La liste Sceaux Village 3.0 est menée par la présidente de l’Union des commerçants et des artisans de Sceaux (UCAS). Elle a répondu aux questions de la Gazette.
La Gazette : Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre liste ?
J’ai 54 ans, une première partie de carrière comme directrice marketing dans la cosmétique. Je dirige depuis 2011 une agence immobilière à Sceaux, où je vis depuis 2006. Je suis présidente de l’UCAS depuis 4 ans.
J’ai voulu une liste très hétérogène : des candidats de tous âges de tous les quartiers de la ville, ayant des engagements associatifs ou professionnels. La liste se veut disruptive, comme notre programme.
Le constat
La Gazette : Quel bilan faites-vous de la situation de la ville ?
Le dernier mandat de Philippe Laurent ne répond plus aux attentes des Scéens et des consommateurs extérieurs à la ville.
Le niveau de la dette est catastrophique, sans être justifié par de nouveaux investissements ou le niveau de service aux habitants. Le service public se dégrade : cantine, services à la personne, nettoyage, voirie, accueil en mairie…
La gestion du stationnement est en train de tuer le commerce, alors que les acheteurs venus de villes voisines représentent entre 30 et 70% de la clientèle des commerçants. Le marché de Sceaux décline (au Plessis, il y a 1h30 de stationnement gratuit pour ceux qui font leurs courses).
Il manque des places de stationnement et les automobilistes sont matraqués par les PV. C’est aussi un problème pour les soignants ou les enseignants venus de l’extérieur qui n’arrivent pas à se garer.
Le quartier des Blagis reste isolé du centre-ville, on a le sentiment de deux mondes (Sceaux du haut/du bas) qui s’ignorent. Les habitants des Bas-Coudrais considèrent qu’on y a fait de la cosmétique. Certains immeubles sont profondément dégradés.
Les Scéens n’ont pas réellement la parole dans la ville. Les démarches Parlons ensemble n’ont jamais réuni plus de 300 personnes. On a un maire devenu autocrate et politicien. Il fait des coups : par exemple on plante des arbres à quelques semaines des élections alors qu’on ne l’a pas fait pendant 6 ans.
La maire tient un discours « écologique » qui ne correspond pas à la réalité. On vient encore de minéraliser la place des Ailantes et celle de l’église quand il faudrait végétaliser plus.
Le programme
La Gazette : Quel programme proposez-vous aux Scéens ?
La liste que je mène se veut simple, fondée sur la vie de tous les jours, avec une maire qui soit proche des gens.
La gestion de la Ville doit être revue pour être plus économe, en s’appuyant sur le patrimoine existant. L’objectif est de pouvoir baisser les taux de taxe foncière et d’améliorer les services. On peut mieux utiliser certaines infrastructures (par exemple l’ancienne mairie) en les louant pour financer leur entretien à minima.
Nous voulons redonner des places de stationnement (pour les autos comme pour les vélos !), pour faciliter la vie de ceux qui viennent contribuer à la richesse de la ville par leur travail ou leurs achats.
Je veux un renouveau du quartier des Blagis. Aux Bas-Coudrais, cela passera par la démolition de quelques immeubles très dégradés et mal isolés. A Fontenay-aux-Roses (en face), la rénovation ouvre la voie à un mélange de logements sociaux et d’autres en accession à la propriété. Je souhaite mettre en œuvre le PSLA (Prêt Social Location Accession à la propriété). Cela permet à des locataires de transformer leur loyer en un outil d’accession à la propriété au bout de 15 ans.
Toujours pour les Blagis, il faut recréer du lien avec les habitants, permettre à chacun, et singulièrement aux jeunes, d’avoir des perspectives, une vision positive de l’avenir. Je veux favoriser l’intergénérationnel, l’écoute des personnes en difficulté. Fusionner le CSCB et la MJC pourrait être un moyen de recoudre les liens entre les Blagis et le centre-ville.
Je veux mettre les Scéens au centre de la ville, en leur permettant d’exprimer leurs attentes : je propose des questionnaires diffusés par Sceaux Mag et des référendums d’initiative citoyenne. Je propose de développer les événements culturels et sportifs (on a les infrastructures pour cela), de favoriser l’intergénérationnel, par exemple avec des ateliers rencontre.
Enfin, il faut mettre en œuvre une véritable écologie, positive plutôt que punitive. Il faut aller vers des systèmes plus écologiques pour l’électricité et l’eau, mettre la nature à disposition des habitants (espaces pour s’asseoir, pour pique-niquer…).
Points particuliers
La Gazette : L’état général des Finances publiques françaises risque de conduire à une diminution des ressources des municipalités dans un futur proche. Qu’allez-vous faire ?
Je partage le constat, nous vivons une crise nationale et internationale. Il faut dépenser moins et mieux travailler avec les apporteurs de subventions (VSGP, département, région…), ne pas être les derniers servis…
La Gazette : Le PCAET de VSGP a prévu de nombreuses mesures, mais sa réalisation dépend en grande partie des municipalités. Dans le domaine des émissions de gaz à effet de serre (GES), la priorité pour une municipalité est de diminuer ses propres émissions, par exemple en améliorant l’isolation des bâtiments publics.
Dans une mairie écologique, on ne peut pas avoir des bâtiments pollueurs. Mais c’est aussi vrai au niveau des nouvelles constructions qu’il faut concevoir en évitant la minéralisation et en végétalisant.
La Gazette : Les conseillers territoriaux (pour VSGP) sont élus en même temps que les conseillers municipaux. Quel avenir pour VSGP et quel partenariat de la ville avec cette intercommunalité ?
VSGP a repris des fonctions anciennes des villes et cela fonctionne plutôt bien. Mais il faut en être plus proche, mieux utiliser leurs compétences.
La Gazette : Quelle position pour un éventuel deuxième tour ?
On ne sait pas ce que seront les résultats, je suis humble face à ce scrutin. Il faut que les Scéens aient envie et la volonté de voter pour être plus audacieux. Je suis prête à échanger, dès l’affichage des résultats, avec les listes qui veulent avancer POUR Sceaux, pour que Sceaux GAGNE. J’ai déjà rencontré Maud Bonte, Jean-Christophe Dessanges et Flavien Poupinel.

