Christophe Bonazzi se présente à Bourg-la-Reine comme en 2020, pour une ville écologique, solidaire et démocratique. Pour lui et ses colistiers, la transition écologique doit aller de pair avec la justice sociale et la démocratie locale.
La Gazette : pouvez-vous vous présenter ainsi que votre liste ?
Je suis ingénieur agronome, chef d’entreprise et conseiller municipal sortant, et j’étais déjà tête de la liste La ville en partage en 2020. La liste de 2020 a été renouvelée à plus d’un tiers, nous voulons être ouverts à de nouveaux profils. Elle est soutenue par les écologistes, le PS et le PC. Celle-ci comprend à peu près à égalité des citoyens non partisans et des militants actifs de ces partis.
Diagnostic
La Gazette : quel est votre bilan du mandat qui se termine et de la situation de la ville ?
Lors des séances de conseil municipal, nous défendons nos priorités : écologie, démocratie, solidarité et jouons notre rôle d’opposition politique, dans un contexte où il n’y a pas ou peu de débat, et où nous sommes de toute façon minoritaires. Mais parfois nous sommes écoutés, par exemple pour la création du budget participatif ou sur un projet beaucoup plus controversé : la destruction / reconstruction de l’école Faïencerie. Nous nous sommes immédiatement opposés aux cours de récréation initialement prévues sur le toit. Puis le personnel enseignant, la direction et les parents d’élèves unanimes ont eu cette exigence, nous avons fini par être entendus, sur cet aspect ponctuel d’un projet qui reste très contestable.
C’est ce que nous apportons, en portant la voix des habitants, ou parfois tout simplement, en ayant un regard critique et en posant des questions.
Autres exemples : il existe une petite cour située entre un immeuble social et l’Institut Notre-Dame (IND, école privée de Bourg-la-Reine). La mairie voulait vendre cet espace à l’IND pour en faire un coin pause-fumoir pour son personnel, sans avoir demandé l’avis des riverains. Nous avons accompagné les riverains dans leur démarche face à la mairie et le projet a été bloqué. L’IND qui n’avait d’ailleurs pas la devise de la République Liberté-Égalité-Fraternité, obligatoire sur le fronton de tous les établissements scolaires. A force de le signaler, j’ai fini par l’obtenir. Ici ce n’est pas l’IND qui est en cause, mais l’absence de dialogue avec les habitants. Nous avons aussi agi et fait avancer les sujets d’égalité F/H et de prévention des violences intra familiales, les aides sociales, …
Parmi nos points de désaccord sur l’écologie, il y a notamment une absence totale de sobriété du maire, qui se vante – comme si c’était une fin en soi – d’avoir le plus bâti et utilisé d’argent public …
Mais la ville ne respecte pas le taux légal de logements sociaux …
Et le maire actuel n’a aucun projet pour une meilleure mixité dans la ville, aucun projet pour les jeunes et son budget social est ridiculement faible.
Les crises (sociales, économiques et écologiques) n’épargnent pas Bourg-la-Reine, qui compte plus de 8 % de sa population, en dessous du seuil de pauvreté. Mais P. Donath vend son bilan et laisse entendre que « tout va bien dans le meilleur des mondes », « dormez tranquilles bonnes gens ». Le bilan n’est que l’usage de fonds qui sont à la disposition de la mairie. Un bilan ne se juge pas « au poids » mais aux priorités définies et aux personnes dont la vie s’est améliorée.
On ne parle pas des vrais problèmes. Pourtant ils sont là. Il faut les identifier et les affronter. La population est adulte, consciente, intelligente, généreuse et créative… si on l’écoute.
Programme
La Gazette : que proposez-vous aux Réginaburgiens ?
Quatre ateliers ont été mis en place au premier semestre 2025 pour rédiger de façon collaborative le programme, avec les citoyens et les citoyennes qui le souhaitaient. Nous sommes la seule liste qui affiche clairement ses priorités en matière sociale, écologique et démocratique.
Le programme s’articule en 6 thèmes, avec un exemple parmi les propositions du thème :
- Une ville écologique et agréable à vivre : adapter la ville, et les équipements publics, aux changements climatiques et favoriser la biodiversité (de façon scientifiquement solide) réduire les impacts environnementaux de la ville, y compris par ses achats
- Un urbanisme maîtrisé et des mobilités pour tous : atteindre un taux de logement sociaux conforme à la loi
- Une ville qui accompagne : faire et ouvrir une maison des associations et des initiatives citoyennes.
- Une ville solidaire et inclusive : mettre en place un centre municipal de santé. Une programmation culturelle ouverte à tous les publics.
- Une ville sûre et tranquille : développer une culture de la prévention, avec une police municipale de proximité dans tous les quartiers, en coopération avec la police nationale
- Une démocratie locale vivante et responsable : Un conseil municipal où vive le débat, des consultations sérieuses avant les projets, qui portent sur les objectifs, les alternatives et leurs coûts, et non sur des programmes prédéfinis. L’ensemble du programme peut être consulté sur notre site.
Points particuliers
La Gazette : L’état général des Finances publiques françaises risque de conduire à une diminution des ressources des municipalités dans un futur proche. Qu’allez-vous faire ?
Nous sommes conscients de ce risque. Si nous augmentons certaines dépenses sur nos priorités, il faudra réduire ailleurs. La sobriété que nous préconisons est bonne pour l’environnement comme pour le budget. Les impôts ne seront pas augmentés.
La Gazette :Le PCAET de VSGP a prévu de nombreuses mesures, mais sa réalisation dépend en grande partie des municipalités. Dans le domaine des émissions de gaz à effet de serre (GES), la priorité pour une municipalité est de diminuer ses propres émissions, par exemple en améliorant l’isolation des bâtiments publics. Que veut faire la Ville en Partage ?
Nous voulons que tous les bâtiments gagnent en performance énergétique, les bâtiments publics et les logements. Une action d’isolation des logements a déjà été menée par Sceaux Bourg-la-Reine Habitat. Il n’y a malheureusement pas de transparence sur le bilan énergétique de l’opération. Mais nous voulons continuer dans ce sens. Il y a aussi une aide sur les pavillons, mais rien sur les copropriétés où la ville ou le Territoire pourrait accompagner les décisions collectives en fléchant des compétences et en identifiant des cas de réussites. Notons qu’en matière d’environnement, le PCAET passe à côté de sujets comme l’eau, la biodiversité, les déchets ou l’alimentation…
La Gazette : Les conseillers territoriaux (pour VSGP) sont élus en même temps que les conseillers municipaux. Quel avenir pour VSGP et quel partenariat de la ville avec cette intercommunalité ?
VSGP est une institution mal née dont le fonctionnement a été détourné. Il y a un pacte entre les maires pour ne pas se gêner mutuellement. Pour la population et la majorité de élus des communes, il y a une opacité totale sur ce qui s’y passe. Nous nous engageons à rendre compte au conseil municipal des actions/décisions de VSGP, ce que le maire actuel ne fait pas.
Exemple, sur le ramassage et le traitement des déchets, on se contente de faire au moins cher. Aucune analyse technique d’impact ou environnementale, aucune transparence. Or, on connaît les difficultés de conditions de travail de cette profession et les difficultés des différentes filières de recyclage. On peut faire beaucoup mieux.
La Gazette : Quelle position pour un éventuel deuxième tour ?
Je pense qu’il y aura un deuxième tour, et nous discuterons avec les autres forces en présence, avec nos exigences en termes de programme et d’engagement, et en respectant celles et ceux qui ont voté pour nous.
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