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Rue Bertron

Qui est Adolphe Bertron, dont le nom est honoré dans une rue qui va de la rue du Maréchal Joffre à la rue de Fontenay? Cette plus ou moins parallèle à la rue Houdan est un mélange de pavillonnaire et de collectif avec une prééminence du premier sur le second. Il y a du beau! Songez, Baltard, le grand Baltard des Halles parisiennes aujourd’hui disparues, y a habité. Et ce n’était pas une masure.

Un homme hors norme

Les Amis de Sceaux ont publié une petite biographie de Bertron qu’ils présentent comme un excentrique. La lecture de l’article, assez croustillant, nous le montre en effet sous ce jour. Il naît si l’on en croît Wikipedia en 1804 et meurt en 1887 après s’être porté candidat à toutes les élections ou presque, y compris celle à la présidence de la République de 1848 ou au trône du Mexique. Mais l’encyclopédie webienne y voit aussi un féministe avant l’heure et un idéaliste avec, à l’appui:

Nous, Tous, Enfants de la Mère du genre humain, (je suis heureux en répétant cette vérité) hâtons-nous de proclamer que la Religion naturelle est la seule digne de l’Humanité!!! Désignons-la, de suite sous sa vraie dénomination… la Religion Naturelle et Humaine… Son Dieu … La Femme… seul naturel et vrai Créateur du Genre Humain, et cela, sans aucune Exception !!!… je me fais un devoir, et je me le ferai perpétuellement de vous rappeler à satiété [que] la Femme est Dieu et Religion… Notre salut est tout entier en nos Mères, autrement exprimé : dans la Religion Naturelle et humaine, pas ailleurs !!!!! La base de la Religion Naturelle et humaine est… Le Travail… l’Ordre… La Vérité… Son but : La Perfection en tout… Partout… pour le triomphe de cette Religion, la seule vraie, la seule avouable, il faut de suite et pour toujours : Démonarchiser l’Univers… Démaîtriser le Globe Terrestre… Dépatroniser le Monde Entier… Pour que le résultat soit complet et sublime Et pour qu’il soit surtout durable ; il ne faut qu’une seule et unique Patrie … L’UNIVERS.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_Bertron

Le domaine de l’Amiral

La langue politique du XIXe siècle est du genre lyrique. On ne mégotait pas sur la parabole. Mais reconnaissons qu’il y allait fort. Toujours est-il que ce natif de la Flèche, commerçant en toiles dispensant de généreux revenus, s’installe à Sceaux en 1842, dans une « modeste » propriété qu’il achète à un amiral d’origine russe, Pavel Vassilievitch Tchitchagoff, né à Saint-Petersbourg en 1767 et qui meurt à Paris en 1849. La propriété comprend ce qui deviendra le château de l’Amiral et un vaste domaine qui sera le premier lotissement de la ville. Car, Bertron a en tête de créer une communauté égalitaire.

Chaque nouveau propriétaire doit pouvoir accéder aisément à la villa d’Adolphe Bertron qu’il nomme ” le palais de l’Humanité. “ Pour cela, il ouvre deux nouvelles voies plantées d’arbres fruitiers. L’une, d’est en ouest, relie la rue sainte Geneviève (actuelle rue du Maréchal-Joffre) à la rue de Fontenay : c’est la rue Bertron ; l’autre, à laquelle  il donne le nom de sa ville natale, rue de la Flèche, descend du sud au nord. Il en fit don à la municipalité lors de son élection.

http://amis-de-sceaux.org/blog/2010/04/13/116/

Le théoricien effervescent

Car il devient conseiller municipal en 1877. La chance sourit parfois aux audacieux. Et de l’audace, il n’en manquait pas. En 1852, il publie un texte au titre assez ramassé mais toutefois explicite : Une Combinaison nouvelle en matière d’économie sociale, ou Diminution des impôts et augmentation du budget de l’État. Extinction du paupérisme. Bien-être et sécurité pour tous. Il y imagine un grand service commercial nationalisé, dont il attend beaucoup. Les curieux trouveront en ligne les détails du raisonnement et des bénéfices espérés. Restons-en aux grandes perspectives. On y retrouve le Bertron lyrique qui ne recule pas devant un superlatif. Et pourtant, on a bien l’impression que ça nous parle encore.

Nous allons développer le projet d’une amélioration importante qu’il serait possible de réaliser dans notre organisation sociale.
Il s’agit des intérêts moraux et matériels du riche et du pauvre, du fort et du faible, du savant et de l’ignorant.
Ces intérêts, quelle que soit la classe de la société que l’on considère, sont aujourd’hui presque tous abandonnés, aux caprices du hasard. Le savoir, le travail, la prudence, ne sont une garantie suffisante pour personne ; il surgit à chaque instant des circonstances imprévues et d’une puissance irrésistible, qui détruisent en une heure les espérances les mieux fondées et les combinaisons les mieux conçues.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57275538/f6.item.texteImage

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