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Un coach santé à votre service

Leo, 24 ans, a poussé la porte du CREPS il y a 18 mois, a passé les sélections et a décroché le Brevet Professionnel d’Activité de la Forme). Il exerce maintenant le métier de coach sportif avec enthousiasme. Sa clientèle est diverse. Il exerce entre autres en salle de sport, en résidence séniors, en EPHAD et pour l’UNAPEI (Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés) de Bourg-la-Reine.

Pierre Bozzonne. Vous n’avez jamais eu envie de créer votre chaîne YouTube comme c’est la tendance aujourd’hui et partager des conseils entre coaching et diététique ?

Leo. Coaching et diététique sont deux formations distinctes. Ce sont deux diplômes différents. Mais je me suis déjà posé la question, en effet. Pourquoi pas. Mais pas dans un futur proche. Je suis déjà sur les réseaux Instagram et Facebook. Mais actuellement, je me concentre sur autre chose. Je développe mes activités.

Pourquoi avoir choisi de vous déplacer chez vos clients plutôt que de travailler en salle ou dans votre propre espace ?

Parce que cela me permet de rencontrer plein de profils différents, en termes de parcours, d’âge aussi. C’est enrichissant sur le plan humain et aussi sur le plan technique. Je n’ai pas pour objectif de m’installer, je veux rester itinérant.

En quoi le coaching à domicile change-t-il votre relation avec vos clients ?

Je suis à leur disposition. Je leur consacre une heure qui est définit, planifiée. J’arrive, je m’installe. Je prends aussi un temps pour l’écoute. Car il y a une dimension psychologique dans cette profession. Mes clients aiment parler, se confier. Ça fait partie du job. J’aime ça. Je laisse toujours un espace supplémentaire, un temps pour l’échange.

Quel est l’endroit le plus atypique où vous avez dû coacher quelqu’un ?

(sourire) Pas de truc de folie pour le moment. Une fois, sous un abribus, sous une pluie torrentielle ! Je travaillais encore à l’extérieur à l’époque. Je ne faisais pas de service à la personne. Alors il a fallu improviser hors les murs.

Est-ce que le fait d’intervenir dans l’espace personnel des gens influence votre manière de travailler ?

Complètement ! Je pense posséder une fibre humaine, capter les besoins, savoir les anticiper. Aussi, je fais très attention à l’espace où j’exerce : le mobilier, les affaires, les bibelots.
Je scanne l’endroit lorsque je me pose.
Je vois si je peux me servir d’une chaise, d’une table, d’un support.
J’arrive avec mon tapis, mes élastiques, une balle de massage si besoin, quelques plots. Après, c’est selon le travail réalisé avec le client. Je peux même apporter des gants de boxe.

En parallèle à cela, avez-vous reçu une formation de premiers secours ?

Oui, absolument. Pour être en BPJEPS, on est obligé d’avoir son PSC. C’est le minimum requis.

Comment adaptez-vous vos séances à des profils très différents ?

Je respecte le vouvoiement. J’attends que la confiance s’installe pour accepter le tutoiement.  J’ai une approche différente entre les hommes et les femmes : je vais conserver une distance beaucoup plus grande avec les femmes, pour des raisons évidentes.
J’évite le plus possible les approches tactiles trop appuyées. A moins que la démonstration ou la posture l’exige. Mais je demande toujours la permission, en amont.
Pour les hommes c’est plus simple. Je me permets d’être plus tactile. En fin de parcours, je peux leur proposer – si je considère qu’il y a un réel besoin- des étirements assistés sur des zones classiques.

Dans les salles de sport, il faut que tu m’imagines sur une petite estrade, avec un micro et quarante personnes devant moi que je dois diriger pour une séance de stretching par exemple. C’est un travail totalement différent.

Etes-vous plus dans la performance, le bien-être ou un équilibre des deux ?

Un équilibre. Voire d’une façon plus appuyée, le bien-être. Comme je te l’expliquais tout à l’heure : Cette écoute qu’on doit avoir en permanence. Les gens parlent, se racontent, s’épanchent beaucoup. On doit prendre du temps avec eux.

Quelle est votre « signature » en tant que coach ? Qu’est-ce que Leo apporte de plus qu’un coach lambda ?

Je travaille autour des pathologies. J’offre des services dédiés. J’ai un client de 77 ans qui a une pathologie de l’épaule. Je l’aide à souffrir moins. Si je vois qu’un de mes clients souffre d’une pathologie trop complexe, je l’oriente vers un kiné. Je n’insiste pas. 
L’idée serait de me rapprocher très rapidement de médecins qui pourraient, le cas échéant m’envoyer des patients.  Je lance un appel.
On a debunké le sport ces derniers temps, en considérant que c’était essentiel pour répondre à tous les besoins de santé au quotidien.
 Une tendinopathie ne se soigne plus au repos. On la traite en mouvements. On conseillait auparavant d’arrêter le sport trois semaines. La tendance s’inverse. Les réponses aux soins évoluent.

Que diriez-vous à quelqu’un qui manque de motivation pour commencer ?

Se faire accompagner. Conserver une certaine discipline pour progresser. Pour une personne qui démarre, la sollicitation devra être forte et soutenue dans le temps. L’effort donné sera plus important. Si la personne accepte de s’y consacrer ne serait-ce que 15 minutes à fond, ça sera déjà un bon départ.

Gérer votre emploi du temps, vos déplacements, vos clients… A quoi ressemble une journée type ?

L’organisation est importante dans ce métier. L’organisation et le planning.
A l’aide d’un tableur Excel, je place mes rendez-vous, le nom de mes clients pour gérer rationnellement mes déplacements mais aussi la progression de mes interventions. Il faut être efficace.
Dans une journée, je peux bouger à 5 endroits différents.
Je rationalise mes circuits en fonction des spots géographiques où se trouvent ma clientèle.

Le client le plus difficile que vous aimeriez convaincre ?

Un test, J’offre généralement la première séance. Une heure. C’est la meilleure des convictions. Mon premier rendez-vous est offert. Ce qui laisse à la personne la possibilité d’exercer son choix. Je fais un premier bilan, leur propose des exercices types. Lorsque je sors de chez eux, ils ont une idée assez claire des efforts à fournir.

Le plus grand cliché sur les coachs sportifs que vous aimeriez briser ?

« Tu ne fais rien, tu diriges et tu laisses faire le boulot à tes clients » C’est absolument faux. On passe notre temps à montrer l’exemple, à guider le client dans ses mouvements. A le conduire dans chacun de ses efforts, à lui venir en aide à chaque étape de sa progression afin qu’il conserve la bonne position, qu’il exécute le bon mouvement.
Il faut comprendre les limites du client, animer, donner du rythme. Ça demande au contraire, beaucoup d’énergie et d’implication personnelle.

Autre cliché : « Militaire, dur autoritaire » Pas du tout. On s’adapte à la psychologie de chacun. Si la personne est demandeuse d’une certaine forme d’autorité, on utilise ce biais. Sinon, tout au contraire, la douceur, l’attention seront notre mode de formation. On ajuste notre intervention en fonction de la personnalité de notre client.

Une habitude simple que tout le monde devrait adopter dès demain ?

La marche. Eviter les transports pour de courtes distances. Marcher. Eviter les escalators et l’ascenseur. Monter les étages à pied.

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