Le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) du Bassin de la Bièvre, élaboré en 2017 est à renouveler, pour tenir compte des réalisations depuis 10 ans et des conséquences du réchauffement climatique. Les élus locaux ayant un rôle majeur dans ce renouvellement, un dispositif de « classe d’eau » a été lancé le 22 septembre 2026 à Fresnes, en présence d’environ 60 élus de 28 des communes du bassin. Il prévoit 8 étapes d’apprentissage et de construction jusqu’en juin 2027.
Des enjeux importants
La Bièvre est une rivière non domaniale : la responsabilité de son entretien appartient aux propriétaires riverains qui délèguent cet entretien en le finançant. Ce patrimoine a été progressivement dégradé, il s’agit maintenant de le restaurer, de le valoriser, de renforcer son attrait.
Le changement climatique se traduit en Ile de France par une réduction des précipitations en été (-13%, sur un total annuel conservé), par une augmentation de 10% des précipitations quotidiennes intenses. Comment s’adapter à ces évolutions, notamment pour faire face à des épisodes de forte pluviométrie ou de sécheresse ?
Sur le bassin de la Bièvre, les zones humides ne représentent que 1% du territoire, contre 5% en moyenne et 15 à 20% pour un ruisseau en bon état. Or ce sont d’importantes réserves de biodiversité.
Les eaux pluviales partent en grande partie directement dans la rivière alors qu’il est préférable et possible dans presque tous les cas de les laisser s’infiltrer dans la terre. La qualité de l’eau est moyenne dans la partie amont et mauvaise dans la partie aval.
Un nouvel enjeu a été introduit nationalement : il s’agit de diminuer les prélèvements d’eau (sobriété), avec un objectif de baisse de 10% d’ici 2030 sur l’ensemble du bassin Seine Normandie. C’est aussi un moyen de s’adapter à des épisodes de sécheresse.
Le dispositif « Classe d’eau »
Depuis 1987, l’agence de bassin Seine Normandie utilise un dispositif pédagogique appelé classe d’eau pour permettre à différents publics, scolaires ou professionnels, un parcours d’apprentissage sur l’eau se terminant par une production finale. C’est un dispositif semblable qui a été lancé pour les élus du bassin, en vue d’élaborer le SAGE. Une première classe d’eau avait déjà été mise en œuvre en 2020.
La réunion du 22 septembre était donc la réunion de lancement de cette deuxième classe d’eau. De nouvelles réunions seront proposées autour de 8 thématiques, à raison d’une thématique par mois. Les élus peuvent choisir les réunions auxquelles ils participent, en présentiel, pour des visites de terrain ou en visio.
Les 8 thèmes retenus sont : le patrimoine, la gouvernance, le changement climatique, les zones humides, la gestion des eaux pluviales, la sobriété, la biodiversité et les trames vertes ou bleues, le ruissellement et les inondations.
La Bièvre et son bassin
La Bièvre prend sa source à Guyancourt et se jetait initialement dans la Seine près du pont d’Austerlitz, après un parcours de 36 kilomètres (pour un bassin de 395 km²). Elle rejoint aujourd’hui directement le réseau d’égouts parisien. On peut distinguer deux parties : la partie amont, où la rivière coule d’ouest en est, au milieu de zones à dominante rurale, et la partie aval, à partir d’Antony, où la rivière coule vers le nord, dans une zone très urbanisée. La rivière a normalement un débit faible (0,2m3/s) mais ce débit peut être multiplié par un coefficient 100 en cas de violent orage.
Dénaturation et renaturation
Les premiers travaux de régulation de la Bièvre dateraient du 7e siècle puis la rivière a connu, dès le moyen âge, des travaux de drainage. Vint ensuite l’installation progressive d’activités artisanales et industrielles (industries de la toile, manufacture des Gobelins, blanchisserie) entrainant des pollutions importantes. La rivière va donc progressivement être canalisée puis cachée, de 1850 à 1950 environ.
Depuis 1990 environ, un mouvement inverse a été lancé, avec l’objectif de renaturer la rivière. Les travaux réalisés sur la partie aval et à Antony ont rendu à une partie de la rivière son caractère naturel.
La tâche est lourde et complexe : les dernières années ont permis de renaturer 1,7 km de rivière (en plusieurs tronçons), ce qui correspond à un rythme de 1% de la longueur totale chaque année.
Gouvernance et schémas d’aménagement
De nombreux acteurs sont concernés par la gestion et l’aménagement du bassin. D’abord l’Agence de l’eau Seine Normandie, qui a la compétence technique et la vue globale sur l’ensemble du bassin de la Seine. Elle agit pour une gestion durable des ressources en eau et des milieux aquatiques en mettant en mouvement les territoires grâce à des financement incitatifs et à son expertise. Cette gestion s’inscrit dans un schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).
La Métropole du Grand Paris est l’échelon territorial qui a la responsabilité de la ressource eau pour Paris et les communes des Hauts de Seine et du Val de Marne, donc l’aval de la Bièvre. Les communes concernées en amont se trouvent dans les départements des Yvelines et de l’Essonne.
Le SDAGE se décline pour le bassin de la Bièvre dans un outil de planification local, le SAGE (schéma d’aménagement et de gestion de l’eau). Le SAGE est défini par une structure de concertation, la commission locale de l’eau (CLE). Celle-ci est composée de 56 membres répartis en 3 collèges : élus locaux (50%), usagers (25%) et services de l’Etat (25%). Depuis octobre 2020, la CLE est présidée par Anne Pelletier-Le Barbier, Maire de Bièvres. Anne Sauvey, adjointe au maire de Bourg-la-Reine, Léa-Iris Poggi, adjointe au maire de Fontenay-aux-Roses et Florence Presson, adjointe au maire de Sceaux sont membres de cette commission.
Pour réaliser les études nécessaires à l’élaboration du SAGE, la CLE s’appuie sur le Syndicat Mixte du Bassin Versant de la Bièvre (SMBVB), une structure intercommunale qui assure le soutien administratif, technique et financier. Le SMBVB est présidé par Pascal Lesselingue, adjoint au maire de l’Hay-les-Roses et a disposé en 2025 de 5 Equivalents Temps Plein, dont 4 ingénieurs-animateurs.

