Comment les candidats et de simples citoyens ont réagi aux résultats du premier tour, c’est ce que la Gazette a voulu savoir. Elle était sur place dimanche soir et a interrogé quelques citoyens lundi matin. Les propos tenus sont évidemment marqués par les réactions émotionnelles aux résultats. Les résultats chiffrés sont consultables sur l’article publié au soir du premier tour.
Châtenay-Malabry
Le maire sortant Carl Segaud est réélu avec 69,85% des suffrages, améliorant le score de la liste menée par George Siffredi en 2020. La ville utilisant un système de vote électronique, la déclaration des résultats survient vers les 21h15. Elle a lieu dans la salle des mariages de la mairie. Une assistance nombreuse y est présente, très majoritairement pour féliciter Carl Segaud, ce qui n’étonnera pas compte tenu du résultat. Exception dans nos quatre communes, seules deux listes s’opposaient. On savait donc qu’il n’y aurait pas de deuxième tour.
Lors de sa prise de parole, Carl Segaud voit dans le vote massif en sa faveur la « reconnaissance du travail accompli par l’équipe municipale depuis six ans. » Il y voit aussi « la reconnaissance du chemin engagé par Georges Siffredi » et compte inscrire son action dans cette continuité. Entre les deux projets qui leur étaient proposés, Les Châtenaysiennes et les Châtenaysiens « ont clairement exprimé la voie qu’ils voulaient prendre ». S’il se veut le maire de tous les habitants sans exclusive, il veut maintenir avec le nouveau mandat les orientations déjà engagées. En particulier, la rénovation de la Cité jardin sera poursuivie. Le vote à plus de 60% en faveur de sa liste dans les bureaux de ce quartier montre que la population a bien compris les améliorations qu’elle peut attendre de cette transformation.
Brice Gaillard, avant d’aller plus loin dans l’analyse, regardera en détail les résultats des différents bureaux de vote. « Nous reconnaissons la victoire du maire sortant. Nous regrettons cependant l’abstention qui a été relativement élevée dans certains quartiers populaires. » Il voit de plus dans le résultat « un témoignage de pratiques clientélistes depuis une trentaine d’années. » A ses yeux, la victoire du maire sortant ne vaut pas « un blanc-seing pour raser une moitié de la Butte rouge, comme il promet de le faire. » « Nous ne considérons pas ce projet intéressant et viable pour le quartier. »
Le lendemain, un citoyen interrogé observe que l’un des enjeux était un siège de conseiller territorial pour l’opposition. C’est raté. Il considère que l’une des forces de Carl Ségaud est de savoir critiquer les propositions des associations qu’il considère comme adversaires mais de « récupérer leurs idées ». Il a su aussi modifier le projet initial de la Butte Rouge qui prévoyait « de raser tout ».
Sceaux
Avec 38,3% des voix, Philippe Laurent est en recul par rapport à 2020, mais il n’est pas menacé pour le second tour, en raison de la dispersion des autres voix entre 5 listes. Par rapport à 2020, seule la liste de gauche est en progression (15,15% à 24,2%).
Environ 100 personnes étaient présentes lors de la consolidation et de la publication des résultats. L’ensemble des candidats étaient présents pour la présentation des résultats finaux à l’exception de Claire Bourdier.
Les présents étaient majoritairement regroupés par liste dans la salle. L’ambiance générale était plutôt morose, aucune équipe ne semblait franchement satisfaite de ses résultats.
Liliane Wietzerbin et plusieurs membres de son équipe se déclarent très heureux du travail réalisé par l’équipe et de sa solidarité. La campagne a été l’occasion de renforcer les connaissances des attentes des Scéens grâce au porte-à-porte et aux nombreuses réunions locales. La solidarité de l’équipe est renforcée. Un regroupement ne semble pas envisageable avec les autres listes toutes qualifiées de « droite, leurs valeurs n’étant pas compatibles avec celles de Sceaux Agir en Commun ». Ils considèrent qu’ils devront surtout compter sur la mobilisation des abstentionnistes au second tour.
Philippe Laurent se déclare satisfait du résultat après une campagne qu’il qualifie de dure. Il élude la question du second tour. Il se donne le temps de la réflexion.
Jean-Christophe Dessanges est très heureux du travail réalisé par son équipe dans un délai très court. Plusieurs de ses partisans manifestent leur désaccord profond avec Flavien Poupinel allant même jusqu’à le qualifier d’imposteur et à considérer que ses meetings étaient très pauvres en contenu.
Flavien Poupinel s’est contenté d’un satisfecit pour son résultat et insiste sur la dégradation de celui de Philippe Laurent. Il élude les questions sur le second tour.
En son absence, deux Scéennes partisanes de Maud Bonté s’étonnent du faible taux de participation. Elles se demandent pourquoi les électeurs ne réagissent pas à la lourdeur de la dette et à la densification à outrance de la ville. Elles font remarquer que les meilleurs scores de Mad Bonté ont été réalisés dans les zones de densification.
A la sortie de la soirée, il semble qu’il n’y ait pas de fusion envisagée pour le second tour.
Bourg-la-Reine
Le maire sortant a vu son score nettement régresser par rapport à 2020 (37,07% contre 49,42%), en raison de la présence de deux listes menées par d’anciennes colistières (Cécile Andrieux et Angélique Khaled). Il ne semble cependant pas menacé pour le second tour.
A 21h30 aux Colonnes de Bourg-la-Reine, les personnes présentes ne connaissent que des résultats partiels, mais ils leur paraissent généralement décevants : quand il y a 6 listes, la somme des espoirs de chacun dépasse largement les 100 %. Il en ressort cependant que le score de la liste LFI apparaît trop élevé à mes interlocuteurs.
Les résultats du bureau 3, installé sur place, donnent déjà une tendance qui se révélera assez proche du résultat final : Donath à 38,90%, devant, dans l’ordre, Bonazzi, Andrieux et Wentzler (LFI).
Denis Peschanski (qui menait la liste de gauche en 2008 et 2014 et soutient aujourd’hui le maire sortant), souligne la baisse du score de Christophe Bonazzi par rapport à 2020 et son propre score en 2014. Il pense que le bon score de Cécile Andrieux est dû au soutien de l’ancien maire (Jean-Noël Chevreau) mais que la liste Bonazzi ne fusionnera ni avec LFI ni avec Andrieux.
L’attente des résultats finaux dure une bonne heure, l’occasion d’aller interroger un groupe de jeunes assis à l’écart autour d’une table. Une seule jeune femme répond, mais les autres sont manifestement d’accord avec elle. Il s’avère qu’elle était sur la liste d’Angélique Khaled, et elle a le sourire malgré les résultats.
C’est la première fois que je votais, que je participais à un dépouillement, que je distribuais des tracts, que je parlais en public avec un micro. Cela a été une très belle expérience humaine. J’ai travaillé sur le programme avec des personnes beaucoup plus âgées que moi. Cela donne envie de continuer à s’intéresser à la politique, je ne sais pas encore comment.
Les résultats finissent par arriver. LFI est qualifié pour le second tour, ce qui fait exploser de joie un groupe de jeunes dans la salle. J’interroge quelques têtes de liste. Angélique Khaled : nous avons fait une très belle campagne de proximité. Christophe Bonazzi : le pays penche de plus en plus à droite et c’est vrai aussi à Bourg-la-Reine. David Burel a heureusement échoué. Il y aura une quadrangulaire (donc aucune fusion). Cécile Andrieux : aucun parti politique ne nous soutenait nous étions sans étiquette. Nous avons réussi un bon score malgré cela.
Le maire a lu les résultats sans commentaire particulier. Ses colistiers considèrent que, si la victoire parait assurée sauf très grosse surprise, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances et qu’il faudra s’interroger pour l’avenir.
Fontenay-aux-Roses
Laurent Vastel, maire sortant, recule de 5,5% par rapport à 2020 (avec il est vrai une liste de droite en plus). Il l’avait emporté au second tour avec 5,8% d’avance (dans un contexte de post confinement). Le second tour est donc très incertain.
Pas de commentaires de fin de soirée. Tout indique que plusieurs têtes de liste sont en train de négocier et donc injoignables. La Gazette s’est donc adressée à un très bon connaisseur du contexte politique local.
Le score de la liste LFI est surprenant ils progressent par rapport à 2020 (de 3,95% à 6,2%) alors qu’ils n’ont pratiquement pas fait campagne. Parmi les surprises, la baisse de Michel Faye qui a failli passer sous la barre des 5% (qui permet le remboursement des frais et la fusion pour le deuxième tour). Je voyais plutôt Gilles Mergy devant Pauline Le Fur, comme en 2020 : il était très présent sur cette campagne. Il est vrai que les écologistes qui étaient avec lui en 2020 sont cette fois avec Pauline Le Fur. Ils reprochent à Mergy de ne pas avoir soutenu leur candidate lors des départementales. Elle a été élue. Ribatto, que je voyais également plus haut, devrait appeler à voter contre Vastel.
Les listes Mergy, Le Fur et Faye devaient se voir après les résultats pour préparer une fusion. La rencontre n’a pas eu lieu ce soir-là mais ce lundi. Sur le programme, l’un des points d’achoppement est la géothermie. En 2020, la fusion ne s’était pas faite avec Michel Faye (ou plutôt son épouse Suzanne Bourdet) ce qui peut avoir coûté la victoire.
Le résultat du deuxième tour reste très incertain.
A lire sur la Gazette

