bonazzi : 1855 voix (22,30 %)
- Liste Cécile Andrieux : 1560 voix (18,82%)
Châtenay-Malabry
Pas de second tour : la liste Segaud l’a emporté au premier tour avec 69,85% des suffrages exprimés.
Fontenay-aux-Roses
Fusion des listes Le Fur, Mergy et Faye
Au premier tour : Inscrits : 15242 Votants : exprimés : 8526
- Liste Pauline Le Fur :
- Liste Laurent Vastel : 3182 (37,3%)
Sceaux
Pas de fusion de liste
Au premier tour : Inscrits : 14457 Votants : 8155 exprimés : 8024
- Liste Philippe Laurent : 3077 voix (38,3%)
- Liste Liliane Wietzerbin : 1940 voix (24,2%)
- Liste Jean-Christophe Dessanges : 1080 voix (13,5%)
- Liste Flavien Poupinel : 913 voix (11,4%)
Pourquoi fusionner ?
Si des listes ont fusionné et si d’autres ne l’ont pas fait, c’est d’abord parce qu’elles avaient ou non intérêt à le faire. Pour le comprendre, prenons d’abord l’exemple théorique d’une ville de 20.000 habitants où la liste A a réuni 50,01% des suffrages et la liste B 49,9% des suffrages.
Si la ville compte 20.000 habitants, il y a 35 sièges au conseil municipal. 18 sièges sont attribués à la liste arrivée en tête, pour lui permettre de gouverner. Les 17 autres sièges sont attribués à la proportionnelle à la plus forte moyenne : ils vont donc se répartir entre 8 sièges pour la liste A (qui en aura donc 26 au total) et 7 pour la liste B.
Imaginons maintenant une ville de 20.000 habitants où une liste A a obtenu 40% des voix, devançant deux listes B et C ayant réuni 30% des voix chacune. Si les trois listes se maintiennent (et que les électeurs votent comme au premier tour), la liste A arrivera en tête et obtiendra 25 sièges et les deux autres 5 sièges chacune. Si au contraire les listes B et C fusionnent, et que les électeurs les suivent, la liste fusionnée gagnera et obtient 29 sièges contre 6 à la liste A. On comprend donc que les listes B et C ont tout intérêt à fusionner si elles pensent que les électeurs vont les suivre.
La phrase en italique si elles pensent que les électeurs vont les suivre est importante. On va donc prendre immédiatement un exemple local pour l’illustrer. A Bourg-la-Reine, la liste menée par Christophe Bonazzi est arrivée en deuxième position, avec 22,30% des voix, derrière le maire sortant à 37,07% des voix. Imaginons qu’elle fusionne avec la troisième qui a obtenu 18,82% des suffrages, celle de Cécile Andrieux (ce qui suppose que les deux têtes de liste soient d’accord pour une telle fusion, ce qui est peu raisonnable). Sur le papier, le total des voix réunies au premier tour par les deux listes (22,30% + 18,82% = 41,12%) leur permet de battre le maire sortant. Il est cependant très probable qu’une partie non négligeable des électeurs de chaque liste ne les suivraient pas et qu’ils n’atteindraient pas de ce fait un score leur permettant de gagner.
Autre solution pour la liste Bonazzi fusionner avec la liste LFI qui a réuni 10,32% des suffrages. Sur le papier, le total fait 32,62% des voix, ce qui reste assez loin du score du maire. Une telle liste est-elle susceptible d’attirer (plus que celle du maire) les suffrages qui se sont porté sur la liste menée par Angélique Khaled ? C’est loin d’être sûr, le risque étant plutôt qu’une partie des électeurs de chacune des listes refusent de voter pour la liste fusionnée. Dans ce cas, la liste fusionnée aurait moins de sièges que la somme des sièges que chaque liste peut espérer seule. Pas de chance de gagner et risque de faire moins bien : donc aucune raison de fusionner.
Ce raisonnement peut être appliqué à toutes les listes à Sceaux et Bourg-la-Reine : aucune raison de fusionner.
Le cas de Fontenay-aux-Roses
La situation de Fontenay-aux-Roses est différente : aucune liste d’opposition seule ne peut battre le maire. Mais le score cumulé des listes Mergy et Le Fur (22+ 23,9 = 45,9 %) est supérieur à celui du maire sortant (37,3%). Les deux têtes de liste avaient déjà fusionné en 2020, les programmes sont suffisamment proches pour cela.
La question qui se pose à elles est : faut-il aller plus loin ? Ce n’est évidemment pas envisageable avec la liste Ribatto. Avec la liste LFI, qui a obtenu 6,2%? En cas de non-fusion, les électeurs LFI choisiront probablement entre le vote Le Fur et l’abstention. Fusionner avec LFI diminuera-t-il l’abstention ? Probablement, mais dans des valeurs assez faibles, probablement plus faibles que les électeurs de Le Fur ou Mergy au premier tour qu’une telle union fera fuir. Donc pas une bonne solution
Faut-il fusionner avec la liste de Michel Faye ? Mergy et Le Fur s’étaient refusé à le faire en 2020 et cela leur a peut-être coûté la victoire. Depuis, le score de Michel Faye a baissé. Que feront ses électeurs si Michel Faye est présent sur la liste fusionnée et que feront-ils s’il n’y est pas ? C’est évidemment très difficile à savoir. Les responsables des listes Le Fur et Mergy ont estimé que c’était une bonne solution. Sur le papier, ils sont favoris pour le deuxième tour. Le scrutin dira si ce choix était bon.

