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Maeva Mel : chanter pour rassembler

Maeva Mel est une mezzo-soprano aux répertoires multiples, jazz, blues et rythm’n blues, soul, pop-rock, électro. Elle se produit dans des salles de spectacles, des cabarets, de grands hôtels. Un trajet étonnant dont elle parle volontiers. Avec son association La Passion du Chant, elle propose des animations en tous genres, fêtes de villes, cérémonies, baptêmes, fiançailles…. Ce qui confirme que l’associatif est compatible avec tout. Important de le rappeler en début septembre quand se tiennent tous ces forums d’associations.

Pierre Bozzonne : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir chanteuse ?

Maeva Il y a eu un moment précis où le déclic s’est produit, celui qui m’a donné envie de chanter. C’est important pour moi, parce que je ne m’en suis jamais vraiment éloignée : j’y tiens beaucoup, je veux rester la même, toujours enthousiaste. Tout a commencé lors d’un concert. J’y ai vu une chanteuse noire américaine qui me faisait rêver. Je devais avoir 17 ou 18 ans. Ce moment-là a été fondateur : il m’a donné la motivation et l’envie profonde de chanter. C’était Patty LaBelle, avec la chanson Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?, reprise dans Moulin Rouge. Cette chanson est devenue l’un des emblèmes du film. Après ce concert, quelque chose s’est imposé à moi comme une évidence. J’ai eu un véritable déclic : je me suis dit que je voulais chanter comme elle.

Est-ce que vous chantiez déjà beaucoup quand vous étiez plus jeune ?

Non, justement : je ne chantais pas particulièrement avant. Ce concert a été un véritable choc esthétique. J’ai ressenti comme une évidence : cette profondeur dans le chant, cette voix qui vient de l’âme, je voulais moi aussi l’atteindre, parce que je la ressentais profondément cette possibilité, comme elle. C’est aussi à ce moment-là que j’ai compris que mon univers intérieur, musicalement, était davantage nourri par des influences de chanteuses noires que par des références blanches. Puis il y a eu d’autres influences par la suite : un tas d’artistes qui m’ont touchée, qui m’ont plu et qui m’ont donné envie de chanter — qui ont nourri ce déclic.

Quels autres artistes vous viennent à l’esprit ?

Janis Joplin, bien sûr, pour sa dimension symbolique et sa voix extraordinaire. Il y a aussi Aretha Franklin et Billie Holiday : des voix immenses, parmi les plus grandes.

Dans quel environnement avez-vous grandi, sans entrer nécessairement dans les détails ?

J’ai grandi en Région Parisienne, dans un environnement assez fermé à l’expression artistique. Mes parents étaient très pudiques, très refermés sur eux-mêmes. Une famille d’immigrée hispano-marocaine. Dans ce cadre familial, il existait des règles implicites très fortes : ne pas se montrer, ne pas parler de soi, ne pas se faire remarquer.

Et vous, avez-vous choisi de prendre le contrepied : vous montrer, prendre votre place et vous exprimer davantage ?

J’ai fait l’inverse, parce que je sentais déjà en moi ce caractère-là. J’ai toujours eu un tempérament très ouvert aux autres : expansif, extraverti et naturellement tourné vers les gens.

À 17 ans, vous vivez donc un véritable choc esthétique en entendant chanter cette artiste. Comment s’est opérée ensuite la bascule entre cette révélation intérieure et le moment où vous avez décidé de monter sur scène ? Est-ce qu’il y a eu une période où vous avez essayé de suivre une voie plus traditionnelle — avec des études, un travail ou des expériences professionnelles classiques — avant de vous dire que cela ne vous correspondait plus et qu’il fallait faire autre chose ?

Eh bien justement, non. C’est là que l’évidence est apparue.  Je n’avais ni travaillé dans ce milieu, ni amis, ni connaissances parmi les musiciens, les producteurs, les chanteurs ou les chanteuses.

Ce n’était pas tout à fait un hasard — je crois beaucoup à l’astral — mais tout est arrivé un soir, alors que j’étais allée écouter un groupe dans un piano-bar parisien, La Périgourdine, à Saint-Michel.

Les musiciens jouaient devant un public assez restreint et ont demandé si quelqu’un voulait chanter, choisir une chanson ou participer d’une manière ou d’une autre. J’ai osé lever la main : « Moi, je veux bien chanter. » Quand je me suis levée et que j’ai chanté, les gens se sont levés à leur tour pour m’applaudir. C’est à ce moment-là que je me suis dit : il y a vraiment quelque chose qui m’appelle.

C’était donc une sorte de live, avec de vrais musiciens — un piano, des instrumentistes — et la possibilité de choisir une chanson dans leur répertoire.

Il y a eu une vraie connivence, aussi bien avec les musiciens qu’avec le public. Avec les musiciens, quelque chose s’est mis en place très naturellement : je les ai suivis, ils m’ont suivie. Pourtant, chaque chanteuse et chaque chanteur a sa propre tonalité, sa manière d’aborder une chanson. Là, je ne sais pas comment l’expliquer, mais il y a eu une fluidité absolue.

En rentrant chez moi, je me suis dit : « C’est ce métier-là que je veux faire. Il n’y a pas d’autre solution. » Et même si je devais continuer à faire de petits boulots pour vivre — parce que la chanson, on le sait, n’est pas un métier de sécurité, loin de là — ce n’était pas grave. Je pourrais toujours travailler dans la semaine et chanter le week-end ou en soirée.

Quand vous êtes montée sur scène, avez-vous ressenti du stress ou de l’angoisse, ou est-ce que cela vous a semblé naturel ?

Cela m’a semblé assez naturel, même si, bien sûr, j’avais malgré tout beaucoup le trac.

Est-ce que vous ressentez encore le trac aujourd’hui ?

Avec l’âge, le trac est moins présent. J’en ai moins qu’avant, mais il est toujours là, au moins au début. Très souvent, je ne connais pas la salle. Je change régulièrement d’endroit, j’arrive dans un lieu que je ne maîtrise pas encore. Ce n’est pas comme lorsque je connais déjà le bar, la scène, le son, sa manière de se diffuser, ou même les clients. Là, au contraire, je me sens à l’aise.

Est-ce qu’il vous arrive de ressentir certains endroits comme plus accueillants ou, au contraire, plus hostiles ?

Oui, bien sûr. Dans les grands hôtels, en particulier, il m’est souvent arrivé de ressentir cela — que ce soit au Lutetia, à Cannes ou dans d’autres lieux du même type. Dans ces contextes, les gens dînent ou prennent un verre, mais ils n’écoutent pas vraiment. Ils discutent entre eux, parfois même de leurs contrats ou de leurs affaires. Ce n’est donc pas le même état d’esprit que quelqu’un qui vient simplement se détendre, boire un verre et écouter une chanteuse.

Je comprends mieux le contexte. Dans ces moments où vous sentez que l’ambiance est un peu hostile, ou que le public se désintéresse de votre prestation, comment parvenez-vous à dépasser cela mentalement ?

Comme je suis hypersensible, j’ai appris à me protéger afin que l’attitude du public ne perturbe pas mon chant. Dans ces moments-là, je me dis que ce n’est pas grave si les gens discutent : l’essentiel est que je continue à prendre du plaisir.

Je me recentre alors sur la musique. J’enchaîne une première chanson, puis une deuxième et une troisième ; peu à peu, je retrouve mon énergie. Je cherche un plaisir simple, presque celui d’un karaoké: chanter d’abord pour moi, tout en restant attentive à l’ambiance du lieu.

Dans les grands hôtels, je sais que je peux parfois devenir une sorte de bande-son : une présence musicale qui accompagne l’atmosphère en arrière-plan. Mon rôle est alors de créer un fond sonore pendant que les clients — très souvent des hommes — discutent ou négocient.

Mais cette situation est spécifique aux grands hôtels. Je ne la retrouve pas dans les petits bars de quartier, les restaurants, les salles des fêtes ou les cabarets. Dans ces lieux, les gens viennent réellement partager un moment : ils aiment que l’on échange avec eux, que l’on plaisante et que l’on chante ensemble. Ils sont réceptifs et viennent véritablement pour nous écouter.

À l’inverse des expériences plus difficiles, quel est le moment de votre carrière où vous avez pris le plus de plaisir ? Y a-t-il un lieu, une scène ou une soirée qui vous revient immédiatement en mémoire, parce que tout s’y est déroulé de façon particulièrement heureuse ou intense ?

Oui, le souvenir qui me revient immédiatement, c’est le trophée Lancôme à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le décor était évidemment sublime. (Elle a les yeux qui pétillent). Je me suis retrouvée projetée dans un univers de haute aristocratie : des élégantes, des femmes avec des chapeaux extraordinaires, des tenues superbes. Pour moi, petite fille de rapatriés et d’émigrés, cela a été très fort. Rien que d’y repenser, j’en ressens encore l’émotion. Cela m’a énormément touchée, parce que j’ai réalisé que, sans la chanson, je n’aurais sans doute jamais pu entrer dans ce milieu-là.

Ce qui vous a marquée, est-ce d’abord le fait d’entrer en contact avec un milieu social très éloigné de votre milieu d’origine ? Ou bien y avait-il aussi quelque chose dans l’accueil du public — son appétence, sa joie, cette forme d’osmose qui pouvait se créer entre vous et lui?

Oui, il y avait cela aussi. Mais, un peu comme dans les grands hôtels, ce type de milieu s’accompagne d’une certaine réserve. Ce ne sont pas des personnes qui vont forcément manifester leur joie de manière expansive, applaudir spontanément en rythme ou exprimer leur enthousiasme comme d’autres publics peuvent le faire.

Donc, ce qui vous a le plus impressionnée, c’est vraiment le lieu lui-même !

Ce qui m’a vraiment marquée, c’est l’atmosphère du lieu : le décor, l’ensemble des personnes présentes, tout ce que cela dégageait. J’ai ressenti quelque chose de profondément bouleversant. Je me suis dit : « Quel régal ! Quel bonheur de faire ce métier. »

Je ne viens pas du tout de ce type de milieu. Je me suis demandé si, en temps normal, j’aurais pu me retrouver dans un endroit comme celui-là, simplement comme une chanteuse parmi d’autres. La réponse m’a semblé évidente : non. J’avais pourtant déjà intégré deux groupes de jazz composés, à l’époque, de Versaillais, de chefs d’entreprise et de personnes issues de milieux aristocratiques. J’avais trouvé cela touchant, presque attendrissant, mais je ne le vivais pas de la même manière.

C’est vraiment lorsque je me suis retrouvée sur ces terrains de golf, dans le cadre du trophée Lancôme, au contact d’une grande marque de luxe, que j’ai ressenti toute la force de cette expérience : le luxe parisien, l’abondance, la beauté. J’étais heureuse, tout simplement — heureuse de chanter devant ce public.

Comment procédez-vous pour trouver de nouvelles dates et négocier vos contrats ? Quelle est votre démarche générale lorsque vous souhaitez contacter un bar, un hôtel ou un cabaret : comment identifiez-vous les lieux, comment les approchez-vous, et comment présentez-vous votre projet ?

En général, je passe beaucoup par les réseaux sociaux. Je consulte régulièrement les pages de bars, de cabarets ou de restaurants que je ne connais pas encore, afin d’identifier de nouveaux lieux où je pourrais me produire.

Par exemple, j’ai récemment repéré un bar rue des Lombards, près d’un établissement qui s’appelle l’Hupper Café. Il n’existe que depuis trois ou quatre mois, et je compte aller le voir. J’ai aussi repéré un autre lieu à Bastille, Le Noir de Blanc, que j’ai déjà contacté. Selon les cas, j’envoie un message directement via le site internet du lieu ou par sa page Instagram. Parfois, j’appelle également pour me présenter et demander un rendez-vous.

Lors du rendez-vous, j’explique concrètement ce que je peux apporter. Je mets notamment en avant le fait que je dispose d’une petite sono, très peu encombrante. (Aujourd’hui, il faut être réaliste : beaucoup d’établissements n’ont plus forcément les moyens, ni le budget, pour engager à la fois des musiciens, un DJ, une chanteuse, un ingénieur du son, etc.). Je leur présente donc une formule plus économique, qui reste efficace et donne très bien sur place. D’une certaine manière, cela peut produire un rendu proche de celui d’un groupe de musiciens, tout en coûtant beaucoup moins cher.

C’est un peu commercial, bien sûr, mais je suis obligée de passer par là pour réussir à travailler tous les mois. J’ai remarqué que cette approche plaisait aux responsables de lieux : elle les rassure et les motive aussi, je pense.

Est-ce que vous avez en tête quelques-uns des endroits où vous vous êtes déjà produite ?

Houlà, oui, il y en a beaucoup! Je pense notamment au Monroe Jazz Club, au Bataclan, à La Cigale, au Piano Zinc, au Stonewall ou encore à l’Amnésia. J’ai également chanté dans plusieurs discothèques, comme le Foch — tenu par Tony Gomez — ainsi que le K, le Majestic, et d’autres lieux encore.

J’aimerais qu’on aborde ici l’aspect plus technique des choses. Lorsque vous arrivez dans un nouveau lieu, prenez-vous le temps d’observer l’acoustique et la qualité du son ? Est-ce que vous faites quelques tests pour trouver vos marques avant de chanter ?

Oui, tout à fait. Récemment, par exemple, j’ai chanté sur une péniche qui traversait Paris en passant sous les ponts. Dès mon arrivée, avant même que les clients ne s’installent, j’ai branché ma sono et fait un premier test.

Je suis allée jusqu’au ponton, en passant par le bar, afin d’écouter la sonorité du lieu : la manière dont le micro portait, mais aussi la façon dont la musique se diffusait dans l’espace. Bien sûr, tant qu’il n’y a personne, le rendu reste différent. Le son change automatiquement lorsqu’il y a 30, 50 ou 100 personnes : les conversations absorbent une partie de la puissance et le micro peut sembler moins présent.

C’est alors à moi de bien diriger le son. Si je me déplace d’une table à l’autre et que je remarque que l’on m’entend moins bien à certains endroits, j’ajuste discrètement le volume — celui de la musique, celui du micro, ou les deux à la fois. Ainsi, je m’assure que le son reste bien diffusé dans tout le lieu.

J’ai vu que vous évoluiez aussi dans le milieu du Marais. Au-delà de sa dimension artistique et festive, c’est avant tout le lieu d’une communauté singulière et forte. Comment trouve-t-on sa place, et comment est-on accueillie, lorsqu’on est une chanteuse femme au milieu de drag queens, de transformistes et de travestis ?

En fait, j’ai découvert ce milieu naturellement grâce à deux ou trois amis proches, effectivement gays. Au départ, il s’agissait simplement de sortir avec eux, de passer une bonne soirée et de boire un verre. Et puis, comme souvent chez moi, l’envie de chanter et de me produire est venue de manière très spontanée. Mais sincèrement, je me suis toujours sentie bien accueillie.

Dans une troupe de transformistes, il y a généralement entre trois et cinq personnes. Moi, j’arrive un peu comme un électron libre : je peux être la quatrième, la cinquième ou la sixième présence sur scène. Mais je n’ai jamais eu le sentiment d’être mise de côté.

Je l’ai moi-même constaté lorsque je vous ai vue sur scène, lors d’une grande soirée organisée pour un anniversaire dans un lieu bien connu du Marais. Vous vous en êtes très bien sortie, et je n’ai pas perçu, dans le public — composé presque exclusivement de personnes gays — de réaction d’étonnement ou de décalage. Au contraire, j’ai eu le sentiment que votre présence passait très bien.

C’est vrai. Je pense que cela fonctionne parce que toutes ces disciplines sont parfaitement compatibles : le drag, le chant, l’animation et la danse s’accordent naturellement.
Au fond, tous ces éléments ne forment qu’un seul et même spectacle.

Et je dirais même que ça participe à une certaine pause dans le spectacle toujours un peu extravagant de surenchères, de drag queen, etc.  Et votre arrivée justement permet de faire une pause. Et ça leur permet à elles de se changer, de se démaquiller, de se remaquiller, etc. Et je trouve que c’est très bien et c’est assez fluide.  

(Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cet univers, il faut se référer à l’ancien Cabaret de Michou : on y voyait des artistes imiter des chanteuses considérées comme des icônes queer, comme Dalida, Sylvie Vartan, Mireille Mathieu, France Gall, Zizi Jeanmaire ou Céline Dion. Ils ne reprennent pas réellement leur voix : ils jouent en playback. Grâce aux mimiques, à l’attitude et à la synchronisation avec la voix originale, ils donnent au public l’impression d’avoir face à lui l’artiste incarnée).

Oui, vous avez complètement raison. Justement, ces univers sont complémentaires. J’apporte mon côté showgirl, mais aussi mon sens de l’animation : je vais à la rencontre du public, l’invite à participer, à taper dans les mains, et crée un lien direct avec lui. J’occupe ainsi pleinement la scène et transmet le plaisir d’être là, avec les gens et pour eux.

Le transformiste, de son côté, travaille autrement : il ne chante pas réellement, puisqu’il interprète en playback — ce qu’on appelle le lipsync — des titres associés à de grandes voix comme Céline Dion ou Whitney Houston.

Le public aime cette forme de spectacle, mais il apprécie aussi la présence d’une vraie chanteuse, d’une vraie femme, qui apporte une autre énergie sur scène. Finalement, tout se complète. Je suis aussi à l’aise seule en soliste que dans une troupe, que ce soit avec un danseur, un transformiste ou même un DJ. Dans tous les cas, je me sens à ma place, parce que je sais pourquoi je suis là : je ne viens pas pour moi, je viens pour les autres. À partir de là, tout est clair dans ma tête : j’ai un rôle précis à jouer, et je le joue à fond.

Justement, à propos de ce rôle, comment parvenez-vous à créer ce lien avec le public ? Je vous ai vue très directement en interaction avec lui : vous allez chercher les regards, vous vous approchez des personnes, vous les captez et vous les entraînez avec vous. Au-delà du chant, de la maîtrise vocale et de la technique — dont nous avons déjà évoqué les principaux aspects — on sent chez vous un besoin fort d’aller vers le public, le chercher, le convaincre et, d’une certaine manière, de faire en sorte qu’il soit heureux de partager ce moment avec vous.

Oui, c’est primordial. Quand on chante, il n’y a pas seulement l’émotion portée par la voix : il y a aussi une énergie qui circule. Pour moi, cette énergie doit aller vers le public, être partagée, presque vibrer avec lui. Si l’on reste dans son coin, sans aller vers les gens, le lien ne se crée pas vraiment. Le public peut écouter avec attention, gentillesse et politesse, mais il ne participe pas pleinement. Il manque alors cet échange d’énergie, cette vibration commune qui donne tout son sens au moment partagé. C’est pour cette raison que j’ai besoin d’aller vers les gens. Le chant a pour moi une dimension presque spirituelle : il ne s’agit pas seulement de chanter, de danser ou de faire la fofolle sur scène. J’ai aussi besoin de transmettre des messages d’amour, de bienveillance et de tolérance. Et c’est précisément parce que je vais à la rencontre du public que je peux faire passer ces messages.

Parlons maintenant de votre actualité, qui est particulièrement importante. Il y a deux raisons principales à notre présence aujourd’hui. La première concerne la Fête des associations, à laquelle vous allez participer. J’aimerais que vous nous en parliez.

Alors, il s’agit d’un festival annuel, organisé chaque année au mois de septembre à Clamart et partout ailleurs. Il réunit plusieurs villes et permet aux associations de se présenter, de partager leurs activités et de proposer des temps forts au public. J’y présente mon association, La Passion du Chant. J’y mets mes compétences au service de différents projets : comme choriste, chanteuse, animatrice au sein de formations musicales, mais aussi en tant que soliste. J’y apporte des conseils, j’aide à monter des groupes musicaux et j’accompagne les personnes qui souhaitent être orientées vers des prestations adaptées.

Elle s’adresse notamment aux personnes qui souhaitent organiser une soirée privée, un mariage ou un événement, mais qui ne savent pas toujours comment s’y prendre, n’ont pas les contacts nécessaires ou manquent de temps pour tout organiser.

De mon côté, je les accompagne tout à fait gratuitement : je mets à leur disposition mon savoir-faire, mon expérience et mon réseau. Lorsque c’est pertinent, j’essaie aussi de les mettre en relation avec d’autres artistes, afin de créer des collaborations et de leur permettre de travailler. Je gère absolument tout moi-même.

Il me faut être très claire : même les amis les plus proches n’ont pas forcément une sensibilité artistique, et c’est d’ailleurs le cas de mes meilleurs amis. Pour ne pas les solliciter dans un domaine qui n’est pas le leur, j’ai pris l’habitude de tout organiser seule.

Concrètement, je m’occupe de la prospection, des rendez-vous, des shows, du matériel lorsqu’il en faut, et de la recherche d’autres prestataires si nécessaire. Par exemple, dans une grande salle, une sono de 300 watts comme celle que j’utilise ici ne suffit pas toujours. Selon le lieu et le type d’événement, il peut être indispensable de faire appel à un ingénieur du son ou de prévoir un système de sonorisation plus puissant. On ne sonorise pas de la même manière un petit salon, un café de quartier, une salle des fêtes, un grand théâtre ou un cabaret. Chaque lieu demande une adaptation spécifique.

Il y a une scène ouverte à l’occasion de la fête des associations.  Comme les associations sont nombreuses, les organisateurs nous proposent des formats courts : de petits concerts, ou mini-shows, d’environ quinze minutes par association. Pour moi, c’est un format idéal : je chante, donc l’installation est rapide et ne demande pas une longue préparation.

Voilà pour votre actualité immédiate. Pour terminer, vous m’avez aussi parlé de projets à venir, dans des cadres un peu nouveaux pour vous : notamment la possibilité de travailler en voix off. Mais il ne s’agit pas forcément de la voix off telle qu’on l’entend habituellement dans les spots publicitaires, à la radio ou ailleurs, avec des comédiens qui présentent un produit ou un service. Dans votre cas, il s’agit plutôt d’une voix off liée au chant.

C’est ça. Il peut s’agir de chant, mais aussi de jingles publicitaires ou de voix parlée. Je me suis donc enregistrée avec ma sono. Un ami, passionné de montage vidéo et audio, et équipé des logiciels adaptés, a assemblé ma voix parlée entre deux extraits de chansons. Nous avons réalisé une courte maquette d’une minute, sous forme de démo. On m’avait bien précisé qu’elle ne devait pas dépasser cette durée, donc j’ai respecté le format demandé. Je vais maintenant l’envoyer à des stations de radio, à des chaînes de télévision et à des sociétés de doublage, par exemple Les Bing Brothers.

Bonne chance pour la suite!

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