48 élèves en première année et autant en seconde année suivent les cours de D1, qui se répartissent entre le lycée Marie-Curie et la faculté Jean-Monnet. Un parcours qui, depuis 1978, s’appuie sur une culture spécifique axée sur la confiance, le respect de chacun et la recherche de l’excellence. Avec des débouchés nombreux et parfois inattendus : un ancien élève, arrivé en finale internationale du concours d’éloquence Lysias a ainsi créé son entreprise pour conseiller dans ce domaine des dirigeants et des politiques.
Les élèves qui suivent ce cursus ont la moitié de leurs cours au lycée Marie-Curie et l’autre moitié à la faculté Jean Monnet. A raison de 15 heures par semaine de chaque côté, cela représente une charge de travail importante. Les horaires sont aménagés pour permettre cette double formation et les deux établissements sont proches (11 min à pied). Le cursus correspond aux deux premières années de licence de droit. En fin de cursus, les élèves entrent dans une école dont ils ont réussi le concours ou poursuivent leur parcours à l’université, souvent dans des filières sélectives.
Contenu des cours
Côté faculté Jean Monnet, on trouve la traditionnelle répartition entre cours magistraux et travaux dirigés. Les cours abordent les différentes facettes du droit : introduction générale au droit, droit civil, droit constitutionnel, droit administratif, droit pénal ou droit de la famille, histoire du droit.
A Marie-Curie, le droit privé et le droit public sont également abordés. Des cours de méthodologie sont dispensés : comment commenter un arrêt, comment se gère une consultation juridique, comment faire une dissertation… L’entrainement méthodologique est un des apports importants de la prépa. Les khôlles régulières (en droit, en économie et en anglais) vont aussi dans ce sens.
A quoi s’ajoutent des cours de langues et d’économie. Le détail de la répartition est là.
Les étudiants sont encouragés à participer au concours d’éloquence Lysias. Il est également vivement recommandé de faire un stage en fin d’année.
Accès
L’inscription se fait via Parcoursup. Il faut un bon dossier : notes, appréciation des enseignants et de la direction, pas de difficulté en première et en terminale. Aucune spécialité particulière n’est demandée. Et en pratique, on ne remarque aucune différence dans les résultats selon les spécialités.
Il faut aussi une bonne capacité de travail : le volume de travail personnel est important. Savoir travailler rapidement est également nécessaire. Mais les étudiants peuvent tous conserver une activité de loisirs à côté.
Orientation
En entrant en D1, beaucoup d’étudiants n’ont pas une idée précise de ce qu’ils souhaitent faire ensuite. Les enseignants organisent des conférences ou séances d’orientation (4 à 6 par an) pour faire découvrir les débouchés possibles aux étudiants, en particulier en faisant venir d’anciens élèves. Une meilleure connaissance des matières (le droit est une découverte pour les élèves de terminale), le stage et les conférences, la maturité aussi, font que les jeunes parviennent à définir leur projet professionnel en milieu de la deuxième année.
Débouchés
La page déjà citée donne une description assez détaillée des divers débouchés. Le concours qui donne son nom à la prépa, l’ENS Rennes, n’offre que 17 places, pour 20 classes de prépa de ce type en France. On comprend qu’il faut d’autres débouchés pour les 48 élèves.
Plusieurs autres grandes écoles ouvrent ainsi leurs portes à des étudiants en D1 : des grandes écoles de management (ESSEC, ESCP, EDHEC, EM-Lyon…) mais aussi l’ENASS ou le Celsa… L’Université propose aussi divers magistères en 3 ans après le L2.
Certains étudiants passeront plus tard le CRFPA ou le concours de l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) : 2 ont été reçus l’an passé.
Bienveillance et traditions
Michel Bialès, qui est à l’origine de la prépa D1 à Marie-Curie en 1978, y a enseigné jusqu’en 2017. Il y a instauré une culture de bienveillance à côté de celle d’exigence, traditionnelle en prépa. Cela se traduit notamment par le suivi personnalisé pour l’orientation. Et aussi par la conviction que la réussite des élèves est directement liée à leur motivation.
Cette culture se manifeste aussi dans un certain nombre de traditions pratiques : parrainage entre les étudiants de première et seconde année, journée d’intégration, préparation spécifique personnalisée pour les différents concours présentés par les étudiants, suivi des étudiants après la classe préparatoire…
Laurent Izard que la Gazette a rencontré pour cet article, est lui-même un ancien élève de la classe. Reçu à l’ENS (à l’époque à Cachan) et ayant choisi une carrière d’enseignant, il est revenu à Sceaux en 2001 pour y enseigner le droit en D1. On comprend à l’écouter qu’il prolonge avec conviction cette tradition de bienveillance.