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Prendre sa place, tracer sa route

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous publions ce témoignage qu’‘Agnès Auclair nous avait fait parvenir à propos de l’EPF.

Je suis ancienne élève de l’EPF, aujourd’hui directrice du développement, du mécénat, des relations alumni et de l’insertion professionnelle de cette école d’ingénieures et d’ingénieurs fondée en 1925 par une femme visionnaire : Marie-Louise Paris. En 2025, l’EPF célèbre ses 100 ans d’existence, un siècle d’innovation, d’engagement et de mixité dans les sciences et l’ingénierie.

Mon parcours commence à Fontenay-aux-Roses, à l’école primaire de La Roue, puis au Collège des Ormeaux, et enfin au lycée Marie Curie de Sceaux où je vis et que j’aime profondément. Passionnée de mathématiques et de physique, j’intègre en 1983, l’EPF Engineering School (ex Ecole Polytechnique Féminine) historiquement à Sceaux aujourd’hui à Cachan, presque naturellement, sans me poser de questions. À 18 ans, je ne me suis jamais demandé si j’étais légitime ou pas. J’ai fait ce que j’aimais, tout simplement. Comme les garçons de ma classe, j’ai suivi la voie qui me paraissait évidente : celle des sciences, j’ai passé le concours, sans être encombrée du poids de préjugés.

Un diplôme n’est pas genré. Il appartient à celles et ceux qui choisissent de le conquérir.

Ma carrière professionnelle s’est construite en quatre grandes étapes. J’ai débuté dans le secteur de la microélectronique, avec un master et une immersion aux États-Unis, au cœur de la Silicon Valley. J’y étais la seule femme dans le laboratoire. C’était une entrée en matière marquante, dans un univers passionnant où se préfiguraient déjà les premières grandes révolutions numériques — de la téléphonie mobile, satellites aux objets connectés.

 J’ai ensuite poursuivi dans le conseil, au moment où les télécoms, les réseaux, l’informatique et le multimédia prenaient leur essor. Puis, j’ai rejoint un grand groupe énergéticien. Ce fut un virage : trouver ma place dans un univers industriel avec une expertise issue du numérique n’était pas évident, mais profondément enrichissant.

 Enfin, j’ai eu le plaisir de revenir à l’EPF, cette école qui m’a formée, pour y porter aujourd’hui une mission qui fait sens : accompagner les jeunes dans leur insertion, faire vivre la communauté alumni, ouvrir des opportunités par le mécénat et les partenariats.

 Je suis fière d’être ingénieure et d’avoir suivi les traces de Marie-Louise Paris et aussi fière de cette formidable école.

L’EPF reste fidèle à son histoire. Cette école a été fondée à une époque où rien ne prédestinait les femmes à devenir ingénieures. Elle leur a donné les moyens d’exister dans un monde technique et scientifique, d’oser, d’apprendre et d’innover. Aujourd’hui encore, l’école porte cet héritage vivant, et l’incarne avec des initiatives fortes comme le PariTiLab, récemment lancé pour favoriser la mixité, la diversité et l’inclusion dans le monde de l’ingénierie. Ce programme innovant accompagne les étudiantes afin qu’elles prennent pleinement leur place dans les filières scientifiques, en dépassant les stéréotypes et en cultivant la confiance en soi. Elle forme aussi en son sein des ingénieurs qui s’épanouissent dans un monde en mouvement. Elle révèle les potentiels et forme des ingénieur-e-s engagé-e-s dans la construction d’un monde durable plus juste et plus inclusif.

Je suis Marie-Louise. Ma place de femme ingénieure ne s’est pas imposée : c’était la mienne. J’ai tracé ma route, sans préjugés, sans désir de légitimité — presque égoïstement, avec évidence.

Je suis simplement allée là où j’avais envie d’être.

Soyez des Marie-Louise. Femmes ou hommes, tracez VOTRE route. Canalisez votre énergie là où elle résonne en vous : vous n’en serez que meilleurs.

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