Le premier semestre 2025 a vu les premières prises de positions pour les municipales. Il faut attendre la fin du second semestre pour connaître l’ensemble des listes qui se présentent. Mais déjà les candidats et leurs supporters sont présents sur les marchés et organisent des réunions publiques.
Trouver des électeurs, le défi à relever pour toutes les listes
Pour les principales listes, le premier semestre a été consacré à constituer la liste (ou au moins son armature) avec les différents soutiens disponibles et à définir les grandes lignes d’un programme. Au second semestre 2025, il s’agit de commencer à convaincre le maximum des électeurs de voter pour la liste. Tout en complétant la liste si nécessaire (c’est souvent le cas) et en affinant le programme, notamment en fonction des réactions des électeurs rencontrés.
Dans cette course à l’électeur, les équipes sortantes ont une longueur d’avance. Elles connaissent les dossiers, elles ont pu rencontrer les citoyens pendant 6 ans, elles ont montré leurs actions à travers les magazines municipaux. Le principal risque pour elles réside dans les chantiers démarrés mais non terminés : le citoyen ne voit que les inconvénients (les chantiers) et peut avoir des doutes sur les avantages attendus. Et les opposants peuvent agiter telle ou telle crainte.
Les listes menées par des conseillers municipaux sortants ont pour elles d’avoir eu pendant 6 ans l’occasion de découvrir les dossiers er d’affiner leurs arguments. Elles ont généralement pris les moyens (plus ou moins bien selon le cas) d’informer sur leurs actions tout au long de ces six ans. Et elles ont déjà une liste de sympathisants ou d’abonnés.
La situation est bien sûr beaucoup plus compliquée pour les listes ne comprenant aucun élu sortant. Il leur faut à la fois approfondir les dossiers et se faire connaître.
Toutes les listes ont avant tout besoin de se faire connaître et apprécier des électeurs. Pour cela, elles utilisent après l’été divers moyens : réseaux sociaux et site en ligne, tractage et réunions publiques. Le but est bien sûr de parler à l’électeur mais aussi de l’écouter : pour entendre ses attentes, identifier les éléments de discours qui ont le plus d’impact. Et parce que l’on convainc mieux son interlocuteur en l’écoutant (ce n’est manifestement pas une évidence pour tous les militants). La campagne est aussi l’occasion de « recruter » des militants qui, pour certains, pourront compléter la liste.
La plupart des têtes de liste ont compris que les citoyens doivent pouvoir s’exprimer lors des réunions. On va jusqu’à affirmer que le programme est coconstruit avec lui. Pas facile, car les citoyens ne connaissent pas forcément les dossiers et qu’ils réagissent spontanément en consommateur plutôt qu’en responsable potentiel.
Pour l’observateur que je suis, l’objectif est d’abord d’identifier les différentes listes et de comprendre ce qui se passe. Je fais donc comme les candidats : je fréquente les marchés et les réunions publiques ! Récit.
Forum des associations à Bourg-la-Reine et Fontenay-aux-Roses
La Gazette ayant un stand au forum de Bourg-la-Reine le samedi 6 septembre, il nous est impossible d’aller faire un tour au forum de Châtenay-Malabry ou à la fête du sport de Sceaux. Sur place, l’événement vient à nous puisque nous voyons successivement deux groupes parcourir le forum pour expliquer qu’ils présentent une liste aux prochaines municipales. Le premier n’est pas une surprise puisqu’il entoure Cécile Andrieux, dont j’ai compris depuis le conseil municipal du 12 février qu’elle conduirait une liste. Le second est plus inattendu. Il est formé autour d’Angélique Khaled, dont je comprends plus tard qu’elle a été première adjointe au maire entre 2018 et 2020.
Le lendemain, dimanche, je passe au Forum de Fontenay-aux-Roses. Je croise notamment Gilles Mergy et Léa-Iris Poggi qui semblent tout prêts de présenter le collectif nombreux (suffisamment pour constituer une liste) qui les soutient. Ils discutent avec Yves-André Gagnard à qui certains prêtent l’intention de constituer une liste, mais qui reste ce jour-là évasif sur le sujet. Il ressort de cette discussion, qu’aux 3 listes déjà connues (avec Gilles Mergy, Pauline Le Fur et la majorité sortante) pourraient s’en ajouter trois autres : une avec Michel Faye, une pour LFI, et une à droite contre le maire sortant, le nom de Philippe Ribatto, dont la liste avait fusionné avec celle de Laurent Vastel en 2014, étant évoqué.
Conclusion personnelle : les choses ne sont pas mures ! Et il faut encore attendre avant d’en parler sur la Gazette. A défaut de pouvoir donner des informations fiables sur les listes en présence, la Gazette publie le 16 octobre un article sur les règles régissant les élections municipales. Il sera suivi le 13 octobre par un article sur le contexte national, dont j’estime qu’il sera marqué par de nombreuses victoires RN dans des villes moyennes et par une tactique de LFI défavorable à la gauche démocratique.
Sur les marchés
A partir d’octobre-novembre, on peut rencontrer des candidats sur les marchés. Je passe donc des samedis matin sur ceux de Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses et Sceaux. Cela permet de recueillir les premiers tracts des candidats et de faire connaissance avec les listes déjà actives.
Bourg-la-Reine
C’est ainsi que j’ai rencontré Angélique Khaled, une femme chaleureuse et ayant une longue expérience politique. Après ses années à Science Po, elle participe à la majorité municipale en 2008 et 2014. Patrick Donath en fait sa première adjointe en 2018. En 2020, des raisons professionnelles (un nouveau poste important) lui font renoncer à être sur la liste. Elle souhaite revenir en 2026 et rencontre Patrick Donath a cet effet, sans que la réunion débouche sur un accord. Elle décide donc de lancer sa propre liste et réunit un collectif. Sur le plan politique, elle déclare avoir été chiraquienne dans sa jeunesse mais ne plus être encartée. Sa liste ne se constitue pas sur des critères d’appartenance politique.
A ce moment-là, je ne sais pas qui est tête de liste pour la liste de gauche. Je rencontrerai plus tard Christophe Bonazzi qui me confirme qu’il conduit une nouvelle fois cette liste.
Plusieurs semaines plus tard, en arrivant sur le marché, j’apprends qu’une liste s’est constituée, qui m’est présentée comme d’extrême-droite. Ce matin-là, Cécile Andrieux est à l’entrée de la rue piétonne côté place Condorcet, Christian Bonazzi et Angélique Khaled à l’entrée du marché, toujours côté place Condorcet, et le leader de la nouvelle liste, David Burel également. Ils se tiennent à quelques mètres les uns des autres. J’en profite pour discuter un peu avec chacun des quatre !
Après avoir avancé qu’il n’avait pas d’étiquette politique, David Burel m’explique que le maire est allié aux « macronistes » et que lui représente « la vraie droite ». Une expression classique chez Reconquête.
Sceaux
A Sceaux, c’est dans la rue piétonne de la rue Houdan que les militants tractent. Comme attendu, on croise les partisans de Liliane Wietzerbin(gauche) et de Flavien Poupinel (Voix des scéens), mais pas du maire. Des courants qu’on connaît ici depuis 30 ans, peu de surprise à attendre. L’idée qu’il n’y aura pas de liste Renaissance, contrairement à 2020, se confirme. Il y aurait même des militants Renaissance sur la liste du maire ainsi que d’autres anciens de la liste de 2020.
J’en sais suffisamment le 1er décembre pour publier un article sur la situation scéenne.
Fontenay-aux-Roses
Je vais à Fontenay pour rencontrer les candidats et pour savoir quelles seront les listes en présence. La liste Michel Faye se confirme rapidement, l’idée d’une liste de droite contre le maire reste à l’état de rumeur et celle d’une liste LFI confirmée en décembre par un tract.
Réunion publique avec Michel Faye
Le 13 novembre 2025, l’Union Associative Fontenaisienne, animée par Miche Faye, organise une réunion publique au titre assez clair : Géothermie à Fontenay Une fausse bonne idée? Tous concernés.
C’est le sujet qui m’amène à y aller. Depuis un premier article le 28 octobre 2022, nous avons consacré 5 articles au projet de géothermie commun aux villes de Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses et Sceaux. A cause de son importance financière et parce qu’il est intercommunal. J’ai aussi consacré deux articles à un projet semblable à Châtenay-Malabry, le dernier deux semaines plus tôt. Enfin, je viens de publier un article à partir d’une rencontre avec la directrice de GéoSud92. Mais la réunion était également organisée par la liste associative, écologique citoyenne du même Michel Faye, c’est aussi un thème de compagne.
J’ai déjà suivi une réunion animée par Michel Faye, à propos du PLUI . J’avais alors trouvé un orateur très bon connaisseur du sujet, très pédagogue (c’est un ancien prof), mais avançant des arguments surprenants (pour ne pas dire illogiques).
Le titre disait assez l’opinion de l’intervenant, mais j’étais curieux de connaître ses arguments. Mon intention était d’intervenir sur un seul sujet : le bruit lors du forage des puits. En incitant les participants à aller voir à Châtenay pour se faire une opinion basée sur la réalité.
Mais je n’ai pas pu m’empêcher de réagir. J’avais publié deux articles sur la géothermie dans les deux semaines précédentes, se rajoutant aux précédents. Je connaissais les grandes lignes d’un projet de géothermie en général et de celui de Fontenay en particulier. J’ai écrit un article rendant compte de la réunion quelques jours plus tard. Je n’étais pas vraiment tendre pour l’orateur. Ce dernier a réagi longuement en commentaire et je lui ai répondu. Il explique qu’il utilise des données issues de sources officielles. Le problème est que ce sont ses raisonnements qui sont faux. Il m’a fait penser à un livre récemment paru : Pourquoi les intellectuels se trompent (parce qu’ils sont aveuglés par leur idéologie et qu’ils sont tellement intelligents qu’ils arrivent à justifier n’importe quoi).
Réunion publique avec Brice Gaillard
Je demande à un ami où aller à Châtenay-Malabry pour découvrir les listes et il m’envoie le lien du site de la liste du CCC (Collectif Citoyen Châtenaisien) pour y trouver les dates de réunion. C’est ainsi que je me retrouve le 19 novembre à l’école Voltaire à Châtenay.
La réunion est parfaitement animée par une jeune femme, laissant la possibilité à Brice Gaillard d’intervenir brièvement au début et à la fin. Que le rôle de Monsieur Loyal ne soit pas tenu par la tête de liste est une bonne méthode, qui sera utilisée dans la plupart des réunions auxquelles j’assiste. Le but affiché est toujours de favoriser l’expression des participants. Un objectif d’autant plus important pour une liste « citoyenne » qui souhaite que les citoyens aient un rôle actif dans la gestion de la cité.
Une chose me frappe : l’expression des participants se fait dans une logique de consommateur (et ce n’est pas du fait de l’animation). Un exemple : un participant explique que, récemment arrivé dans la ville, il s’est trouvé devant la nécessité de trouver une nounou. La mairie lui a fourni une liste des nourrices agréés, avec leurs coordonnées, ce qui lui a semblé très insuffisant (j’ai compris qu’il attendait une information plus complète). Mais une mairie ne peut évidemment publier des jugements sur les nourrices. Dit autrement, alors que l’on attend des participants qu’ils se mettent dans une logique collective (comment gérer la ville au mieux pour les citoyens) ils restent pour la plupart dans une logique individuelle de consommateur. Je retrouverai cette caractéristique dans d’autres réunions, mais c’est ce jour-là qu’elle me frappe le plus. Je trouve par ailleurs Brice Gaillard très professionnel.
La situation à Châtenay-Malabry apparaît simple : deux listes en présence. Je publie le 15 décembre un article sur la situation à Châtenay-Malabry.
Réunions publiques : Pauline Le Fur et Laurent Vastel
Les 9 et 10 décembre, j’enchaine deux réunions à Fontenay-aux-Roses, la première avec Pauline le Fur, la suivante avec Laurent Vastel. Dans les deux cas, la seconde partie de la réunion est consacrée à des tables rondes (je n’assiste qu’aux tables rondes de la première réunion). La réunion de Pauline Le Fur donne notamment la parole à une adjointe de la ville voisine de Châtillon (voir le compte rendu dans les Nouvelles de Fontenay). Celle de Laurent Vastel insiste pour chaque thème abordé sur le bilan et la suite des actions envisagées en cas de victoire. Dans les deux cas, de bonnes affluences et des réunions bien animées.
Réunion publique avec Angélique Khaled
Le 15 décembre, la liste Bourg-la-Reine Autrement organise une réunion publique aux Colonnes. Cette fois-ci la réunion commence par des tables rondes, après une courte introduction d’Angélique Khaled.
Mais au moment de démarrer, un participant intervient (et insiste) pour demander pourquoi ces thèmes et pas un choix de ceux-là par le groupe, et ce qui sera fait de la production des groupes. On pense d’abord à un troll venu perturber la réunion, mais il est sérieux et veut participer. Angélique Khaled arrive à surmonter l’obstacle.
En réalité, la question est plus pertinente qu’il n’y parait. Dans les démarches participatives en entreprise que j’ai eu l’occasion de mener professionnellement, il est fondamental d’expliquer comment les thèmes et les participants sont choisis, comment les propositions sont sélectionnées, qui décide à la fin.
C’est beaucoup plus difficile dans une campagne électorale municipale. D’abord parce que l’ensemble de la liste n’est pas connu au démarrage du processus : c’est celui-ci qui va permettre de trouver une partie de ceux qui feront ensuite partie de la liste. C’est d’autant plus vrai dans le cas de listes nouvelles comme celle d’Angélique Khaled. Ensuite parce que la construction d’un programme n’est pas le résultat d’un sondage : les initiateurs de la liste ont une connaissance des dossiers généralement supérieure à celle du citoyen moyen, et ils font leurs choix en fonction de l’orientation générale qui les a réunis.
Je m’installe à une table et j’écoute les propositions des participants. Ils abordent le thème de la vie associative, mais en débordent également. Ce qui me frappe progressivement, c’est d’une part l’absence de diagnostic préalable de la situation (par exemple personne ne connaît, même approximativement, le nombre d’associations existantes à Bourg-la-Reine, y compris l’animateur de la table) d’autre part le fait qu’une partie des propositions sont en fait déjà mises en œuvre dans la ville. Par exemple, un participant regrette de manquer d’information sur la rénovation énergétique. Il ignore manifestement qu’un forum sur le sujet a eu lieu environ un mois plus tôt dans la ville. Situation naturelle à partir du moment où l’on travaille avec des citoyens simplement venus apporter leur bonne volonté.
Il ne faudrait pas croire que les remarques faites ici à propos de telle ou telle réunion sont liées au candidat concerné. En réalité, tous les candidats sont peu ou prou confrontés aux mêmes contraintes. Les réunions publiques sont un des moyens probablement incontournables pour faire connaître leur liste et leurs propositions. Et la participation du public reste le moyen le plus sûr pour obtenir une implication des présents.
Les maires
Il faut noter que jusqu’à la fin de l’année, Laurent Vastel est le seul maire à s’être investi dans la campagne : les autres attendent. Comme indiqué au début de cet article, ils ont eu 6 ans pour se faire connaître et exposer leurs actions. Ils partent favoris, ils ont probablement intérêt à plutôt montrer qu’ils continuent à agir.
A suivre
Déjà paru sur la campagne :
Règles pour les élections municipales de 2026
Municipales 2026 : contexte politique


La fameuse école Verlaine à Châtenay ! Haha ! C’est l’école Voltaire plutôt…
La personne dont vous parlez n’a jamais dit qu’elle attendait un positionnement de la mairie sur les assistantes maternelles mais des indications sur leur disponibilité, sur la possibilité d’accueillir un nouvel enfant ou pas.
Contrairement à ce que vous affirmez, les échanges sont certes partis de situation individuelle pour finir sur des propositions collectives. En l’occurrence, sur les assistantes maternelles, les participants ont atterri sur un système en ligne, ce qui est tout à fait faisable à Châtenay-Malabry via la plate-forme E-Châtenay.
Il a aussi été question des trottoirs trop étroits rendant l’accessibilité difficile voire incompatible pour les fauteuils roulants et les poussettes, mais aussi du manque cruel de lieu de rencontres associatives, et plein d’autres sujets encore.
C’est à se demander si vous étiez réellement présent dans la salle…
Merci d’avoir signalé l’erreur sur le nom de l’école. J’ai rectifié
Et de confirmer que l’attente de l’intervenant était plus d’informations de la part de la mairie.
Comme indiqué dans l’article, j’ai pris cet exemple comme révélateur pour moi du positionnement « consommateur » de certains participants lors des réunions publiques, celle-ci ou d’autres, animées par d’autres listes. Il n’était pas question de faire un compte rendu exhaustif de la réunion.