{"id":41525,"date":"2024-08-26T08:10:11","date_gmt":"2024-08-26T06:10:11","guid":{"rendered":"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/?p=41525"},"modified":"2024-08-30T21:19:21","modified_gmt":"2024-08-30T19:19:21","slug":"liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-1-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/index.php\/2024\/08\/26\/liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-1-5\/","title":{"rendered":"Lib\u00e9ration 1944 : souvenirs d&rsquo;une Parisienne (1\/5)"},"content":{"rendered":"\n<p>Nous commen\u00e7ons la publication du journal de Fran\u00e7oise Thrierr n\u00e9e Tellier. Aujourd&rsquo;hui : jusqu&rsquo;au 20 ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation du journal  et des protagonistes<\/h2>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7oise Thrierr (n\u00e9e Tellier) a 29 ans en 1944. Comme la plupart des Fran\u00e7ais, elle esp\u00e8re la victoire des alli\u00e9s et le d\u00e9part des Allemands mais n&rsquo;est pas engag\u00e9e dans la R\u00e9sistance. Elle a tenu son journal pendant la lib\u00e9ration de Paris, journal que la Gazette publiera en 5 parties, avec l\u2019autorisation de ses trois enfants, Florence, Martine et Olivier, sous le titre <em>Lib\u00e9ration 1944, souvenirs d\u2019une Parisienne<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019elle rapporte comprend des choses qu\u2019elle a vues, d\u2019autres qu\u2019on lui a racont\u00e9es. Les faits manquent parfois de pr\u00e9cision, voire ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9s, mais le t\u00e9moignage refl\u00e8te aussi un \u00e9tat d\u2019esprit partag\u00e9 par beaucoup de Parisiens au moment o\u00f9 la situation bascule.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7oise est encore c\u00e9libataire \u00e0 cette \u00e9poque et vit chez ses parents. Elle est la 5<sup>e<\/sup> d\u2019une famille de sept enfants. Son p\u00e8re \u00e9tait courtier en affr\u00e8tement maritime, activit\u00e9 durement touch\u00e9e par la guerre, mais il a d\u00e9pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge de la retraite. Elle habite \u00e0 Paris, rue du 29 juillet (au 5<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9tage), une rue qui va de la rue St Honor\u00e9 \u00e0 la rue de Rivoli, et d\u00e9bouche en face de la station Tuileries.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son journal, elle \u00e9voque plusieurs personnes que nous allons pr\u00e9senter rapidement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ginette, la 6<sup>\u00e8me<\/sup> des enfants Tellier, a deux ans de moins que Fran\u00e7oise. Elle est mari\u00e9e depuis 1942. Habitant Paris, elle passe de temps en temps voir sa famille.<\/li>\n\n\n\n<li>Jacqueline est la plus jeune (19 ans) et vit aussi rue du 29. En 1944, elle vient de passer son bac. Elle a offert ses services \u00e0 la mairie et visite r\u00e9guli\u00e8rement une vieille dame. Actuellement \u00e2g\u00e9e de 99 ans, elle a signal\u00e9 ce journal \u00e0 la Gazette<\/li>\n\n\n\n<li>Marie Fran\u00e7oise Danjoy est une cousine issue de germaine des s\u0153urs Tellier.<\/li>\n\n\n\n<li>M. et Mme Pr\u00e9vost sont des amis des parents Tellier, avec qui ils viennent faire un bridge tous les dimanche.<\/li>\n\n\n\n<li>Lucie Desbazeille est une amie de certaines des s\u0153urs Tellier.<\/li>\n\n\n\n<li>Madame Balcte est une amie de Madame Tellier<\/li>\n\n\n\n<li>Fran\u00e7ois a \u00e0 Neuilly une amie, Jacqueline Kiesgen, organisatrice de concerts. Elle est marraine d\u2019un de ses enfants et y va souvent.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Avant le 17 ao\u00fbt<\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis quelques jours, les arm\u00e9es d&rsquo;occupation \u00e9vacuent Paris, mais depuis plus longtemps encore, les all\u00e9es et venues des tanks camions, ambulances font rage dans Paris. Les uns montent au front de Normandie, les autres en descendent ; petit \u00e0 petit c&rsquo;est le flot descendant d\u2019une arm\u00e9e en d\u00e9route qui se fait le plus fort. Enfin on voit les chemin\u00e9es des h\u00f4tels, des minist\u00e8res qui fument d\u2019une fum\u00e9e jaune, \u00e9paisse, d&rsquo;o\u00f9 s&rsquo;\u00e9chappent des petits morceaux noirs ; ce sont les papiers qu&rsquo;ils br\u00fblent en h\u00e2te puis des camions stationnent partout, sur les trottoirs, dans les cours ; ils vident les h\u00f4tels, emportant matelas, couvertures, provisions alimentaires (qui sont nombreuses) tous les moyens sont bons. Ils r\u00e9quisitionnent camions, voitures, bicyclettes et les trains.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais depuis la veille, les gares sont ferm\u00e9es, les cheminots font gr\u00e8ve (ordre des Alli\u00e9s) les chauffeurs de trains allemands eux-m\u00eames refusent de partir ; on en fusille. Les nombreuses femmes allemandes, gare de l&rsquo;Est attendent en vain un d\u00e9part, elles doivent rentrer dans leurs h\u00f4tels. \u00c0 l&rsquo;h\u00f4tel Intercontinental, ces femmes assises sur leurs valises se lamentent, affol\u00e9es : quand pourront-elles s&rsquo;en aller ? On essayera de les faire partir en camions, \u00e0 partir de ce moment on voit d\u00e9filer tous ces camions remplis de bagages et au-dessus, assis ou plut\u00f4t empil\u00e9s, un nombre formidable de civils se tassent (dans un camion on en compte au moins une soixantaine) il y en a partout : sur les ailes avant, sur les toits\u2026 et toute la semaine, cela continue. Les Allemands sont nerveux, il ne s&rsquo;agirait pas de les provoquer car il en co\u00fbterait cher ; ils fusillent pour un oui ou pour un non ; tel est le sort de plusieurs prisonniers de Fresnes .<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jeudi 17 ao\u00fbt 1944<\/h2>\n\n\n\n<p>Le soir, les F.F.I. (Forces Fran\u00e7aises de l&rsquo;Int\u00e9rieur) tirent quelques coups de feu, commen\u00e7ant ainsi la bataille pour la lib\u00e9ration de Paris (principalement du c\u00f4t\u00e9 du Luxembourg)&nbsp;; \u00e0 Neuilly, \u00e0 la suite d\u2019un coup de feu, les Allemands font descendre 30 locataires de l&rsquo;immeuble pr\u00e9sum\u00e9 \u00eatre l\u2019attaquant, les conduisent au bois de Boulogne, et sans discerner hommes, femmes ou enfants les fusillent s\u00e9ance tenante (malheureusement le cas n&rsquo;est pas le seul).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vendredi 18 ao\u00fbt 1944<\/h2>\n\n\n\n<p>Paris est de plus en plus nerveux, plus d&rsquo;agents de police (ils sont en gr\u00e8ve), on h\u00e9site \u00e0 s&rsquo;\u00e9loigner de chez soi. Malgr\u00e9 cela, je vais \u00e0 Neuilly \u00e0 bicyclette, et sur tout le parcours, place de la Concorde, avenue des Champs-\u00c9lys\u00e9es, de la Grande Arm\u00e9e, de Neuilly, c&rsquo;est une suite ininterrompue, un va-et-vient continuel de camions que l&rsquo;on charge ; on entend des coups de feu. \u00c0 19 heures, une voiture haut-parleur annonce le couvre-feu pour 21 heures, ceci pour que le champ d&rsquo;action soit libre, car depuis deux jours, les Parisiens toujours badauds descendaient le soir pour assister \u00e0 ce d\u00e9part que l&rsquo;on attendait depuis si longtemps. <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis que les arm\u00e9es alli\u00e9es ont perc\u00e9 en Normandie (\u00e0 Avranches le 3 ao\u00fbt) les Parisiens vivent dans une attente f\u00e9brile ; depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, plus d&rsquo;un mois, nous avons de s\u00e9v\u00e8res restrictions de gaz et d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 qui vont s&rsquo;aggravant de jour en jour. Mais maintenant plus du tout de gaz et bien peu d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, le courant ne vient que vers 22 heures, quelquefois 23 heures et m\u00eame 23 heures 30 ou 24 heures, et pour seulement quelques instants&#8230; C&rsquo;est long d&rsquo;attendre dans le noir&nbsp;! pour ne pas user les quelques bougies qui pourraient nous \u00eatre plus utiles, nous travaillons le plus tard possible sur le balcon, dans l&#8217;embrasure des fen\u00eatres, puis on attend&#8230;. le courant ne vient pas&#8230;.il se fait tard&#8230;il ne viendra peut-\u00eatre pas du tout&#8230;.On se couche en laissant la lampe en contact pr\u00e8s de soi afin d&rsquo;\u00eatre r\u00e9veill\u00e9 par les premi\u00e8res lueurs. \u00c0 ce moment, on se pr\u00e9cipite sur la T. S.F., on camoufle, on ferme les fen\u00eatres, quitte \u00e0 crever de chaleur, on \u00e9coute les Anglais\u2026 Les Am\u00e9ricains ont lib\u00e9r\u00e9 Le Mans&#8230;Chartres, puis tout \u00e0 coup, d\u00e9ception ; ils n&rsquo;avancent plus directement sur Paris, ils sont \u00e0 \u00c9tampes, Fontainebleau, Melun, on reprend espoir\u2026 Ceci pendant des jours longs \u00e0 passer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Samedi 19 ao\u00fbt 1944<\/h2>\n\n\n\n<p>Le temps est chaud, le soleil tape, toutes les m\u00e9nag\u00e8res sont \u00e0 la recherche de quelque chose \u00e0 manger. Depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, il faut faire des queues de 1 heure, 2 heures et parfois 3 heures pour avoir un pain seulement. Avec courage, si l&rsquo;on voit une autre boulangerie ouverte, on se met docilement \u00e0 la file, et l&rsquo;on a, apr\u00e8s la m\u00eame attente, son second pain (mais on cache soigneusement le premier). Pendant que je fais la queue pour avoir mon second pain, une personne amie me dit : \u00ab&nbsp;le drapeau flotte au commissariat de police&nbsp;!&nbsp;\u00bb Un frisson me parcourt et en revenant, en effet, je vois notre drapeau qui claque au vent&#8230; depuis quatre ans on ne l&rsquo;avait pas vu. A peine rentr\u00e9e \u00e0 la maison \u00e0 11 heures, premiers coups de feu dans notre rue, rue Saint-Honor\u00e9 et rue de Rivoli. <\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9clenchement est donn\u00e9, la vraie bataille commence pour chasser les Allemands des monuments (mairies, pr\u00e9fecture, H\u00f4tel de Ville)&nbsp;; les coups partent de partout, les passants se h\u00e2tent sous une porte coch\u00e8re, derri\u00e8re une voiture, tout le monde court, mais il n&rsquo;y a pas de panique. Des Tuileries, les gens sortent en courant, les coups viennent du c\u00f4t\u00e9 de la Concorde. Pendant les quelques accalmies, vite on ressort, se rapprochant le plus possible de chez soi, les cyclistes se h\u00e2tent prudemment. Ordre du couvre-feu \u00e0 14 heures. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans notre quartier, c&rsquo;est relativement calme, mais boulevard Saint-Michel, place de la R\u00e9publique on se bat dur entre F.F.I.-qui ont occup\u00e9 les mairies et qui veulent s&rsquo;y maintenir et les Allemands qui veulent les d\u00e9loger. Les Allemands ont leurs tanks, nos F.F.I. n&rsquo;ont que des revolvers, fusils, mitrailleuses, et partout ils tiennent quand m\u00eame. Bient\u00f4t dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, les coups de t\u00e9l\u00e9phone se succ\u00e8dent de tous les coins de Paris : \u00ab&nbsp;All\u00f4&#8230;est-ce calme chez vous ? \u00cates-vous rentr\u00e9s \u00e0 temps ? Ce sont les jours qu&rsquo;on attendait. Il faut rester chez soi et manger ses quelques provisions&#8230;. Merci d&rsquo;avoir appel\u00e9. On vous rappellera !&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Neuilly, les F.F.I. ont pris l&rsquo;h\u00f4tel de ville, les Allemands braquent les canons de leurs tanks et tirent ; beaucoup de victimes car, \u00e0 ce moment, la file \u00e9tait grande qui venait retirer ses feuilles de plats \u00e0 emporter (plan de d\u00e9tresse), car sans gaz ni \u00e9lectricit\u00e9, chaque groupe d&rsquo;immeubles devait s&rsquo;inscrire \u00e0 un endroit indiqu\u00e9, en g\u00e9n\u00e9ral un restaurant pr\u00e8s de chez lui (pour nous, au 9 rue du 29 juillet), pour avoir, tous les jours, une portion de l\u00e9gumes, un peu de confiture\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Partout les F.F.I. sont ma\u00eetres avec leurs fusils, revolvers, mitraillettes contre les tanks allemands. Enfin le soir vient, petit \u00e0 petit les coups s&rsquo;espacent. Au coin de notre rue, les Allemands mettent des r\u00e9seaux de barbel\u00e9s (chevaux de frise) juste en travers de la rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9 pour couper tout passage. Ils am\u00e9nagent les casemates construites cet hiver, en ciment arm\u00e9, et sont l\u00e0 une dizaine de soldats, fusils pr\u00eats \u00e0 \u00eatre \u00e9paul\u00e9s ; quatre faisant sentinelle, les autres en renfort dans leur trou&#8230; Toute la nuit, on entend des coups de feu mais on peut dormir, quoique les explosions de munitions qui sautent nous tiennent bien souvent \u00e9veill\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dimanche 20 ao\u00fbt 1944<\/h2>\n\n\n\n<p>On se r\u00e9veille&#8230; tout est calme\u2026 on peut aller \u00e0 la messe. Par prudence, on n&rsquo;y va pas trop tard, \u00e0 10h1\/2. En sortant \u00e0 11 h, mes parents sortent avant moi car j&rsquo;ai \u00e0 parler \u00e0 quelqu&rsquo;un. Les portes de Saint-Roch donnant sur la rue Saint-Honor\u00e9 sont ferm\u00e9es&nbsp;; nous sortons par la rue Saint-Roch. L\u00e0, le poste de secours Croix-Rouge nous emp\u00eache de nous diriger vers la rue Saint-Honor\u00e9 car un camion de F.F.I. a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9, puis est reparti en en laissant deux qui sont entr\u00e9s dans un immeuble rue Saint-Roch vers l&rsquo;h\u00f4tel Savoy. Les Allemands ont cern\u00e9 l&rsquo;immeuble ; les coups de feu partent ; j&rsquo;attends un peu, pr\u00e8s du poste de secours bien am\u00e9nag\u00e9 en sous-sol (en cas de bombardement) dans l\u2019usine \u00e9lectrique, face au cours Jeanne d&rsquo;Arc n\u00b026, dans la grande salle des f\u00eates du 37, o\u00f9 on a align\u00e9 des brancards-lits. Pendant que j&rsquo;attends, on am\u00e8ne un tu\u00e9 de la rue du 4 septembre. Enfin une amie me dit : \u00ab&nbsp;on peut passer par la rue du march\u00e9 Saint-Honor\u00e9.&nbsp;\u00bb Arriv\u00e9es aux barbel\u00e9s, il faut montrer patte blanche pour prouver qu&rsquo;on habite bien par l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voil\u00e0 rentr\u00e9es \u00e0 la maison. Les coups de feu reprennent dans tout Paris, de temps en temps des coups de canon des tanks allemands. Lorsque, \u00e0 15h30 pendant que nous jouions au bridge pour passer le temps, j&rsquo;entends des mots : &#8230; armistice&#8230; paix&#8230; Imm\u00e9diatement nous allons sur le balcon&#8230; pour la 50e fois peut-\u00eatre. Quelques minutes apr\u00e8s, une voiture haut-parleur arrive devant le poste de pompiers puis s&rsquo;approche et nous dit : \u00ab&nbsp;Promesse faite par les Allemands de ne pas tirer sur les monuments occup\u00e9s par les forces de la r\u00e9sistance ; on est pri\u00e9 de cesser le feu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9vacuation de Paris par les arm\u00e9es d&rsquo;occupation.<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de dire le d\u00e9lire de la foule qui, enferm\u00e9e depuis plus de 24h, \u00e9tait comme par enchantement dans la rue \u00e0 applaudir. Les pompiers, casques rutilants, vestes de cuir, sortent drapeau en t\u00eate pour le hisser au-dessus de leur porte (on ne l&rsquo;avait pas vu depuis 4 ans) et d\u00e9filent devant en le saluant, sous les yeux \u00e9mus des s\u0153urs de Saint-Vincent de Paul sorties, elles, du dispensaire, autre poste de secours, place du march\u00e9. Inutile de dire aussi l&rsquo;\u00e9motion qui nous \u00e9treignait, les larmes aux yeux&#8230; On n&rsquo;osait pas le croire, puis une voiture de F.F.I. est arriv\u00e9e enlevant les barricades de la rue sous une ovation formidable. <\/p>\n\n\n\n<p>Les Allemands sont sortis de leur casemate, ont distribu\u00e9 des cigarettes, serr\u00e9 des mains en disant : \u00ab&nbsp;Nous, camarades&nbsp;\u00bb puis ils mettent leur fusil sous leur bras et restent l\u00e0. Tout le monde passe sans difficult\u00e9, on se prom\u00e8ne dans la rue, mais on ne va pas loin. Rue Saint-Honor\u00e9, beaucoup de drapeaux sont sortis, mais dans notre rue, personne n&rsquo;ose. On ne sait encore que penser. Je t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 Neuilly pour annoncer cela, mais l\u00e0-bas on se bat toujours&#8230; au Luxembourg aussi&#8230; Qu&rsquo;est-ce que cela veut dire ? Enfin, vers 18h, Paris se calme ; le haut-parleur est pass\u00e9 un peu partout, on respire&#8230; Mais quand vont-ils arriver ??? La nuit est calme. Les chevaux de frise ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9tablis et les sentinelles ont repris leur garde.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite : <a href=\"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/index.php\/2024\/08\/29\/liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-4-5\/\">les 21, <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/index.php\/2024\/08\/28\/liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-3-5\/\">22,<\/a><a href=\"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/index.php\/2024\/08\/29\/liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-4-5\/\"> <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/index.php\/2024\/08\/29\/liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-4-5\/\">23<\/a> et <a href=\"https:\/\/sceaux-lagazette.fr\/index.php\/2024\/08\/30\/liberation-1944-souvenirs-dune-parisienne-5-5\/\">24<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous commen\u00e7ons la publication du journal de Fran\u00e7oise Thrierr n\u00e9e Tellier. Aujourd&rsquo;hui : jusqu&rsquo;au 20 ao\u00fbt. 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