Vous voulez rencontrer des auteurs ? Les écouter dialoguer sur des thèmes qui questionnent l’actualité ? Les 28 et 29 novembre aura lieu le premier festival du livre de Sceaux. Des auteurs liés à Sceaux parce qu’ils y habitent, y ont étudié ou vécu. Nathalie Banaigs en est l’initiatrice. La Gazette l’avait déjà interrogée. Elle continue à suivre ses audaces.
La Gazette On a l’habitude de rencontrer les auteurs à l’occasion de séances de dédicace. Pourquoi ce format inhabituel du dialogue entre auteurs ?
Nathalie Banaigs : Dans la ville où je vivais en Angleterre, Faversham Amanda Dackombe, travaillant dans l’édition, a organisé le Faversham Literary Festival et j’ai trouvé cela très bien. Elle a commencé avec quelques auteurs. On y entendait des échanges intéressants avec des auteurs qui venaient présenter leurs derniers livres, cela a très bien marché. L’expérience s’est renouvelée, maintenant le festival dure dix jours avec 80 évènements à travers la ville et on y vient de toute la région.
En arrivant à Sceaux, j’ai voulu proposer quelque chose de nouveau, et les premières personnes à qui j’en ai parlé, par exemple Pierre Dutilleul, un éditeur (hélas décédé depuis), ont eu une bonne réaction. D’autres se sont étonnés qu’on ne l’ait pas déjà fait !
Pouvez-vous préciser comment vous voyez ces échanges ?
L’objectif est de créer des conversations et de faire se rencontrer auteurs et lecteurs. Permettre aux auteurs d’échanger entre eux devant le public, aux lecteurs de réagir, à tous de se croiser et de converser et réfléchir ensemble. En pratique, il y aura des temps d’une heure (on sera très strict sur le respect de l’horaire) pendant lesquels des auteurs (généralement deux) converseront avec un modérateur. On conservera de 15 à 20 minutes dans l’heure pour le dialogue avec la salle.
L’idée est de contribuer à un vrai dialogue entre des auteurs qui ont chacun une approche personnelle d’un sujet et qui acceptent de la partager, de réfléchir ensemble.
Par exemple, nous réunirons Laurence Devillers et Bruno Patino pour discuter de l’intelligence artificielle. Peut-elle raconter une histoire ? Créer une œuvre ? Ou encore Auguste Gires, Paul Mathis et Ange Ansour raconteront comment permettre à chacun de mieux comprendre la science. Également, Aurélie Gerlach et Flavie Bertrand parleront autour du thème « écrire pour la jeunesse ». Comment raconter des histoires qui nourrissent l’imaginaire et donnent envie de lire sans sous-estimer l’intelligence des enfants ?
N’est-ce pas lourd à organiser ?
Le festival est organisé par l’association Horizons 365, une association culturelle qui met les rencontres et le récit au centre de ses projets. Pour cet événement, c’est une équipe d’une dizaine de personnes qui organise le festival. Il nous faudra aussi de nombreux bénévoles les 28 et 29 novembre.
Quel lien avec Sceaux ?
Je vis de manière permanente à Sceaux depuis un peu plus de deux ans. C’est Eric Vinson qui a suggéré d’inviter des auteurs qui ont un lien avec la ville. Quand nous avons commencé à les lister, nous avons découvert qu’il y en avait vraiment beaucoup ! La librairie Le Roi Lire est notre partenaire, comme c’est le cas de la Gazette. La Ville nous soutient aussi, avec notamment la mise à disposition de l’Ancienne mairie deux jours pleins. Celle-ci nous permet d’avoir deux rencontres en même temps, dans une des salles du bas et dans la salle du haut.
Quels choix avez-vous fait pour mettre le livre au centre du festival ?
Ce sera le livre papier, celui que l’on touche. Et bien sûr aussi ceux qui l’écrivent, imaginent et racontent des histoires ou racontent le monde.
Vous avez opté pour une entrée payante. Pourquoi ?
Oui, nous demandons 10 euros pour l’ensemble du festival. La raison en est simple. Nous avons des dépenses et aucune subvention : la billetterie permettra de couvrir une partie des dépenses, aux côtes du mécénat. Sans engagement collectif, cette première édition ne pourrait pas avoir lieu. L’équipe du Festival travaille bénévolement, tout comme les auteurs qui ont accepté de participer à cette première édition. Ce n’est pas dans l’usage. Et je les remercie pour le geste, pour le soutien qu’ils ont manifesté à la cause du livre et pour l’affection dont ils témoignent pour la ville.
Notre objectif est maintenant de faire de cette première édition une réussite : des rencontres de qualité, des salles pleines et un Festival bénéfique à tous.
Un article de Nathalie Banaigs dans la Gazette : Chronique d’un bureau de vote

