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L’ère des canicules

Jeudi 24 septembre avait lieu à la mairie de Sceaux une table ronde autour du thème Comment se préparer à la nouvelle ère des canicules. Sylvain Mondon, directeur régional Île-de-France à Météo-France, a montré comment les canicules allaient augmenter dans les prochaines décennies.  Marin Pugnat-Kostrzeski de l’agence parisienne du climat a exposé les moyens de s’y adapter. Un troisième intervenant a abordé une question différente, en faisant l’éloge de la frugalité.

Quelles canicules demain ?

Après avoir rappelé l’augmentation de la teneur en gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l’ère industrielle et les conséquences sur la température moyenne du globe, Sylvain Mondon explique que les prévisions qu’il va présenter s’appuient sur trois scénarios possibles d’émission (et donc de réchauffement) dans les prochaines décennies.

Entre 2011 et 2022, le réchauffement climatique s’est déjà traduit par de la surmortalité liée aux canicules, une hausse du nombre de communes en état de catastrophe naturelle et du coût des dommages liés à la sécheresse.

En 2026, la saison de tous les records, il y a eu 3 périodes de canicules, soit 53 jours de vagues de chaleur. La température y a atteint 5°C de plus qu’en 1976, année dite de la sécheresse. En 2026, le mois de février a vu un record d’humidité et le mois d’août un record de sécheresse.

Ce qu’on a connu en 2026 deviendra de moins en moins exceptionnel. L’Ile-de-France connaitra dans les années 2050 un hiver plus chaud de 1,7°C que la moyenne actuelle, un été plus chaud de 2,4°C.

Aujourd’hui, lors des journées très ensoleillées, l’îlot de chaleur urbain que constitue la région parisienne se traduit par une température nocturne de 6,4°C plus élevée à Paris que dans la forêt de Fontainebleau.

En 2017, Sceaux a connu 8 nuits où le thermomètre n’est pas descendu en dessous de 20°C la nuit. En 2030, ce nombre devrait ses situer entre 11 et 23 selon les scénarios et en 2050 entre 21 et 32.

Les conséquences pour les personnes

Marin Pugnat-Kostrzeski a d’abord expliqué les conséquences pour l’homme et son confort thermique de ces fortes chaleurs, d’un fort taux d’humidité et du rayonnement du soleil et du sol. Le risque de coup de chaleur apparait lorsque le corps n’arrive plus à maintenir la température à 37°C. Ce risque concerne en priorité les bébés, mais aussi les travailleurs de force et les sportifs.

La déshydratation touche en priorité les personnes âgées qui ne se rendent pas compte qu’elles se déshydratent. En 2025, 35% des décès liés à la canicule ont eu lieu au domicile des personnes. Le risque est 5 fois plus élevé dans les immeubles mal isolés.

Pour les travaux à l’extérieur, la performance diminue de 50% quand il fait 33/34°C. Dans les bureaux, la productivité commence à chuter au-delà de 24-26°C.

Quelles actions d’adaptation ?

Pour bien s’adapter, il faut suivre quelques principes de base. D’abord adapter les bâtiments : pouvoir occulter les ouvertures frappées par le soleil, isoler la toiture et les pièces, évacuer la chaleur par la ventilation (naturelle ou forcée), végétaliser l’extérieur. Ensuite, gérer autrement les eaux pluviales : sortir d’une logique du « tout tuyau » pour passer au concept de ville éponge. Au lieu du report de la pluie vers le réseau, la laisser s’infiltrer dans le sol, irriguer les végétations, favoriser l’évaporation.
Il faut également générer de l’ombre : planter si possible des arbres, installer des ombrelles. Enfin, rafraichir avec des fontaines et des brumisateurs.

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