Michaël Dullin, sculpteur recycleur de son état, expose ses constructions, ses imaginations métalliques au Salon des Artistes scéens à l’ancienne mairie de Sceaux jusqu’au 6 avril. Il est, cette année, invité d’honneur.
Ses pièces étonnantes et spectaculaires sont présentées dans la salle du bas, à gauche en entrant, de 14h à 19h du lundi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 19h le dimanche et jours fériés.
Propos pris sur le vif
Enfants, certains rêvent de devenir pompiers, d’autres aviateurs. Chacun de ces désirs nous relie à une énergie vitale : la création. Michaël est différent. Il rêve d’être cantonnier !
Tout gamin, il bricole déjà la matière pour lui trouver un sens. Une petite boule d’argile se transforme entre ses mains et devient un objet ou un personnage. Entre désir vital et poésie, pendant que ses copains jouent au foot, dans la cour de récréation, il façonne la matière, dans un coin, à l’abri des regards.
Puis il trouve rapidement que ses petites réalisations sont trop sombres. Il a envie d’y faire entrer la lumière. Alors il se met à travailler tour à tour, la résine, puis le papier mâché.
Et c’est ainsi que par des détours, des essais sans cesse répétés, il découvre le métal qui devient son « medium » favori.
Fééries
Et c’est un univers merveilleux qu’il expose aujourd’hui. Un univers d’objets recyclés puis assemblés, un univers de personnages à la Tim Burton, de bestioles au regard doux et bienveillant qui prennent vie sous nos yeux grâce à la magie de la lumière.
Sans formation autre que la sienne, depuis une dizaine d’années, il affine son art, sa technique, déniche un objet singulier au détour d’une brocante, récupère des déchets métalliques, leur redonne vie différemment.

« J’ai galéré beaucoup pour acquérir les techniques de soudure, de forge et d’usinage », confie-t-il. Il cherche constamment à évoluer techniquement : créer une œuvre de plus en plus aboutie.
Quand on lui demande où il trouve son inspiration, il répond qu’il n’en sait rien. Qu’il laisse parler les objets. C’est vrai, il aime l’univers punk, la mécanique, le cinéma, la science-fiction. Mais chez lui, c’est un mélange d’inspirations diverses et de coups de cœur qui le conduisent à créer. Lorsqu’il ramasse une pièce métallique, il sait qu’autour d’elle, il pourra raconter une histoire.
Le labeur
Ça part souvent de là : une pièce de métal, isolée, qu’il observe comme une matière brute, dont il s’empare, et avec laquelle naîtra une œuvre artistique. Il accumule, il recherche, et tente des choses, il soude puis il assemble. Avec toujours la lumière, comme catalyseur essentiel à toutes ses créations.
« C’est laborieux, parfois pénible, ça prend des heures, ça consomme beaucoup d’énergie. Je n’étais ni chaudronnier ni soudeur. Au départ, c’étaient des assemblages assez simples, composés de vis. Et au fur à mesure, ça s’est complexifié. L’idée est de mettre en valeur les objets. J’ai une passion pour les objets. Je les trouve magnifiques, organiques. C’est physique. J’ai du mal à laisser trainer des objets sur un trottoir, une déchèterie, un garage, il faut que je les ramasse. Maintenant, j’ai des fournisseurs qui me ravitaillent, qui m’en mettent de côté. Aussi, j’essaie de conserver la patine des objets, j’évite au maximum de les transformer, de les peindre par exemple. Ils doivent rester, le plus possible, à l’état brut. »
Aujourd’hui, il veut se lancer dans la cinétique, faire vivre ses compositions, les articuler, les « faire parler ». C’est un nouveau défi auquel il souhaite se confronter.

