Cette année, Fontenay-aux-Roses a associé ses journées du patrimoine au bicentenaire de la photographie. Jusqu’au 27 septembre, une exposition se tient à la médiathèque de la ville et son titre en résume son intention. Fontenay-aux-Roses : Au-delà des clichés se propose d’exhumer ce qui n’est plus, mais en situant précisant les lieux, avec la rue et le numéro. Ainsi, chacun peut découvrir comment se sont transformés la ville, les habitats, les habits et les manières de poser devant l’objectif.
L’exposition rassemble des tirages de plaques de verre qui racontent la ville comprise entre 1880 et 1950. Des archives encadrées accrochées aux murs ou posées sur des présentoirs, des appareils photo antiques exposés dans des vitrines, des explications contextualisant les images, voilà le travail minutieux auquel s’est livré David Descatoire l’archiviste de la ville.
Plusieurs histoires
Samedi, pour l’inauguration, il accompagnait la visite. Cicérone, ses commentaires détaillaient l’origine des photos et des archives, invitaient à se poser des questions : que regardaient les photographes ? Que pouvons-nous encore reconnaître plus d’un siècle après, dans ces paysages transformés ?
Ce faisant, David Descatoire rend tangible une histoire urbaine qui a vu la population de la ville tripler entre 1880 et 1950 (aujourd’hui, avec plus de 24000 habitants, elle est encore le triple de celle de 1950). Dans la grande salle du fond de la médiathèque, un diaporama fait défiler des photos de lieux tels qu’ils étaient au XIXe siècle et tels qu’ils sont aujourd’hui. Les immeubles ont remplacé bien des maisons. Les automobiles étaient absentes.
C’est aussi une histoire des regards. Et David Descatoire aime à s’attarder sur ce que les photographes de l’époque choisissaient de montrer. La somptueuse villa Boucicaut détruite en 1954 (une coupure de presse donne une idée du débat suscité), les masures, des événements comme la fête aérostatique du 14 juillet 1908. Et ces regards anciens, on les retrouve dans des portraits de familles, des scènes de lavoir, de gare ou de communion. Ce sont des histoires intimes rendues énigmatiques par les plaques de verre et les appareils à soufflet qui donnent aux silhouettes comme une présence éternelle.
Un catalogue de l’exposition est disponible à la médiathèque, au prix de 6 euros.

