Nous sommes jeudi, il ne reste que peu de jours pour découvrir Anne Le Chevallier à la médiathèque de Fontenay-aux-Roses. L’exposition intitulée Chemins de couleur prend fin dimanche 25 janvier en fin de matinée.
Anne Le Chevallier est à la fois peintre et maître verrier. L’exposition présente les deux formes de son parcours qui s’étend sur plus de cinquante ans. Angèle Cloup, la commissaire, y a développé une intention : montrer comment la lumière se laisse découvrir différemment selon qu’elle agit dans la peinture ou le vitrail, lesquels jouent avec et contre l’ombre selon des partitions singulières.
Le verre
Car la lumière s’exprime dans le vitrail et la peinture sur toile selon des formules au mieux parallèles sinon opposées. La grande salle du fond, dans une scénographie limpide conçue par Angèle Cloup, en fait démonstration.
Un même vitrail est présenté de plusieurs façons. A l’état de maquette, c’est alors une aquarelle ; dans sa réalité, montrée par une photographie ; avec un panneau échantillon de vitrail. Ainsi, de l’église Saint Martin d’Arthenac qui éclaire la démarche d’Anne Le Chevallier et en quoi elle s’inscrit dans un processus qui commence sur le papier et s’achève dans l’assemblage et la pose des pièces de verre colorées et reliées entre elles par une structure de métal.
Que ce soit le chœur de l’église Saint-Gervais Saint-Protais, à Paris, ou la cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul de Nantes, ou encore la nef de l’abbaye Notre-Dame de Bonmont en Suisse, le dialogue entre la maquette et la photo convainc d’emblée que le tableau est œuvre autonome, tandis que le vitrail est œuvre architecturale qui change avec le jour.
Historiquement liés aux lieux de culte, on ne sera guère surpris d’y trouver les énoncés les plus évocateurs des travaux d’Anne Le Chevallier. N’y associe-t-on pas le vitrail à un sentiment d’élévation ? Et même dans ses expressions contemporaines et laïques, ne conserve-t-il sa capacité à ralentir le regard, à l’apaiser.
L’huile
La salle du fond de la médiathèque est précédée d’une enfilade de pièces consacrées au travail de peinture d’Anne Le Chevallier. Des huiles sur toile de formats variables ont en commun de parler de la lumière comme d’un jeu de couleurs et de formes où chacun peut voir, se projeter voire méditer à sa façon. Ainsi, d’une Fontaine, une toile de 2018 ou d’un Jardin rêvé de 2017. « Les couleurs, écrit Angèle Cloup, tracent des chemins que le regard est libre d’arpenter et d’interpréter. » On se gardera donc de tout commentaire pour vous inviter à y aller voir vous-mêmes.
Vous y trouverez ce qu’il faut savoir du parcours d’Anne Ferraut, née en 1937, devenue Anne Le Chevallier en épousant Guy à 23 ans. Il est peintre verrier, lui-même fils de Jacques (1896-1987) qui fut un maître verrier d’exception. C’est dire le bain dans lequel elle a baigné et combien fut fécondant l’atelier familial de Fontenay-aux-Roses. Le catalogue de l’exposition en fait récit et l’illustre joliment. Il n’en reste plus beaucoup. Dépêchez-vous si vous voulez en trouver.

