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Homard grand arôme à l’Azimut

Maxwell Farrington & Le SuperHomard est un projet franco-australien formé autour de Maxwell Farrington, chanteur, auteur et compositeur australien installé en France, et de Christophe Vaillant, multi-instrumentiste, arrangeur et producteur avignonnais qui travaille sous le nom de Le SuperHomard. Ils seront le jeudi 8 octobre, sur la scène du Pédiluve, à l’Azimut de Châtenay-Malabry. Le concert, étape de leur tournée, est l’occasion de découvrir leur nouvel album que la presse musicale salue comme « ambitieux, fin et réconfortant« .

Pierre Bozzonne -. Vous vous êtes rencontrés en 2019 à La Boule noire, un épisode qui revient souvent dans votre présentation. Si je ne me trompe pas, vous avez entendu Maxwell chanter Burt Bacharach a cappella pendant une balance. Il y a alors comme un coup de foudre artistique : la rencontre se fait. Vous souvenez-vous précisément de ce moment ? Comment vous êtes-vous reconnus musicalement ? Et qu’avez-vous perçu l’un chez l’autre à cet instant ?

Christophe Vaillant-. Oui, je m’en souviens très bien — et je pense que Maxwell aussi. C’était dans le cadre du festival MaMA, un rendez-vous professionnel où nous partagions l’affiche avec nos deux groupes de l’époque. Je jouais avec Le SuperHomard, la formation qui m’accompagnait alors. Je venais de sortir un disque et nous étions à Paris pour en assurer la promotion.
C’est Laurent, notre bassiste qui m’a présenté Maxwell. Il le connaissait parce qu’ils avaient tous les deux vécus à Toulouse à la même période, si je me souviens bien. Je l’avais déjà entendu chanter, et je m’étais dit qu’il avait quelque chose de très naturel, une vraie aisance. Après les présentations, Maxwell a assisté à mon concert. Il a beaucoup aimé ce que je faisais, probablement parce que cela lui rappelait des musiques qu’il appréciait lui aussi. Nous avons ensuite discuté, échangé nos contacts, puis nous nous sommes revus plus tard — il me semble que c’était aux Trans Musicales de Rennes, ou dans un contexte proche.

Nous sommes ensuite allés voir des concerts ensemble, nous avons discuté de musique, et le dialogue s’est installé naturellement.  À un moment, je lui ai proposé d’écrire des paroles sur des morceaux que j’avais composés. Comme il est anglo-saxon, et parce qu’on m’avait dit qu’il écrivait très bien — qu’il avait même quelque chose d’un poète — cela me semblait évident de lui demander.
Il a donc posé des textes sur mes compositions, puis les a chantés pour me montrer ce que cela donnait. J’ai trouvé le résultat vraiment très fort. Je lui ai alors proposé que l’on essaie d’écrire des morceaux ensemble.
De son côté, Maxwell m’a envoyé des chansons qu’il avait composées. Je les ai trouvées très réussies aussi. Nous avons commencé à travailler ainsi, petit à petit, de fil en aiguille jusqu’à construire un vrai projet commun.

Vous veniez pourtant de mondes assez différents : Maxwell, avec l’énergie plus abrasive du noise rock au sein du groupe DEWAERE, vous, avec une pop davantage orchestrée et mélodique. Cette différence d’univers a-t-elle immédiatement été féconde ? Avez-vous senti, dès le départ, que vos cultures musicales pouvaient se compléter plutôt que s’opposer ?

CV-. Le noise de Maxwell joué dans Dewaere, c’est plus ou moins un accident parce que ce n’est pas ce qu’il écoute en fait. Quand Maxwell est arrivé à Saint-Brieuc, il a rencontré les membres de Dewaere qui cherchaient alors un chanteur. C’est ainsi que cette aventure noise rock a commencé, davantage par circonstance que par filiation musicale directe.

A propos de cette différence apparente entre vos groupes d’origine : j’imagine que vous aviez, l’un comme l’autre, une culture musicale beaucoup plus large ? Est-ce que cette ouverture a joué un rôle important dans votre rencontre artistique ?

CV-. J’ai sans doute une culture musicale liée à ma génération. Maxwell, lui, est plus jeune que moi — il a tout de même quinze ans de moins — et j’ai été vraiment surpris par l’étendue de ses références. Il connaît beaucoup de choses, et il écoute énormément de musique : aussi bien des morceaux anciens que des très récents. Cette curiosité permanente m’a frappé dès le départ.

Plutôt anglo-saxon ou plutôt français ?

CV-. Il connaît quelques références de pop française. Il s’est aussi construit une vraie culture française, notamment après son arrivée en France. Par exemple, il a appris le français en écoutant Philippe Katerine, ce qui en dit beaucoup sur sa manière curieuse et personnelle d’entrer dans la langue comme dans la musique.

Lorsque vous avez entendu la voix de Maxwell pour la première fois, avez-vous immédiatement imaginé les arrangements et l’univers musical que vous pourriez bâtir autour d’elle ?

CV-. Oui, presque immédiatement. Après notre première discussion, Maxwell m’a parlé de ses goûts, notamment de Scott Walker, et tout cela entrait en résonance avec mon propre univers musical. J’ai aussitôt imaginé quelque chose avec des cordes, une forme de pop orchestrée. C’était déjà un territoire que j’explorais, mais sa voix et son écriture apportaient exactement ce qui me manquait. Pour moi, Maxwell réunissait deux qualités essentielles : une voix très forte, immédiatement reconnaissable ; une vraie qualité d’écriture, avec des paroles capables de porter cet univers.

La rencontre à La Boule noire semble presque accidentelle. À quel moment avez-vous compris que votre collaboration pouvait devenir un projet durable ?

CV-. Lorsque nous avons commencé à écrire des chansons ensemble, les choses se sont enchaînées très vite. Nous en avons composé une, puis deux, trois, quatre, en peu de temps. C’est ce matériau qui est devenu notre premier album, Once. Nous avons terminé l’album pendant le confinement. À ce moment-là, il était quasiment achevé : il ne restait plus qu’à le mixer. J’avais d’abord réalisé un premier mixage moi-même, puis nous avons commencé à chercher une maison de disques.
Tout s’est ensuite fait très rapidement. Le projet a trouvé sa place, et nous nous sommes retrouvés sur scène quelques semaines seulement après la sortie du disque. Le Covid a bien sûr freiné les concerts, mais la dynamique était déjà lancée.

Et le nom Le SuperHomard : j’ai appris qu’il venait du film de Georges Lautner Ne nous ne fâchons pas, où il désigne une boîte de nuit. Pourquoi cette référence au cinéma français des années 60 ? Y a-t-il, dans ce choix, quelque chose qui relève de l’élégance, du décalage ou de l’humour ?

CV-. Ce nom remonte à une histoire ancienne, bien avant Le SuperHomard. À l’époque de Strawberry Smell, mon tout premier groupe, le premier morceau que nous avons appris à jouer venait justement du film Ne nous fâchons pas.
Je me souviens être arrivé, avec mon frère, chez des musiciens que nous ne connaissions pas. Nous nous étions rencontrés à Avignon par l’intermédiaire d’amis communs. Ils voulaient monter un groupe et jouer ce morceau précis : un thème entendu dans le film, dans une scène où des mods anglais interprètent une sorte de motif instrumental.
C’est donc ce thème — celui du SuperHomard — qui a été notre tout premier morceau. Plus tard, lorsque nous avons sorti un disque, nous avions imaginé une sorte de structure de production fictive, d’abord appelée SuperHomard Records. Le nom m’est resté, et je l’ai finalement conservé.

Plus tard, après Pony Taylor [groupe avignonnais dans lequel a joué Christophe Vaillant, NDLR], j’ai sorti un disque que j’ai envoyé à un label japonais. Avec Strawberry Smell [un autre groupe avignonnais dans lequel a joué Christophe Vaillant, NDLR], nous avions déjà publié des disques au Japon, et j’avais envie de renouveler l’expérience, un peu pour le plaisir. Le problème, c’est que je n’avais pas encore de nom pour ce nouveau projet. Les responsables du label m’ont alors dit qu’ils aimeraient quelque chose qui sonne « très français ». J’ai repensé à Le SuperHomard, et j’ai gardé ce nom.
Il me plaisait justement parce qu’il avait ce côté décalé. Souvent, les gens ne comprennent pas vraiment la référence et pensent qu’il s’agit d’un nom comique, alors que ce n’était pas du tout l’intention de départ.

Le premier disque a été élaboré en grande partie à distance, en raison du Covid. Aujourd’hui, comment écrivez-vous une chanson à deux ? Qui apporte quoi au sein du binôme et à quel moment chacun intervient-il dans le processus ?

CV-. C’est très variable et cela dépend aussi des disques. Nous écrivons beaucoup de chansons avec des points de départ très différents. Parfois, Maxwell m’envoie une démo guitare-voix, plus ou moins aboutie, avec déjà un texte, une mélodie ou simplement une suite d’accords. Dans ce cas, je construis les arrangements à partir de cette base.
À d’autres moments, c’est moi qui compose une chanson déjà très orchestrée et que je lui envoie ensuite. Il arrive aussi que nous mélangions plusieurs idées : deux éléments venus de Maxwell, par exemple, avec une proposition de ma part. Le processus reste assez ouvert, et chaque chanson trouve sa forme de manière différente.

Sur Window Tax, les chansons sont désormais signées de vos deux noms. Cela signifie-t-il que la frontière entre les chansons de Maxwell et les arrangements de Christophe s’est progressivement effacée ? Et concrètement, comment travaillez-vous lorsqu’un de vous apporte une idée à laquelle il tient beaucoup, mais que l’autre n’y croit pas vraiment ? Comment tranchez-vous dans ces moments-là?

Maxwell Farrington -. Ce n’est pas toujours vrai à 100 %, bien sûr, et une part de subjectivité demeure. Mais, au bout du compte, nous finissons généralement par savoir si une idée tient vraiment ou non.

Ce qui m’a amusé, c’est ce contraste : les chansons sont écrites en anglais, mais leurs titres sont souvent en français. Pourquoi ce choix ? Est-ce une manière de jouer avec les langues ?

MF-. Pas forcément. Il arrive surtout que Christophe utilise des expressions françaises passées dans l’usage anglais. En anglais, on parle d’anglicismes lorsqu’un mot anglais entre dans le français ; ici, ce serait plutôt l’inverse — des mots ou tournures françaises employés en anglais.
Cela ne se produit pas systématiquement, mais certaines expressions reviennent, comme plat du jour. Ce sont des formules françaises qui existent aussi dans l’imaginaire anglophone et qui peuvent trouver naturellement leur place dans une chanson.
Ce qui m’amusait, c’était le paradoxe pour l’auditeur : il découvre un titre en français, lance le morceau, puis entend une chanson chantée en anglais. Ce décalage crée une surprise assez singulière, différente des usages plus attendus où titre et paroles appartiennent généralement à la même langue.

Christophe, vous avez longtemps défendu cette idée qu’il n’existerait pas vraiment de mauvaises chansons, mais surtout de mauvais arrangements. Après trois albums ensemble, le pensez-vous toujours ?

Christophe Vaillant-. C’est surtout une formule qu’un ami à moi répétait souvent. Il disait cela parce qu’il essayait de faire des arrangements sur des chansons vraiment médiocres.

Et vous l’avez repris pour vous ?

CV-. Non, je crois surtout qu’avec le temps, nous devenons plus exigeants. Plus nous avançons, plus nous affinons notre regard sur les chansons que nous composons ensemble. Nous nous poussons mutuellement dans cette direction : chacun amène l’autre à aller plus loin, à ne pas se contenter d’une idée simplement correcte, mais à chercher ce qui fonctionne vraiment.

Avant votre collaboration avec Christophe, imaginiez-vous que cette voix de baryton, souvent associée à votre identité artistique, vous conduirait naturellement vers une figure de crooner ?

Maxwell Farrington-. Je l’espérais peut-être, mais j’ai finalement gardé cette part de crooner pour les soirées karaoké. Il m’arrivait d’en faire, et c’est sans doute là que cette image trouvait le mieux sa place. En dehors de ce cadre, je ne me projetais pas vraiment dans cette figure. J’étais plutôt parti dans une autre direction.

Maxwell, vous êtes né en Australie, vous avez vécu en Angleterre, puis en France, avant de vous installer en Bretagne. Ces déplacements ont-ils modifié votre manière d’écrire, de composer ou de regarder le monde autour de vous ? Nourrissent-ils encore aujourd’hui votre imaginaire musical et vos chansons ?

MF-. La composition, pas forcément. En revanche, l’écriture, oui, sûrement. J’ai souvent en tête des images un peu grises — mais, pour moi, le gris n’a rien de triste. Au contraire, c’est une couleur heureuse.

Votre parcours passe aussi par la restauration, une étape importante de votre vie. Or, on retrouve encore dans vos chansons de nombreux clins d’œil au restaurant, au supermarché, aux choux de Bruxelles, aux fish and chips ou aux gâteaux. Cela m’a fait penser à Claude Chabrol, qui semblait difficilement concevoir un film sans une scène de repas, de nourriture ou de convivialité. Est-ce que, pour vous aussi, la nourriture est une manière de raconter les relations humaines ?

MF-. Oui, au jour le jour. C’est quelque chose qui appartient pleinement au quotidien, et cela se retrouve aussi dans les textes. Pour moi, c’est un sujet passionnant et très important. La cuisine pourrait être perçue comme une simple tâche ménagère, mais je ne l’ai jamais vécue de cette manière. Au contraire, j’y prends énormément de plaisir chaque jour. Et surtout, cuisiner pour les autres est une manière de dire « je t’aime » sans avoir besoin de le formuler.

Pourquoi avoir choisi de collaborer avec Mike Lindsay pour ce nouvel album ? Que veniez-vous chercher auprès de lui que vous ne trouviez plus, ou plus suffisamment, en produisant vous-mêmes votre musique ?

Christophe Vaillant-. À l’origine, c’est venu d’une demande de notre part. Lorsque nous avons commencé à préparer le troisième album, j’ai proposé à notre maison de disques de travailler avec un producteur extérieur. Nous avions déjà produit deux albums et demi ensemble, et je ne voulais pas que nous risquions de nous répéter. J’avais le sentiment qu’un regard extérieur pouvait nous ouvrir vers autre chose.
Notre maison de disques était tout à fait d’accord. Nous avons alors proposé plusieurs noms, parmi lesquels celui de Mike Lindsay. Je connaissais son travail de producteur et la rencontre a immédiatement fonctionné. Avec Mike, le courant est très bien passé : il a apporté beaucoup d’idées, de couleurs et d’élan au projet.

Vous êtes donc partis à Margate [dans le Kent, au Royaume-Uni, NDLR], dans un studio rempli de synthétiseurs, d’effets et d’objets parfois improbables. Qu’est-ce que cet environnement a changé dans la construction de l’album ? A-t-il modifié votre manière d’arranger, de produire ou même de penser les chansons ?

CV-. Pour cet album, nous avions énormément travaillé en amont. Nous avions écrit environ vingt-cinq ou vingt-six chansons, puis notre maison de disques et notre éditeur nous ont aidés à choisir celles qui allaient constituer le disque.
Quand nous sommes arrivés en studio, la direction était donc déjà assez précise. Mike Lindsay nous a surtout apporté une couleur nouvelle, ainsi qu’un goût de l’expérimentation qu’il cultive dans sa propre musique.
Nous ne sommes pas allés jusqu’au bout de cette dimension expérimentale, mais il nous a proposé beaucoup d’idées, de sons et de pistes de travail. L’expérience a été très stimulante : nous nous sommes vraiment amusés avec lui, et cela a beaucoup nourri l’album.

Jusqu’ici, vous aviez gardé la main sur une grande partie de la production. Qu’est-ce que cela vous a fait de laisser quelqu’un d’autre intervenir plus directement dans votre univers sonore ? Cette présence extérieure a-t-elle déplacé quelque chose dans votre manière de travailler ou d’écouter vos propres chansons ?

CV-. Maxwell a d’abord été surpris que je laisse Mike prendre les commandes. Il me connaît bien: il sait que j’ai tendance à vouloir garder le contrôle sur la production et sur les choix sonores. Je suis assez têtu. Maxwell est plus doux, plus gentil : il dit souvent oui, puis finit par suivre son intuition et faire ce qu’il avait en tête. De mon côté, je peux également être très attaché à mes idées.
Avec Mike, nous avons accepté de lâcher un peu prise. Nous lui avons laissé la liberté d’expérimenter, puis nous avons gardé, à la fin, ce qui nous plaisait à tous les trois. C’est ce qui a rendu l’expérience vraiment stimulante et très réussie.

Je pose cette question parce que Window Tax me semble être un album plus resserré, parfois plus électronique ou psychédélique. Est-ce le disque qui correspond aujourd’hui le mieux au son que vous aviez en tête ? Ou bien cette direction s’est-elle imposée, au moins en partie, grâce à la rencontre avec Mike Lindsay ?

Album Window Tax

CV-. Oui, pour ma part, ce côté électronique était déjà présent avant Maxwell. Les disques que j’avais réalisés auparavant comportaient eux aussi une dimension électronique assez marquée. Avec Window Tax, il s’agit donc plutôt d’une évolution naturelle. Nous ne voulions pas refaire les deux premiers albums : la musique reste la même dans son esprit, mais l’habillage change, devient un peu différent, plus resserré peut-être.
Cette direction nous plaît beaucoup, et elle correspond à notre manière d’écouter la musique. Nous sommes curieux de styles très différents : cela peut aller du yodel des années 30 à la techno. Maxwell a même une culture musicale encore plus large que la mienne. Comme nous aimons énormément de choses, nous avons envie de laisser entrer toutes ces influences dans notre musique.

Le concert de Châtenay-Malabry arrive en plein cœur de la tournée : après Rouen, Marseille, Allonnes et Le Grand Mix de Tourcoing la veille, puis avant d’autres dates prévues jusqu’à la fin de l’année.
Le Pédiluve annonce un format d’environ une heure. C’est une salle très chaleureuse, en arc de cercle, un peu comme un petit théâtre antique. Le public est assis sur de petits gradins, et vous serez au centre de la salle, avec une proximité d’environ 180 degrés.
Ce type de configuration crée une vraie intimité avec les spectateurs. Le public y est généralement très réceptif, et je pense que cela peut très bien fonctionner. Mais vos disques sont très travaillés, riches en détails, en instruments et en textures. Comment allez-vous transposer cet univers dans l’intimité d’une salle comme le Pédiluve ?

CV-. Sur cette tournée, nous jouons principalement dans de petites salles. Nous sommes donc seulement trois sur scène, ce qui nous a obligés à repenser les morceaux des trois albums pour une formation plus réduite. Nous avons travaillé à préserver l’esprit des chansons tout en les adaptant à cette configuration plus intime.


Discographie

  • 2021    Once — premier album
  • 2022    I Had It All — mini-album/EP de 6 titres
  • 2024    Please, Wait… — deuxième album
  • 2026    Window Tax — troisième album

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