Au début du mois, Francis Floury s’est éteint. Celui qui fut directeur adjoint du CAEL, puis vice-président de son conseil d’administration a rassemblé au cimetière de Bourg-la-Reine, anciens collègues, Gabrielle Gladieux l’actuelle directrice du CAEL, Patrick Donath, le maire de la ville, Marinette Maignan, présidente du conseil d’Administration du CAEL, et ses amis, celles de toujours, Annick Le Goff et Annick Roux, « les lièvres » du groupe de randonneurs de l’association AVF de Bourg-la-Reine.
Témoignages
Avec eux, bien sûr ceux du CAEL venus en nombre saluer celui qui a été associé à tous ses grands événements : le Festival de l’Humour, devenu un marqueur de la ville, la création des ateliers, bijoux, peinture sur soie et bien d’autres, et leurs expositions en fin d’année.
Pour Annick Le Goff, actrice, « c’était plus qu’un ami, dit-elle avec émotion, un frère d’adoption, d’autant qu’il avait perdu jeune ses parents et un de ses frères. Il faisait partie de la famille. » Il venait très souvent dans sa maison en Bretagne. Elle partage des anecdotes. « Les derniers bains » qu’il prenait en automne à la Trinité sur mer quand l’eau était à 16°C. A cette température « il revivait ». Et pareil, à Pâques, quand elle était à 14 ou 15°C. « Mais il n’y restait pas longtemps », ajoute-t-elle en souriant.
Il a aussi laissé le souvenir d’un homme qui oublie ses clés. C’était même devenu un sujet de plaisanterie. On a voulu ponctuer ces obsèques de petites anecdotes affectueuses et légères. Elle l’a connu dans un cours d’art dramatique au début des années 1970. Il a joué dans quelques pièces de théâtre, puis il a commencé les études de droit à Paris.
Marie-Lydia Lazinier se souvient de son arrivée au CAEL. Il a commencé à l’accueil, tout simplement. Il faut croire qu’il s’est imposé, puisqu’il est devenu directeur adjoint. Connu pour être très accueillant, très ouvert, il lui arrivait d’être un peu ronchon, mais pour la bonne cause, celle de ceux qui sont « toujours sur le terrain. »
L’homme efficace
Marc Verhaverbeke, qui fut un an directeur, eut Francis Floury comme directeur adjoint. « Il a été indispensable dans la structure, qu’il connaissait bien. Il avait vraiment vécu beaucoup de choses là-dedans, organisait les festivals, suivait les activités. Il était là tous les jours. Il y avait l’administration qu’il connaissait parfaitement, mais surtout les aspects artistiques, de formation, théâtre, danse, etc. Il intervenait dans les discussions régulières et quasi permanentes avec les intervenants. »
Ça pouvait être sur les choix, par exemple, sur les pièces à préparer de l’atelier-théâtre, dans les discussions sur les activités. Il était complètement dans la programmation, mais aussi dans la communication. Il était attentif à tout, aux gens.
Marinette Maignan, la présidente du CA du CAEL où Francis Floury fut vice-président, rappelle de lui, son amour des déserts. Il les a tous faits ! Cet amour s’est déclenché quand, pour ses 50 ans, ses collègues du CAEL lui ont offert un séjour dans le désert du Maroc. Il ne connaissait pas, il a été conquis. Mieux, il s’est passionné. « Quand les déserts ont commencé à fermer pour des raisons de sécurité, dit-elle, il s’est orienté vers le Grand Nord ! ». Infatigable
Cérémonies
« Il avait un petit peu mal l’année dernière, au mois de septembre, se souvient Annick Le Goff, quand il est revenu de Bretagne. » Il avait maigri. Le cancer a été diagnostiqué : chimio en décembre dernier, amélioration. Puis la maladie se propage. En juillet, elle devient inexorable. Jusqu’à sa fin, il est très entouré.
Au cimetière de Bourg-la-Reine, le maître de cérémonie, avant de commencer les hommages, demande un petit temps de silence. Puis c’est la lecture d’un texte de Colette et d’un texte de Proust (on apprend qu’il a lu deux fois La Recherche, dans son intégralité !). Un homme dans l’assistance tire un petit carnet et lit un autre petit texte de Proust. « C’est quelquefois au moment où tout nous semble perdu que l’avertissement arrive qui peut nous sauver. On a frappé à toutes les portes, ce qui ne donne sur rien, et la seule par où on peut entrer et qu’on aurait cherchée en vain pendant cent ans, on y heurte sans le savoir, et elle s’ouvre. » (Le Temps retrouvé)
Après l’hommage du maire à celui qui, par son dévouement, a contribué au développement et à l’image de la ville, le maître de cérémonie, avant de prendre l’urne, demande d’applaudir Francis. « A travers vos témoignages et vos sourires, explique-t-il, je pense que Francis était plutôt quelqu’un de gai, d’assez chaleureux, et donc, j’aimerais terminer sur un applaudissement. »
Annick Le Goff approuve et justifie. Francis Floury a débuté sa carrière comme acteur et dans ce milieu qu’elle connaît parfaitement, « on applaudit les acteurs au moment de leur sortie. »

