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Santé mentale des jeunes: deux lycéennes à l’initiative

Enora Caze et Louison Schorter Le Coq étaient lycéennes lorsqu’elles ont proposé l’année dernière l’idée du Forum de la Santé mentale à Bourg-la-Reine. La première vient d’obtenir le bac et s’est déjà inscrite en fac. La seconde passe en Terminale. L’idée est une chose, la mise-en-œuvre en est une autre.

Elles proposent le sujet à David Correia, le référent Jeunesse de la ville, lequel en parle à Lise-Marie Le Jean, élue en charge de la santé à BLR. L’idée séduit, elle prend forme, devient un projet et se tient aux Colonnes en juin 2026.

Pour prévenir, repérer les signaux

Les deux filles se connaissent de longue date. Membres du CJC, le Conseil des jeunes citoyens, elles avaient mené, il y a quelques années, une première initiative, un gala de charité en faveur du Liban (signe de précocité ?).

Pourquoi un débat sur la santé mentale ? Elles savent d’expérience que le sujet est d’importance dans les lycées, mais soulignent qu’un documentaire sur M6 Santé mentale, briser le tabou les a particulièrement sensibilisées.

Le contexte s’y prêtait. Les témoignages de Nicolas Demorand sur sa maladie, largement relayés dans la presse, ont mis en lumière les « treize millions de personnes en France » concernées.

De plus, Enora et Louison ont envie de mettre l’accent sur la détection et la prévention. Les deux jeunes femmes évoquent avec précision les comportements annonciateurs : les TCA (troubles des conduites alimentaires), l’anorexie ou la boulimie, les addictions alimentaires, l’anxiété sévère, les addictions diverses comme celles dont les autour de l’utilisation intensive des écrans.

De l’idée au forum

Elles savent que les risques s’aiguisent avec l’adolescence, la vulnérabilité, la susceptibilité aux jugements, le rôle des réseaux sociaux, l’hypersexualisation des filles, les nouveaux émules du masculinisme, les isolements progressifs. Elles ont envie d’agir, à leur mesure, modestement, mais d’agir quand même.

Leur objectif était de toucher un public aussi large que possible, dans un lieu accueillant, autour de tables rondes pour interagir avec des professionnels de santé. Louison insiste aussi sur la nécessité d’informer les « personnes mal dans leur peau » sur l’aide qu’elles peuvent trouver avant que la situation ne s’aggrave.

David Correia, auquel La Gazette a consacré un article, anime le CJC. Il accompagne le projet. Lise-Marie Le Jean et Hanane Hajji lui donnent forme. Elles ont le réseau, trouvent des professionnels de santé et des acteurs médico-sociaux. Il faut dire que la ville dispose d’un Pôle Santé Solidarité qui accompagne les personnes en situation de handicap, soutient l’inclusion scolaire des enfants.

Des mails sont envoyés aux hôpitaux et aux centres de soin l’Etablissement public de Santé, EPS Erasme à Antony, « spécialisé en santé mentale à tout âge de la vie. Sa vocation est d’accueillir prioritairement les résidents du département des Hauts-de-Seine. »

Les lycéennes ajoutent leurs propres sources. L’application smartphone Lyynk « lancée en septembre 2024 par l’influenceuse Miel Abitbol » s’adresse aux personnes « confrontées au harcèlement ou à d’autres violences, à la dépression ou aux idées noires, à une addiction ou à des TCA » (Wikipedia).

Elles contactent la Fondation Falret, qui « accompagne des personnes souffrant de troubles psychiques et/ou en difficultés psychosociales afin qu’elles trouvent leur place dans la société et exercent pleinement leur citoyenneté. » (Wikipedia)

Cependant, les deux lycéennes ont leurs cours. Lousin est en première générale. Enora prépare son bac et des concours pour son orientation universitaire. Les réunions s’enchaînent : quand l’une ne peut être présente, l’autre prend le relai.

En janvier, elles préparent sous Canva une affiche du Forum qui a ensuite été traitée par l’équipe de com de la ville. Elle sera diffusée dans BLR Mag et chez des commerçants.

Parents, jeunes et professionnels

Lors de la réunion de consolidation fin avril, il est convenu que le forum se tiendra de 20h à 22h. La Ville met à disposition la salle des Colonnes. Une première partie est composée d’interventions de professionnels d’une durée plafonnée à de sept minutes ; une seconde partie, d’échanges directs autour de tables rondes.

Un précédent article de La Gazette a rendu compte du forum. Des spécialistes y ont abordé plusieurs thèmes tels que l’anxiété, la dépression, la phobie scolaire, le harcèlement ou encore l’addiction aux écrans. Les intervenants ont souligné la hausse de certaines formes de mal-être chez les adolescents et l’importance de repérer les signes précoces (symptômes physiques, absentéisme, repli sur soi, usage excessif des écrans).

Le forum a eu le grand bénéfice de présenter les dispositifs d’accompagnement existants, notamment le rôle des médiateurs scolaires, des psychologues et des associations d’aide, bref les nombreux organismes qui peuvent intervenir à des degrés divers dans l’identification et la prise en compte de ces dérives. Il aura aussi rappelé que les troubles comme les TCA, l’anxiété ou les TDAH (troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité) se manifestent par des signaux que les parents ou les amis peuvent repérer, et qu’un psychologue peut rapidement aider à évaluer.

Ainsi, avec l’aide de la ville, Enora et Louison ont ouvert une porte et rappelé que les ressources existent aussi, et qu’entre l’inquiétude et l’aide, il y a parfois une parole à oser. C’est peu, mais c’est déjà beaucoup.


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