Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Auguste Gires, la science comme une surprise

La Gazette : D’où vient votre désir de populariser la science ?

Auguste Gires Dans un monde de désinformation courante, les connaissances scientifiques vulgarisées sont un outil pour aider à comprendre notre monde et à questionner les informations reçues. Cela permet finalement de renforcer l’esprit méthodique au quotidien. C’est un plaisir de contribuer à cet effort collectif, qui par ailleurs me semble nécessaire pour entretenir le lien entre la recherche et la société. C’est aussi une façon de raviver la flamme de la curiosité en tout un chacun. Il me semble qu’elle est naturelle chez l’enfant qui questionne spontanément le monde et que malheureusement, elle s’éteint souvent progressivement à l’adolescence.

Le concept scientifique le plus complexe que vous ayez eu à simplifier ?

C’est difficile de ressortir un concept en particulier. Peut-être celui des fractales que j’utilise dans mon travail de recherche pour étudier la variabilité de la pluie et du vent. Je ne pense pas qu’il y ait vraiment une recette magique pour introduire à une notion complexe. Les gens ne savent pas, c’est normal, puisque la notion est compliquée. Mais tout le monde est capable de s’étonner sur un phénomène. Je parlais de la curiosité comme d’une étincelle. C’est ça. Avec les fractales, on peut montrer qu’en partant d’un dessin très simple et le transformant de façon tout aussi simple, eh bien en recommençant la même transformation si simple, on aboutit à des formes pas simples du tout, comme un arbre avec ses branches et ses sous-branches qui partent dans tous les sens. Cette transformation répétée un grand nombre de fois montre toute la diversité qu’on peut obtenir d’un mouvement très déterministe couplé à une dose d’aléatoire, parfaitement maitrisée. Cette puissance de la modélisation mathématique, j’aime la faire passer, la faire sentir. C’est ma (modeste) pierre à l’édifice qu’est l’esprit méthodique.

Quels publics ciblez-vous ?

J’ai écrit des livres en direction des enfants… et de leurs parents (avec mes propres enfants). Ils proposent des expériences de physique réalisables avec des instruments du quotidien pour des instants de partage familial. J’ai écrit aussi pour des adultes curieux de phénomènes difficiles à comprendre et pourtant simples à voir, à éprouver, à commencer par la pluie. Il s’agit toujours d’amener le lecteur à découvrir un réel ou plutôt à le redécouvrir puisqu’il a déjà l’expérience concrète.

Quelles sont les grandes étapes nécessaires pour transformer une notion complexe en notions compréhensibles ? 

Il n’y a pas de règle générale. Je pars toujours d’un objet singulier et de la connaissance empirique que le public peut en avoir. En pratique, cela dépend fortement du public cible. On ne présente pas de la même façon dans une classe de CE2 ou à une conférence grand public. Il me semble important de se raccrocher à des choses ou des phénomènes connus pour s’appuyer dessus en révélant par exemple un détail inaperçu qui va éveiller la curiosité, et dérouler le fil à partir de là. Il faut aussi garder en tête que ça marche rarement du premier coup, que la bonne chronologie et la bonne formulation mettent quelques essais avant d’émerger.

Avez-vous des rituels d’écriture et de lecture ?

Je n’ai pas vraiment de rituels d’écriture. J’écris mes livres sur mon temps libre, et comme ils sont plutôt constitués de courts chapitres assez indépendants, j’en fais souvent la première version d’un bloc le soir ou le weekend. Je lis le plus souvent le soir et les weekends. Parfois aussi dans les transports.

 Lire sur papier ou lire en numérique ?

Je lis aussi bien sur des liseuses ou sur papier, avec une préférence pour la version papier. Le toucher, le plaisir de feuilleter, de revenir à des pages précédentes et voir le trajet parcouru. Le livre est un objet doté d’un poids, ses pages ont une texture, elles se froissent quand on les tourne. La relation est plus lente, on avance comme dans un sentier. Le papier garde la mémoire du geste.


A propos d’Auguste Gires

  • Balade sous la pluie, par Eleonora Dallan et Auguste Gires, Presses des Ponts, 2025
  • 50 expériences scientifiques : Pour les petits physiciens du weekend, par Auguste Gires, Nathanaël Gires, Nikita Gires. 2 volumes.
  • 50 nouvelles expériences scientifiques: Pour les petits physiciens du weekend, par Auguste Gires, Nathanaël Gires, Nikita Gires. 2 volumes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *