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Hommage à Louis Denis-Valvérane

La Bibliothèque de Sceaux accueille jusqu’au 17 juin une exposition sur Louis Denis-Valvérane qui fut peintre et grand illustrateur de bande dessinée du début du XXe siècle. Une visite est proposée samedi 13 juin à 14h30, dans le cadre des Fêtes méridionales de Sceaux.

Un héritage provençal à l’honneur

À Manosque, cité provençale, nul n’a oublié son illustre aïeul : l’illustrateur et peintre Louis Denis Valvérane. Une imposante plaque patrimoniale rappelle son engagement au sein du mouvement régionaliste La renaissance provençale, fondé et dirigé par Frédéric Mistral.

Et au cœur de Sceaux, à l’ombre de l’église Saint-Jean-Baptiste, les habitants aiment s’installer par beau temps à la terrasse d’un café au nom singulier : Les Félibres.

Le Félibrige fut ce mouvement provençal fondé par Frédéric Mistral ayant pour vocation de défendre la culture occitane, sa langue et ses traditions. Les Félibres désignent donc toutes celles et tous ceux qui se réclament de cette culture et la font vivre.

Le lien était donc tout trouvé pour que la municipalité rendre hommage à l’illustrateur en lui consacrant, dans le cadre des Fêtes méridionales, une exposition, afin de faire découvrir au public, son travail autour de ses planches de bande dessinée.

Né à Manosque en 1870, Louis Denis Valvérane (de son vrai nom : Louis Joseph Marie DENIS) grandit dans une Provence baignée de soleil pour laquelle il gardera un attachement profond.

Il écrit : « J’avais toujours entendu les fermiers et les serviteurs de mes grands-parents parler uniquement le provençal entre eux et avec leurs maitres. Ils n’employaient le français, un français des plus pittoresques qu’avec les étrangers. »

L’apprentissage parisien

A la suite d’une promotion de son père, le jeune homme monte à la capitale pour y faire ses études. C’est là qu’il fréquente la société des Félibres parisiens où il fait la connaissance d’Alphonse Daudet et de Charles Maurras.

En 1889 qu’il y rencontre pour la première fois, Frédéric Mistral pour lequel il conservera, le reste de sa vie, un attachement affectif profond- en 1936, il publiera Lou Maianen, livre de souvenirs consacré au poète provençal et à l’univers félibréen.

Ses études terminées, Louis Denis rejoint l’atelier de Jean-Paul Laurens – grande figure de la peinture dite « historique » – avec lequel il débutera sa formation artistique. Il y fait ses classes. Il aborde avec la même facilité, l’huile, l’aquarelle, le dessin, la sculpture et la gravure. Ses multiples talents font de lui, un artiste recherché : il illustrera Baudelaire.

Parallèlement à la peinture de salon, le jeune Louis-Denis investit un autre territoire en pleine expansion : la presse illustrée.

C’est l’époque où les articles, des plus célèbres journaux, sont accompagnés d’illustrations qui détaillent un fait divers, caricature un homme politique, nourrissent une presse à sensation dans laquelle chaque image doit illustrer, raconter, suggérer, retenir l’attention du lecteur.

Et ce sont dans des revues populaires comme Le Bon Vivant, que notre illustrateur développera son art du récit. Un récit visuel, vivant, presque cinématographique.

Ce double ancrage, entre culture académique et culture populaire, va lui permettre d’évoluer entre deux univers apparemment opposés : les Salons officiels, attachés au classicisme d’une peinture bourgeoise, et celui de l’image du quotidien.

Modernité discrète

Revisiter l’œuvre de Denis-Valvérane aujourd’hui, c’est découvrir ses graphismes animés où les corps circulent, où les espaces s’ouvrent et où les scènes se déploient naturellement.

Sa modernité s’exprime sans effets de manche, à travers des détails, des fragments, le rythme de ses personnages et une impression permanente de mouvement. Ni totalement académique, ni pleinement moderniste, Denis-Valvérane occupe une zone intermédiaire particulière que la bibliothèque, 7 rue Honoré de Balzac à Sceaux, vous propose de découvrir le samedi 13 juin à 14 h 30.

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