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Au château de Sceaux, avec Julie Sollier

Au château de Sceaux, le patrimoine ne se contente pas d’être conservé : il se partage et se réinvente. Julie Sollier, directrice déléguée aux publics, détaille une programmation exigeante et accessible, conçue autour d’événements mêlant patrimoine, musique, littérature, danse ou encore bien-être, tout en attirant des visiteurs de tous âges et de tous horizons, de Sceaux, d’Antony, de Bourg-la-Reine, de Châtenay-Malabry ou d’ailleurs. Avec, en toile de fond, la mise en valeur du domaine du XVIIe au XIXe siècle et de ses grands propriétaires.

La volonté d’ouverture

« Le domaine est connu pour ses grands événements tels que Hanami, mais le château vit tout au long de l’année au rythme des expositions, des visites et des animations », rappelle Julie Sollier. Le musée dont les origines remontent à 1937 de la volonté du Département de la Seine, a une position évidemment centrale. Sa création a suivi un don du musée Carnavalet qui ne conservait de l’Ile-de-France que Paris. Le site internet raconte dans une « frise » bien illustrée son histoire de plus de quatre siècles.

Afin de transmettre cette histoire et faire découvrir les chefs-d’œuvre du musée, tous les dimanches, des visites guidées pour adultes et pour les familles sont proposées. Et le 1er dimanche de chaque mois, les entrées sont gratuites pour tous. Des visites contées sont destinées aux enfants. Les plus petits écoutent les histoires assis sur un tapis d’éveil de 3 mètres de diamètre placé sous la coupole Charles Lebrun !

Les matins sont consacrés à l’accueil des groupes : visites privées, associatives, scolaires, handicap, y compris le weekend. Des projets sont construits sur mesure avec des partenaires du territoire tels que des hôpitaux, des associations, des maisons de retraite, des écoles, etc. pour les accueillir dans les meilleures conditions. Des outils de médiation spécialisés sont réalisés par les médiateurs (outils tactiles, sensoriels, gros caractères…). Là encore, l’idée est d’aller chercher des publics variés, au-delà des visiteurs habituels, pour faire du domaine un lieu partagé à l’échelle du territoire.

Pour les scolaires, des médiations basées « sur l’échange et la participation active des élèves » sont conçues « en cohérence avec les programmes scolaires ». Elles « offrent aux classes une découverte sensible de l’histoire et des œuvres d’art ». Le programme de l’année 2026-2027 donne une vision bien détaillée des activités pédagogiques.

Par ailleurs, la programmation s’insère dans les grands événements nationaux. Les Nuits des musées et les Journées du patrimoine sont gratuites et contribuent à ouvrir le domaine. Ce sont, dit Julie Sollier, « des rendez-vous qui attirent aussi bien les visiteurs réguliers que les curieux venus des villes alentour. »

Trois fois par an, des weekends complets sont consacrés aux Grandes heures de Sceaux en hommage aux Grandes Nuits de Sceaux organisées par la Duchesse du Maine au début du XVIIIe siècle. « Le programme met en lumière une thématique toujours renouvelée autour de l’un des grands propriétaires ou du sujet de l’exposition en cours. Autour de conférences, d’animations, de spectacles, ou encore d’ateliers de pratique, l’histoire se transmet grâce à une approche plus sensible et participative. » Ainsi, le weekend du 19 au 21 juin dernier proposait parallèlement à un accrochage temporaire au sein du château sur le mobilier rare de Caroline Murat en son château de Neuilly. S’y ajoutaient des conférences sur le rôle de femmes sous le Ier Empire, des œuvres musicales en vogue dans les salons féminins, un bal 1er Empire à l’Orangerie, des ateliers enfants ou danse en famille. Seule la reconstitution d’un bivouac napoléonien sur la pelouse du parc, avec ânes et chevaux, a été empêchée par la canicule.

En décembre du 11 au 13, ce sera sur les traditions de Noël au XIXe siècle. « Le rez-de-chaussée du château sera décoré par un fleuriste de la ville de Sceaux. Concerts avec chœurs, spectacle jeune public et visites thématiques ponctueront ces Grandes Heures de Sceaux » dévoile Julie Sollier. A ses yeux, « l’entrée » dans l’histoire passe par des programmations « pointues, exigeantes, familiales et festives ». Tout est là : de l’exigence, mais pas d’élitisme.

Activités pour assurer sa mission muséale

En parallèle de la programmation événementielle, une autre équipe au sein du château travaille à la conception et à la production d’une grande exposition par an présentée dans les Anciennes Ecuries du domaine. Ces expositions avec un niveau important d’exigence scientifique souhaitent également parler à tous les publics ! La prochaine, du 13 septembre 2026 au 14 février 2027, sera consacrée à Marie-Caroline Duchesse de Berry, princesse rebelle. Depuis 2025, un autre moment de présentation des collections a été créé. Appelé « au cœur des collections », il proposera chaque année à l’été de découvrir l’activité autour des œuvres du musée, souvent inédites, par l’explication de la restauration d’une œuvre majeure, l’étude et la mise en valeur d’un fonds conservé en réserves, etc.    

Le château de Sceaux, qui bénéficie de l’appellation « musée de France » par le ministère de la Culture, gère au quotidien un fonds muséal de 16.000 œuvres ainsi qu’un fonds documentaire de 80.000 références, les 30 personnes qui composent l’équipe du château ont donc bien d’autres missions. Mais c’est une autre histoire…

Musique au coeur

La programmation musicale est partie intégrante de l’objectif patrimonial du musée. Dans le grand salon du château, la musique classique et baroque offre une entrée à la fois savante et sensible dans les XVIIe et XVIIIe siècles pour faire revivre la vie du château telle qu’elle a existé grâce à des propriétaires férues de musique telles que la duchesse du Maine et la marquise de Trévise.

Le domaine sait aussi mettre à disposition des lieux pour des événements d’institutions extérieures. Le Festival de l’Orangerie, le 57e du nom, s’est tenu cette année du 10 au 27 septembre avec chaque jeudi un concert intime au château et le weekend à l’Orangerie. Il eut comme toujours une programmation florissante de musique de chambre, de récitals, de moments familiaux, sans compter un concert de la Musique des Gardiens de la Paix de la Préfecture de Police de Paris.

Autre événement : le Théâtre des Gémeaux organisait à l’arrière du château le Sceaux Jazz Festival du 11 au 14 juin. On était dans la logique d’une offre exigeante et accueillante. La Gazette avait rendu compte à sa manière de la belle sélection d’artistes avec les interviews de Lea Maria Fries et de Daoud.

Là encore, les formats varient, les lieux aussi : l’objectif est bien de faire venir des publics différents, des habitués des concerts aux familles et aux promeneurs du parc « pour découvrir toute la richesse de notre culture ». Parc, dans lequel sont les barques d’avril à fin septembre, le théâtre du Guignol, l’aire de jeux, ou les parcours sportifs. De quoi passer une journée entre nature et culture en famille ou entre amis.

Restons-en là, on le voit, l’offre est très large. Pour en savoir plus, Julie Sollier recommande de s’inscrire à la newsletter. En effet, c’est le plus simple, c’est gratuit et on n’ignore plus rien d’un très bel agenda.

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