Les associations sont depuis longtemps un élément essentiel du paysage humain, social et politique de nos communes (à commencer par cette gazette). Pour un certain nombre d’entre elles, la campagne pour les municipales constitue une opportunité pour interpeller les candidats sur les thématiques qui leur paraissent importantes quitte à les faire sortir de la mécanique bien huilée de la communication. Voici une analyse de trois exemples de démarches proactives, susceptibles d’éclairer les électeurs.
La CATTE
La première de ces démarches vient de la CATTE (Coordination des Associations du Territoire pour la Transition Ecologique). Comme son nom l’indique, ce n’est pas une association mais la coordination d’une quarantaine d’association de notre territoire VSGP. Celles-ci partagent la volonté d’être des acteurs locaux de la transition écologique sous des formes et à des degrés divers. Cette coordination a vu le jour en 2021 à l’occasion de l’élaboration du Plan Climat Air Energie du Territoire (PCAET) par VSGP et elle continue à en suivre le déroulement.
Adopté en 2022, ce plan d’action territorial correspond à la maille la plus petite dans laquelle la Stratégie Nationale Bas Carbone doit être déclinée. Ce PCAET vise non seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre mais aussi à améliorer la qualité de l’air, à optimiser la consommation d’énergie locale. Il doit également permettre au territoire de s’adapter aux effets du changement climatique désormais incontournables et de mobiliser tous les acteurs économiques sociaux et environnementaux pour une transition énergétique cohérente. Tous les six ans, ce plan doit être révisé et la présentation des résultats à mi-course s’est tenue l’an dernier.
A l’occasion des municipales, la CATTE a proposé à celles de ses associations membres qui le souhaitaient d’interroger les candidats de leur ville sur la façon dont ils prévoient d’agir concrètement pour garantir l’atteinte des objectifs du PCAET, du PLUI et, plus largement, pour accélérer la transition écologique et solidaire sur notre territoire. Dans cinq villes du territoire (dont Bourg-la-Reine, Châtenay et Sceaux), des associations ont répondu favorablement à cette proposition de la CATTE. Celle-ci a donc envoyé une lettre aux candidats des cinq villes concernées puis quelque temps plus tard une deuxième lettre de relance à ceux qui n’avaient pas encore répondu. Les réponses reçues sont accessibles en fin d’article.
Associations de sensibilisation à l’environnement et à la transition écologique
Le deuxième exemple retenu par la Gazette concerne deux associations locales membres toutes deux de la CATTE. L’une se situe à Fontenay aux Roses et l’autre à Chatenay Malabry.
Côté Fontenay-aux-Roses, l’association Fontenay Environnement et Transition a décliné la proposition de la CATTE afin de ne pas interférer avec le questionnaire spécifique qu’elle a adressé aux 6 listes en présence. Plutôt que d’aborder tous les thèmes de la transition écologique, FET a choisi de se focaliser sur 3 sujets : Biodiversité et nature en ville, Logement et construction et Géothermie à Fontenay. Le choix d’un 4e sujet (facultatif) est laissé à l’appréciation du candidat.
L’association demande des engagements tangibles, des propositions chiffrées ou quantifiées, des solutions concrètes à faire parvenir avant le 5 mars minuit. FET s’engage à publier les réponses dans sa Newsletter de début mars ainsi que dans les Nouvelles de Fontenay. Du coup, ces réponses ne sont pas encore disponibles.
A Châtenay-Malabry, l’association Transition Ecologique Châtenay a fait une démarche un peu similaire à celle de FET, mais n’a pas considéré que le questionnaire de la CATTE pouvait gêner sa démarche propre. Ce sont les adhérents qui ont choisi les 3 thèmes soumis aux candidats châtenaisiens parmi une liste d’une petite dizaine de sujets. Les questions retenues portent sur :
- la gestion des différents équilibres (sociaux, environnementaux, patrimoniaux et économiques) prévue pour la rénovation de la Cité Jardin/Butte Rouge qui s’étalera sur plusieurs mandatures et constitue un enjeu majeur pour la ville ;
- la prise en compte de la transition écologique dans la politique locale de santé publique et de qualité de vie ;
- les engagements en faveur de la participation citoyenne notamment aux processus décisionnels.
Seul Brice Gaillard (Réinventons Châtenay-Malabry) a répondu.
Associations de cyclistes
Enfin, le troisième exemple concerne les associations de promotion du vélo qui sont connues pour leur capacité à mobiliser comme l’illustre le baromètre cyclable. Cette vaste enquête menée tous les 2 ans permet de mesurer ville par ville où en est la pratique du vélo au quotidien. La figure ci-dessous résulte d’une enquête accessible en ligne du 28 février au 3 juin 2025.
Les cyclistes répondants ont donné leur avis sur les 5 composantes essentielles d’un « climat vélo » à savoir la sécurité de déplacement ; le confort du trajet (entretien, signalisation, etc.) ; les efforts de la commune pour améliorer la situation ; l’équipement de la commune en stationnement vélo et services essentiels (réparation, entretien, etc.) ; et le ressenti général.
Une note par commune (de A le mieux à G le pire) est calculée à partir des moyennes de ces thématiques, pour les communes ayant reçu un nombre suffisant de contributions de cyclistes (50 contributions minimum pour les communes de plus de 5.000 habitant·e·s.).

Pour les municipales 2026, le Collectif Vélo Île-de-France (CVIF) a invité les candidats à communiquer sur leurs engagements en faveur du vélo notamment via les associations cyclistes membres. Les réponses des différents candidats sont consolidées sur ce site.
A Bourg-la-Reine, Cécile Andrieux (BLR au cœur) propose 7 engagements, Patrick Donath (Avec vous, pour BLR) 3 engagements, Margaux Wentzler (BLR à gauche) 2 engagements. Les autres candidats n’ont pas répondu. A noter que les engagements pris varient fortement entre les candidats avec une palette de registre intéressante et complémentaire.
A Châtenay-Malabry, seul Brice Gaillard (Réinventons Châtenay-Malabry) a répondu avec 8 engagements dont 6 conformes à la demande de l’association locale Un Vélo dans Châtenay.
Aucune réponse n’a été donnée ni pour Sceaux ni pour Fontenay-aux-Roses. Ceci ne signifie pas forcément l’absence d’engagements sur le vélo de ceux qui n’ont pas répondu.
A défaut de pouvoir interpréter l’absence de réponse de certaines listes sur ce sujet, il convient de souligner les listes qui ont pris le temps d’y répondre.
Les réponses recueillies dessinent un paysage contrasté. Les écarts révèlent autant des priorités politiques différentes que des sensibilités variées dans la manière d’aborder la transition écologique, la participation citoyenne ou la mobilité douce. Ces réponses offrent néanmoins un premier indicateur de l’importance que chaque liste accorde au dialogue avec les acteurs locaux. À chacun maintenant d’y lire les signaux qui guideront son choix.
Pour en savoir plus : Réponses au questionnaire de la CATTE
Antony
> Liste Antony à venir
> Liste Antony Terre Citoyenne
Bourg-la-Reine
> Liste La Ville en Partage
Châtenay-Malabry
> Liste Réinventons Châtenay-Malabry
Clamart
> Liste Clamart à gauche
> Liste Clamart Ensemble
Le Plessis-Robinson
> Liste Ambition Citoyenne Robinsonnaise, Transports et mobilités, Environnement et transition écologique
Sceaux
> Liste Sceaux Agir en Commun
> Liste Vivre à Sceaux
> A noter, Madame Bourdier (Sceaux Village) qui a proposé un entretien oral auquel la CATTE n’a pas donné suite redirigeant la proposition vers les associations scéennes


Je suis étonné par cette phrase : « Aucune réponse n’a été donnée ni pour Sceaux ni pour Fontenay-aux-Roses. »
En effet, à Fontenay-aux-Roses, la liste de Gilles Mergy a répondu aux questions posées par FARàVélo, l’antenne locale de Mieux se Déplacer à Bicyclette. On peut trouver cette réponse ici : https://www.osez-fontenay.fr/reponses-de-la-liste-lelan-citoyen-pour-fontenay-au-questionnaire-de-faravelo/