Les électeurs de Fontenay-aux-Roses devraient avoir le choix entre 5 listes le 15 mars prochain. Un scrutin incertain dans une ville où la gauche était minoritaire aux législatives de 2022 mais majoritaire lors de celles de 2024.
Une histoire compliquée
De 1989 à juin 1994 la ville a été dirigée par Alain Moizan, RPR. Mais la majorité RPR s’est divisée à l’occasion des cantonales de mars 1994. Le 27 mars, le verdict était sans appel : le Parti socialiste gagnait à Fontenay-aux-Roses avec Pascal Buchet son seul siège au sein de l’assemblée départementale avec 60,99 % des suffrages. Dans la foulée, une grande partie des élus de la majorité municipale ont démissionné, provoquant une élection qui a profité au candidat socialiste, Pascal Buchet, qui devient maire et le restera 20 ans. Le nouvel élu a 32 ans, il est médecin néphrologue et se voit promettre un avenir brillant.
En 2001, le maire sortant gagne les élections face à une droite divisée. Il l’emporte dès le premier tour avec près de 56% des voix en 2008, face à une liste RPR qui réunit 27,37%, une liste UDF qui obtient 6,50%, et un nouveau venu, Michel Faye qui se présente comme écologiste et obtient 10,14% des voix et un élu.
Cette élection n’a pas été marquée par un événement qui s’est passé l’année précédente : la directrice de la communication de la ville, Jenny Sauvagnac, s’est défenestrée du haut de son appartement situé au 7e étage le 4 juillet 2007. Le mari de la défunte va accuser le maire de harcèlement moral et celui-ci va perdre ses procès, le 27 juin 2011 au tribunal correctionnel, le 5 avril 2012 en appel et le 8 avril 2014 en cassation.
Première conséquence, alors que le maire est premier secrétaire départemental du PS et tête de liste annoncée du PS pour les sénatoriales de 2011, il renonce à cette candidature le 11 juillet 2011.
Arrivent les élections municipales des 23 et 30 mars 2014, alors que la condamnation a été confirmée en appel mais que le maire s’est pourvu en cassation. Il est investi de nouveau par son parti, une décision qui provoque la démission d’une partie des adhérents. Dominique Lafon, qui fut premier adjoint jusqu’en 2008, lance une liste dissidente.
Le scrutin de 2014
Les électeurs se retrouvent face à 5 listes : une liste d’union de la gauche, dirigée par le maire sortant, la liste divers gauche menée par le socialiste dissident, une liste divers dirigée par Michel Faye, une liste d’union de la droite menée par Laurent Vastel (UDI) et enfin une liste divers droite menée par Philippe Ribatto. Au premier tour, Pascal Buchet est en tête avec 37,63% des voix, devant Laurent Vastel avec 25,12%. Les trois autres listes ont entre 12 et 13% des exprimés. La liste de Laurent Vastel fusionne avec ces trois autres listes et l’emporte au second tour avec 52,91% des suffrages. Entre les deux tours, Pascal Bugnet a gagné 975 voix mais cela n’a pas suffi.
Cinq des nouveaux élus de la majorité viennent de la liste associative menée par Michel Faye. Deux sont adjoints : Suzanne Bourdet et son mari, Michel Faye. Fin 2017, le maire enlève une partie de ses délégations à Michel Faye et un conseil municipal du 24 janvier 2018 acte la rupture des 5 membres de la liste associative avec le reste de la majorité municipale.
Le scrutin de 2020
Malgré la confirmation de sa condamnation par la cour de Cassation en 2014, Pascal Bugnet se représente en 2020. Un des ses anciens adjoint, Gilles Mergy, passé au PRG, dépose une liste où figurent aussi les Verts (voir commentaire ci-dessous). Les électeurs ont le choix entre 6 listes ! Au premier tour, la liste menée par Laurent Vastel recueille 42,77% des suffrages, celle menée par Gilles Mergy 23,67%, celle menée par Pascal Buchet 17,79%, celle menée par Suzanne Bourdet 7,50%. Deux listes n’atteignent pas les 5% : une liste centriste menée par Céline Alvaro(4,40%) et une liste LFI menée par Corine Schäfer-Bénétreau (3,85%).
Entre les deux tours, la liste Mergy et la liste PS fusionnent, sous condition que Pascal Buchet ne figure pas sur la liste fusionnée, où Pauline Le Fur, du PS, figure en deuxième position. Les négociations avec Suzanne Bourdet (et Michel Faye) n’aboutissent pas. Au deuxième tour, Laurent Vastel l’emporte avec 52,89% des voix.
Listes pour 2026
5 tête de listes ont commencé à faire campagne : le maire sortant, Gilles Mergy, Pauline le Fur, Michel Faye et Corine Schäfer-Bénétreau (LFI).
La liste Pauline Le Fur est soutenue par tous les partis de gauche, à l’exception de LFI. De son côté, Gilles Mergy a constitué sa liste dès l’été 2024. On peut supposer que ces deux listes fusionneront au second tour, dans une composition qui dépendra des résultats du premier.
Des rumeurs ont fait état d’une possible 6ème liste constituée par Philippe Ribatto, sans aucune confirmation pour l’instant.
Autres scrutins
Les législatives de 2022 et 2024 donnent une idée du rapport droite-gauche dans la ville. En 2022, Jean-Louis Bourlanges député sortant et connu nationalement l’emporte avec, sur la ville, 57,53% des voix au second tour, contre la candidate socialiste investie par la NUPES. Candidat au premier tour, Laurent Vastel n’a recueilli que 5,93% sur l’ensemble de la circonscription, mais 15,18% sur la ville.
En 2024, Jean-Louis Bourlanges ne se représente pas. La maire de Clamart, Jean-Didier Berger l’emporte au second tour, mais il est battu à Fontenay par le candidat socialiste Lounes Adjroud (adjoint au maire de Châtillon) présenté par le NFP, qui obtient 53,28% sur la ville de Fontenay. Astrid Broebecker, aujourd’hui sur la liste Le Fur, est alors sa candidate suppléante
Aux européennes, c’est la liste menée par Raphaël Glucksmann qui l’emporte sur Fontenay, avec 20,27%, devant les listes Ensemble (17,69%), LFI (16,78%), RN (12,90% et Verts (8,56%)
L’une des inconnues du scrutin, (comme dans beaucoup de grandes villes en France) est le score qu’obtiendra la liste LFI, lui donnant ou non la possibilité de fusionner ou même de se présenter au deuxième tour.
La campagne se fera sur les projets des listes. La Gazette a prévu de consacrer un article à chaque liste, en donnant, avant le premier tour, la parole aux têtes de listes.
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Une petite correction : en 2020, le parti communiste participait à la liste de Pascal Buchet au premier tour. Au second tous, les communistes locaux ont refusé de participer à la liste de fusion dirigée par Gilles Mergy, bien que celle-ci soit soutenue par le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.
Merci. Corrigé.