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Avec le proviseur de Marie-Curie

Avec près de 2000 élèves, au collège ou au lycée, située en face de la mairie, la cité scolaire Marie-Curie est connue de tous les Scéens. Les journées du patrimoine sont l’occasion de visiter un établissement construit dans le style Art déco et ouvert en 1936 et inscrit à l’inventaire supplémentaire des bâtiments historiques. La Gazette a voulu en savoir plus sur ce qui s’y vit. Le proviseur, Étienne Recoing, a accepté de nous rencontrer.

Un établissement d’excellence

Cette année encore, avec 311 reçus sur 314 candidats au bac, le lycée confirme son excellente réputation. On sait cependant que les classements des établissements se font aujourd’hui, non pas sur leurs résultats, mais sur leur « valeur ajoutée » qui s’appuie sur le principe : avoir au départ de très bons élèves et les mener au bac, c’est bien, mais faire progresser tous les élèves, c’est encore mieux. Pour le proviseur, l’enjeu n’est pas d’être un établissement d’élite (réservé à une élite), mais un établissement d’excellence, attaché à faire réussir tous les élèves.

Au-delà du travail mené chaque jour par le corps enseignant, l’établissement a mis en place des actions spécifiques pour deux types d’élèves : ceux qu’on appelle « dys » (pour dyslexique, dysorthographique, etc.) et ceux tentés de décrocher. Le principe est d’agir suffisamment tôt pour qu’une difficulté ne s’aggrave pas.

Lorsque l’établissement est informé de la difficulté de type « dys » d’un élève, difficulté confirmée et décrite par le diagnostic d’un spécialiste (par exemple un orthophoniste), le dossier est validé par le médecin scolaire et les professeurs sont invités à examiner comment cette difficulté se traduit dans le comportement de l’élève. Des aménagements sont définis au cas par cas : ici un temps plus important pour les évaluations, là la mise à disposition d’un ordinateur, là encore une attention particulière pour l’explication des consignes, etc.

Pour les décrocheurs potentiels, la Cité scolaire met en œuvre une pratique définie nationalement avec le groupe de prévention du décrochage scolaire (GPDS). Celui-ci rassemble le personnel de direction (les CPE), celui de santé (il y a normalement deux infirmières à Marie-Curie), la psychologue de l’Education nationale avec une réunion toutes les six semaines. Les CPE préviennent le groupe en cas d’absences et de problèmes d’assiduité. Les causes peuvent être diverses : difficultés personnes ou familiales, difficulté à investir sa scolarité…. Si besoin, les parents sont rencontrés. Un suivi hebdomadaire avec l’élève peut être mis en place (cela marche avec certains, pas tous).

Les particularités de la Cité scolaire

La terminologie « Cité scolaire » s’explique parce que Marie-Curie comprend à la fois un collège et un lycée. Le proviseur considère que c’est un avantage. S’il y a bien deux organisations, avec pour chacune un proviseur adjoint et un CPE, la coexistence va plus loin : il n’y a qu’une salle des professeurs, et certains (en EPS, Histoire- géographie ou français) enseignent dans les deux structures.

Affecter près de 2000 heures d’emploi du temps avec 60 salles de cours banalisées est un travail considérable pour les responsables qui y passent un temps certain avant la rentrée. Sans pouvoir éviter de prévoir parfois des cours le mercredi après-midi !

Marie-Curie est un établissement très demandé. La règle d’affectation est le domicile (la partie ouest de Sceaux et Fontenay-aux-Roses pour le lycée) et seule la direction académique peut accorder des dérogations.

L’impact de la Covid

Comme dans les autres établissements, les élèves de Marie-Curie ont connu le long confinement du printemps 2020, puis les classes en demi-jauge pour les lycéens dans la deuxième partie de la dernière année scolaire. Certains élèves ont renforcé leur capacité d’autonomie à cette occasion, d’autres ont eu au contraire des difficultés. Au point que certains se sont vu proposer des cours en présentiel à 100 %, avec les limites que pouvait comporter cette solution (les professeurs faisant généralement deux fois le même cours). Il a fallu suivre un protocole strict, notamment au self. Heureusement, les parents ont joué le jeu, en évitant d’envoyer leur enfant atteint par la Covid, l’établissement faisant le maximum pour assurer la continuité pédagogique.

Quel impact aura eu ce long épisode particulier sur cette génération d’élèves ? On ne peut pas le dire aujourd’hui. La rentrée de septembre a montré que le retour à un fonctionnement normal n’était pas forcément simple pour certains élèves ayant pris goût à la liberté apportée par la demi-jauge. L’équipe de direction y a été attentive et au bout de deux mois tout semble rentrer dans l’ordre. Nous saurons avec le temps comment la Covid aura marqué cette génération.

Soulignons que si le virus circule encore, une grande partie des élèves est vaccinée (plus de 75 % des 12/17 ans au niveau national). En deux mois, l’établissement n’a connu que 5 élèves atteints au collège et autant au lycée.

L’impact de la réforme du lycée

Pour ceux qui ont connu le système des filières L, ES et S (voire A, B, C et D), la réforme du lycée représente un bouleversement dans l’inconnu. Pour les directions d’établissement, la réforme est d’abord un gros défi organisationnel. Chaque élève de première peut en effet choisir 3 spécialités parmi 9 possibles (il en gardera deux en terminale). Les classes (10 par niveau à Marie-Curie) sont organisées autour d’un tronc commun (les autres matières). Les cours de spécialité s’organisent avec des groupes transverses à ces classes. On imagine le casse-tête que cela représente à organiser. On comprend aussi que plus il y a d’élèves, plus il y a de demandes de combinaisons différentes. Cette année, le lycée Marie-Curie a réussi à permettre 52 combinaisons différentes !

Cela complique aussi le fonctionnement des conseils de classe : on ne peut faire intervenir tous les enseignants de spécialités à tous les conseils de classe ! Ceux-ci se mènent donc autour des professeurs du tronc commun.

Le proviseur pointe un avantage du système : le choix des spécialités est un vrai choix pour les élèves, les enseignants se retrouvent avec des groupes plus motivés et de meilleur niveau.

Aujourd’hui l’inquiétude des parents ne porte plus sur le baccalauréat, mais sur l’accès aux études supérieures avec Parcours Sup. Cet été, aucun élève de Marie-Curie ne s’est retrouvé sans solution.

Le temps d’entretien que nous a accordé le proviseur ne permettait pas d’évoquer les très nombreuses propositions faites à l’ensemble des élèves (éco-délégués, atelier d’écriture, concours de poésie…), mais on en trouvera des échos sur le site de l’établissement.

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