Trois des quatre maires sortants sont réélus. À Fontenay-aux-Roses, Pauline le Fur gagne nettement contre le maire sortant Laurent Vastel. À Châtenay-Malabry, Carl Segaud déjoue mes prévisions avec une augmentation de son score. À Bourg-la-Reine, la liste dissidente de Cécile Andrieux obtient 3 sièges. À Sceaux, Liliane Wietzerbin fait plus que doubler le score de sa liste (qui passe de 2 à 5 sièges) d’un scrutin à l’autre.
Les maires sortants
Le 15 mars, Carl Ségaud améliore de 4 points et demi (69,85% vs 65,37%) le score de son prédécesseur en 2020. Les trois autres maires reculent nettement par rapport à leur propre score en 2020 : Patrick Donath de 12 points (37,07 vs 49,42%), Philippe Laurent de 6,5 points (38,3% vs 44,98%) et Laurent Vastel de 5,47 points
Entre les deux tours, on assiste à une amélioration du score du premier tour pour les trois maires encore en lice. Patrick Donath gagne 7 points, Philippe Laurent 6 points et Laurent Vastel 9,4. Dans les trois cas, leur score du second tour est plus faible que celui obtenu en 2020 (de 6 à 12 points).
Comment expliquer ces résultats ? Si on compare le maire de Châtenay et les trois autres, on observe les différentes suivantes :
- Le premier est LR et les trois autres UDI.
- Le premier est le seul à ne pas avoir augmenté les impôts pendant son mandat.
- Le premier a eu une seule liste en face de lui (mais c’était déjà vrai en 2020) alors que les trois autres en ont eu 5 en face d’eux.
- Le premier est nettement le plus jeune des 4 (il aura 53 ans en avril) et c’était son premier mandat.
Rien ne prouve que chacun de ces faits ait eu une influence déterminante sur le résultat du vote (même si je pense que le deuxième a joué). Pour aller plus loin, il faut regarder chaque cas un par un.
Châtenay-Malabry
J’avais écrit que l’opposition améliorerait son score (sans pour autant gagner) car elle s’était préparée depuis plus longtemps qu’en 2020, avec un leader dynamique et politique expérimenté. Les faits m’ont donné tort.
Analyse par bureau de vote
D’une élection à l’autre, la ville a gagné 2572 inscrits (+ 13%). Deux nouveaux bureaux de vote ont été créés : un deuxième à l’école Jules Vernes et un nouveau à l’école Voltaire.
Le bureau 21 de l’école Voltaire comptait 1259 inscrits (un peu plus que la moyenne des bureaux, à 1046 inscrits). Il a eu 70,85% de votants (55,24% sur la commune) et le maire y a obtenu 76,29% des suffrages. Le développement du quartier LaVallée voit arriver une population plus aisée. L’animation locale par une association du quartier est soutenue par la mairie. Les membres de l’association ont mal vécu ce qui a été dit par l’opposition sur le commerce dans leur quartier dans Le Parisien.
Le bureau de vote 20 (école Jules Vernes) a au contraire vu une faible participation (41,55%) et le maire y a obtenu un score proche de la moyenne de la ville.
Les bureaux où l’opposition a progressé : 6 (école Mendès France, +3), 7 (École maternelle Thomas Masaryk, +10), 12 (école Jules Vernes, +13), 18 (centre de loisirs Suzanne Buisson, +12), 19 (école Mendès France, +3). L’école Thomas Masaryk et le centre de loisirs Suzanne Buisson sont sur la Butte Rouge. Toujours à la Butte Rouge, l’opposition a reculé au bureau 8 (crèche Magdeleine Rendu, -3).
Les bureaux où la majorité a progressé : 1 (Hôtel de Ville, +15%), 2 (école élémentaire Pierre Brossolette, +9 %), 3 (gymnase Pierre Brossolette, +10), 4(+6), 5(+3), 8(+3), 9(+3), 10 (+1), 11(+8), 13(+4), 14(+8), 15(collège Pierre Brossolette, +14), 16 (école des Mouilleboeufs, +9), 17 (école maternelle Pierre Brossolette, +12). En 2020, l’opposition avait frôlé la moitié des voix dans le bureau 1.
Bourg-la-Reine
En 2020, le maire était concurrencé par une liste de gauche et une liste Divers droite. En 2026, la même liste de gauche est présente, il y a toujours une liste Divers droite (Andrieux) mais ce n’est plus la même, et s’ajoutent une liste dissidente (Khaled) et deux listes aux extrêmes (LFI et Burel). La nouvelle liste Divers droite est menée par une conseillère sortante, élue sur la liste majoritaire en 2020. Elle dénonce la hausse des impôts et bénéficie du soutien de l’ancien maire.
Au premier tour, la somme des listes de gauche n’atteint pas le score réalisé par la seule liste de gauche en 2020 : il manque près de 3%, qui seront retrouvés pour le second tour. On peut imaginer qu’ils ont été pris par la liste Khaled, puis retrouvés après l’élimination de celle-ci.
La liste d’extrême droite est éliminée en dessous des 5% fatidiques et la liste Andrieux fait un beau score avec près de 19%.
Entre les deux tours, deux listes éliminées et pas de fusion. On ne sait pas trop ce que deviennent les voix de l’extrême droite (Andrieux ne progresse que de 1%). Le maire gagne 7% peut-être en partie des abstentionnistes du premier tour (il y a seulement 100 exprimés de moins).
Bien que nettement réélu, le maire sortant a reculé entre 2020 et 2026.
Fontenay-aux-Roses
La ville de Fontenay a vu un changement de majorité avec des listes qui étaient en grande partie celles déjà présentes en 2020. Seule nouvelle liste : celle Divers droite menée par Philippe Ribatto, lequel avait été adjoint de Laurent Vastel entre 2014 et 2020, après une fusion de liste.
En 2020, la liste menée par Gilles Mergy était devant celle dont la deuxième de liste était Pauline Le Fur. La situation s’est inversée cette année. Entre temps cependant, la tête de liste socialiste, l’ancien maire Pascal Buchet s’est retiré, faisant disparaitre une des raisons qui avaient fait préférer la liste Mergy à certains électeurs et les verts à être sur la liste Mergy : ils étaient cette fois sur la liste Le Fur.
Cette fois-ci aussi, la fusion au deuxième tour a inclus la liste de Michel Faye.
Le score de la gauche aux dernières élections (départementales, européennes et législatives rendait plausible son succès aux municipales. La victoire est cependant nette là où on l’imaginait serrée. Cause possible : l’augmentation des impôts par Laurent Vastel lors de ce dernier mandat. Et aussi une bonne campagne, aussi bien de la liste Mergy que de la liste Le Fur.
Sceaux
La ville a vu se multiplier les candidatures avec deux listes de plus qu’en 2020. Mais cela a surtout rendu le paysage politique plus incompréhensible qu’autre chose.
En décembre, les choses paraissaient simples avec trois listes (Flavien Poupinel, Liliane Wietzerbin et Philippe Laurent) dont les courants étaient présents sur la ville depuis 30 ans.
En janvier, les choses se sont compliquées avec les annonces de trois nouvelles listes.
D’abord, celle de Jean-Christophe Dessanges. A priori, rien de particulier : en 2020 déjà, il dirigeait une liste avec l’investiture LREM. Mais il n‘a pas eu celle de Renaissance en 2026 et une partie de ses colistiers ont entretemps rejoint la liste du maire. Et il a voulu prendre comme titre de sa liste celui de celle constituée au deuxième tour de 2020 après fusion avec celle de La Voix des Scéens, Sceaux Ensemble.
Très vite, Maud Bonte, conseillère municipale sortante annonce elle aussi sa candidature. Elle était en 2020 au premier tour sur la même liste que Flavien Poupinel et elle a été pendant 5 ans dans le groupe Sceaux Ensemble avec Jean Christophe Dessanges. La troisième conseillère du groupe est deuxième de la liste Dessanges et le quatrième figure sur la liste du maire.
À l’origine, La Voix des Scéens a été créée par sept associations de quartier. Plusieurs responsables d’associations trouvent que Flavien Poupinel ne s’intéresse aucunement à ces associations, et rejoignent Maud Bonte
Dans la foulée, Claire Bourdier, présidente de l’union des commerçants annonce à son tour sa candidature, dont on ne comprend pas grand-chose de son positionnement politique, à part qu’elle s’oppose au maire sortant.
Au premier tour, Claire Bourdier et Maud Bonte sont éliminées. Mais leur score, supérieur à 5% leur permet de fusionner avec une autre liste. Flavien Poupinel et Claire Bourdier annoncent vouloir fusionner avec les autres listes d’opposition. Mais rien ne se passe, sans qu’on sache trop pourquoi. Jean-Christophe Dessanges proclame sur ses affiches que 62% des électeurs ont rejeté le maire, une proportion majoritaire. C’est vrai, mais quel intérêt de le souligner si l’opposition reste dispersée ?
Dans ce contexte peu compréhensible, la liste de gauche menée par Liliane Wietzerbin avait le mérite de la clarté. Elle refuse toute alliance avec des listes de droite, d’autant plus qu’elle soupçonne pour certaines des liens avec l’extrême droite. Mais elle l’a dit depuis plusieurs mois. A cela s’ajoute un phénomène classique : des électeurs abandonnent les listes qui n »ont aucune chance de l’emporter pour soutenir celles qui jouent la victoire.
Jean-Christophe Dessanges et Flavien Poupinel paient l’incompréhension que suscitent les positions des 4 listes d’opposition hors la liste de gauche : ils reculent en pourcentage entre les deux tours. Au contraire, Liliane Wietzerbin, qui a fait au premier tour nettement mieux que la liste dont elle était 2e en 2020 progresse encore fortement au second tour. Avec 31% au second tour, elle fait plus de deux fois mieux que la liste dont elle était seconde en 2020.
De son côté, Flavien Poupinel fait avec moins de 12% au second tour, le pire score pour La Voix des Scéens depuis sa création. Jean-Christophe Dessanges réussit à garder un siège pour deux élus de sa liste, mais avec un score nettement plus faible qu’en 2020.

